‹ Le testament de César Girodot. Comédie en trois actes, en proseChapitre 18 sur 72 · ACTE I, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IX

IsiDOBE. — Moi auBsi, je perds mon temps, et je ne crie pas comme vous, cependant

liEHucHOJB. — Je vous conseillc de vous plaindre ! Ce n'est pas votre temps que vous perdez, c'est le temps du gouvernement, puisque vous êtes employé !

IsiDORK — ^Employé! (A part) Ah! c'est la dernière fois qu'on m'appelle ainsi. {Haut en allant se placer à la gauche du notaire,) Oui, lisons, lisons tout de suite.

Tous. — Chut ! chut ! ( Un grand silence se fait, le notaire brise les cachets du testament et le déploie. )

Le Notaire (lisant), — " Où peut-on être mieux qu'au sein de sa famille ! "

CLÉMfeiNTiNE {s'essuyant les yeux), — Oh I le bon parent I

LEmjcHoiB. — Pas de réflexion.

Le Notaire (continuant), — " Hélas î ce proverbe n'est pas toujours vrai ! "

IsrooRB et Langlumeau. — Tiens! ....

Lehuchoir. — Silence!

Le Notaire (continuant)^ — "Depuis le jour où mes infirmités m'ont empêché de sortir de chez moi et de fuir les visites importunes, j'ai mené une existence intolérable! Ceux de mes parents que j'aimais, ne voulant pas qu'on pût leur attribuer des sentiments intéressés, osaient à peine venir me voir de loin. Us m'ont fait souvent maudire cette richesse qui les éloignait de moi."

Isidore (à Clémentine), — C'est à nous qu'il fait allusion, nous n'allions chez lui que tous les deux jours

Le Notaire (continuant), — "Les autres assiégeaient

ma poiie et me fatiguaient de leurs assiduités. Pourtant je veux que mes biens restent dans ma famille."

Isidore et Langlumeau. — Ah I

Clémentjsç {pleumicharU), — ^Le bon pai-ent!

Lehuchoib. — Silence !

Le Notaire (continuant), — "Comme je n'ai jamais pu voir sans chagrin les grandes foi*tunes dispersées à la mort de ceux qui les avaient acquises, je veux aussi qu'un seul de mes parents hérite de la totalité de mes biens» meubles, inscriptions de rente et valeurs industrieUes, montant ensemble à la somme de treize-cent quatrevingt mille franca"

Tous {avec admiration). — Treize cent quatre-vingt mille francs ! . • . .

Le Notaire (continuant), — "A qui donc laisser tout cela?"

Tous. — ^A nous !

Langlubieau. — ^A moi 1 . • • •

Lehuchoir. — Silence donc 1 . . • •

Isidore {au notaire). — Continuez donc, monsieur. . . .

Le Notaire {continuant), — "Ma nièce Hoiiense **

HoRTENSE {avec étonnement), — Moi?

Lehuchoir {embrassant sa femme, avec enthousiasme), — ^ Oui, toi. . c'est-à-dire nous, bravo ! bravo î

Isidore. — C'est immoral!

Langlumeau. — C'est révoltant. . . .

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