‹ Le testament de César Girodot. Comédie en trois actes, en proseChapitre 33 sur 72 · ACTE n, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE n, SCÈNE IV

Lehughoib. — ^Mais aujourd'hui, c'est votre affaire aussi bien que la mienne.

HoRTENSE. — ^Je ne trouve pas. Voyons, monsieur, netes-Yous pas assez riche? Que feriez-vous de cette nouvelle fortune ?

LiBucHoiR {confideniieUement). — J'achèterais le palais de llndustrie.

HoRTENSE. — Dans quel but. . . . grand Dieu I

Lehuchoir. — Pour en faire une cité ouvrière .... Oui, oui, je le diviserais en une foule de petits logements.

HoRTENSE. — Que vous louerez très-cher aux classes pauvres I

Lehuchoir. — Mais le plus cher possible . * . . Pourquoi vous moquez-vous ? Je ne rougis pas du métier

qui m'a enrichi et qui vous permet de vivre dans le luxe, ma chère, il serait bon de ne pas l'oublier. Voyons, Hortense^ soyez raisonnable. Écoutez-moi : nous sommes neuf héritiers, tous ayant droit de voter. {Betenant Hortense qui veut se lever.) Restez donc, restez donc Jjes Girodot, il ne faut pas penser à nous en faire des alliés : ils voteront pour eux, et rien que pour eux ; quant à Félix, il nous promettrait sa voix aujourd'hui, qu'il la promettrait demain à son frère ; il ne sait pas refuser ; restent Langlumeau et Lucien. Langlumeau, je m'en charge. Quant à Lucien, vous êtes amis, je vous prie de vous en occuper.

Hortense. — Moi I Ah ! monsieur I

Lehuchoir. — Certainement. . . qu'y a-t-il là d'étonnant? Vous vous entendrez à merveille à séduire ce petit monsieur-là ; pour lui plaire, il faut se lancer dans les belles

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plintses, le beau style, les grands sentiments ; je n'y entends rien du tout

HoBTENSE. — Le fait est. . . .

Lehuchoib. — Vous en convenez Tous-même ; à merveille l a Tœuvre donc, chère amie.

HoBTENSE {se levant). — Monsieur, je vous l'ai déjà dit, il ne me convient pas de me mêler à toutes ces intrigues, et sui-tout à celles dont Lucien serait l'objet.

Lehuchoib. — Pourquoi, surtout ?

HoBTENSE. — ^Parce que, parce que. . . .

Lehuchoib. — Allons, voyons, chère amie, un peu de bonne volonté.

Hobtense. — eb impossible, vous dis-je I

Lehuchoib. — Lnpossible, impossible à vous de m'aider à obtenir une fortune qui m'appartient I oui, qui m'appartient 1 car enfin, quand je vous ai épousée, vous aviez une dot insignifiante, tout à fait insignifiante ; et si j'ai consenti à m'en contenter, c'est qu'on a fait valoir auprès de moi l'héritage que ne manquerait pas de me laisser l'oncle César, et aujourd'hui vous voulez que je m'en passe ! . . . Ah I mais non ! Je ne suis pas un imbécile, moi, je ne consentirai jamais à ce que votre famille puisse dire qu'elle s'est moquée de moi.

Hobtense. — Quel homme, et pour la vie !

Lehuchoib. — ^Vous avez beau lever les épaules, cela n'empêche pas que je vaille autant que ces gens-là, moi I mon gros bon sens m'a déjà rapporté plus d'écus que tout leur esprit ne leur en vaudra jamais ; j'ai su devenir riche et ils sont et resteront des meurt-de-faim. Ahl

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