ACTE I, SCkNE IL
Félix. — Vous évincer? ,
leiDOBE. — Certainement tu avais un grand dîner
.... un dîner de savants. ... de chimistes comme toi .... de membres de l'Institut parmi lesquels j'aurais fait bien peu d'effet, moi qui n'ai pas le plus petit bout de ruban à la boutonnière; mais la place d'un frère n'estelle pas toujours à la table de son frère ? Eh bien! non, tu n'as pas jugé à propos de nous inviter ; tu nous as laissés, Clémentine et moi, chez nous, à nous ennuyer.
Clémentine (à Isidore), — ^Ah ! mon ami 1
Isidore. — Oui, je le répète, à nous ennuyer! Est-ce ainsi que tu devrais nous traiter ?
Félix. — Mon Dieu, je ne vous ai pas invités, tout simplement parce que ma table n'était pas assez grande.
Clémentine. — On aurait pu mettre une rallonge, mon frère.
Isidore. — Deux rallonges, s'il le fallait.
^ Massias. — Et reculer les mura de la salle à manger.
Isidore. — Et reculer les murs . . .' . que dites-vous donc là, vous?
Massias. — Rien. . . . {Lui présentant sa tabatière.) En usez-vous?
Isidore {Il prend une prise, puis la jette), — Merci. {Retournant à sa femme qu'il entraîne vers la porte à gauche. ) Tiens . . • allons-nous-en, le calme de cet homme m'exaspère.
Massias. — Monsieur Isidore, vous qui êtes un peu artiste, je vous recommande de bien examiner le tableau que Ton attribue à Murillo. ... le cadre est très-beau !
10 LE TESTAMENT DE CÉSAB GIRODOT.
Ibedobe (9e Tetournant furieux). — ^Morbleu ! . . «.
Clémentine (calnie de nouveau son mari et descend rapidement prh de Massias, tse mettant devant lui et lui faisant une profonde révérence), — Je tous rends grâce de toutes Tos bontés, monsieur. (Elle se retourne encore sur le seuil pour faire une seconde révérence et sort furieuse.)