ACTE n, SCÈNE VIL
HoBTENSE {s* approchant de Clémentine). — Qui ça. . . . il?
Clémentine.— Non, non, n'exigez pas ; sans les partager, je comprends du moins toutes les faiblesses je suis indulgente et je craindrais de vous faire de la peine.
HoBTENPE. — ^De la peine! pardon, ma chère Clémentine, je ne sais pas deviner les rébus, je vous serais obligte de m'expliquer celui-cL
Clémentine (se levant). — Si vous vous fâchez, je vais être bien forcée ; mais, je vous en prie, ne lui en veuillez pas, je serais désolée vraiment ; on peut bien faire la cour à une jeune fille, et cependant avoir beaucoup d'affection pour une autre personne ; Pauline même ne pourrait pas lui en vouloir ; il y a deux ans, elle n'était qu'une enfant, tandis que vous et lui . . . ce cher Lucien ! c'est que c'est un charmant gaiçon.
HoRTENSE. — Oh ! c'est de Lucien que vous voulez parler?
Clémentine. — Sans doute.
HoRTENSE. — ^Et il aime Pauline ?
Clémentine. — Oh 1 je ne dis pas cela.
Hortense {très-vivement). — Mais dites-le, si c'est vrai qu'est-ce que cela me fait ? je ne comprends en vérité rien à vos réticences. Lucien aime Pauline, il l'épouse ?
Clémentine. — Oh I pour cela, je ne sais p is ; il n'en a jamais été question devant moi.
Hortense.— rMais, comment savez-vous qu'il l'aime ?
Clémentine. — Je porte trop d'intérêt à tous nos parents pour ignorer ce qui les concerne. Puis à mon âge, ma dière Hortense, on n'a plus de passions, il faut vivre à l'aide de celles des autres ; quand on ne danse plus^ on
56 LE TESTAMENT DE CÉSAE GIBODOT.
regarde danser. Oh! voici mon mari et mon fils ; je le disais bien, ils sont tout en nage.
HoRTENSE. — Excusez-moi de tous quitter, quelques ordres à donner.
CLÉMEMTmE. — ^Allez, allez, chère cousine. (Hoiienae trèS'émue sort à droUe, tandis qu^Isidure et Cêiestin, entrés par le fond depuis un instant, la saluent sans qu'elle le renmrque.)