‹ Le testament de César Girodot. Comédie en trois actes, en proseChapitre 44 sur 72 · ACTE n, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE n, SCÈNE IX

dire la chose la plus simple du inonde {Allant vivement à Félix,) Félix. ... je te demande, pour mon fils, la main de ta fille, voilà!

Pauline (6|^ray^). — ^Ah! par exemple! (Bas à Félix.) Dites-lui donc, mon père

Félix {bas à Pauline), — Sans doute, je vais {Se

levant,) Mes chers parents

Isidore {avec volubilité). — Tu acceptes, c'est convenu ; tu ne voudrais pas que Ton pût dire que tu refuses ta fille au fils de ton frère, à ton propre neveu, à ton propre sang 1 car Célestin c est ton sang, et la voix du sang a

toujours parlé en toi tu es un bon parent, un bon

frère, un bon oncle.

Félix. — ^Mais je suis aussi bon père, et ... .

Isidore. — Hésiterais-tu? trouverais-tu un Girodot indigne d'une Girodot?

Félix. — Non, sans doute ; mais

Isidore. — Un cousin indigne de sa cousine?

Félix. — Bien loin de moi ....

Isidore. — Tu es un savant, et je ne suis qu'un employé; mais nous sommes tous les deux fils d'Antoine Girodot, de son vivant receveur des contributions, et d'Aménaïde Babaillard, son épouse, décedée en son domicile, rue Cassette, vingt-deux. Nous avons donc la même origine; nous sommes deux branches sorties du même tronc : tes rejetons ont-ils le droit de rejeter mes rejetons?

Félix. — Mais, je n'ai pas parlé de cela.

IiDORE. — Alors, tu acceptes, n'en parlons plus. (Ile s'éloigfte à droite. )

Feux. — Mais

Clémentine. — Ma chère Pauline, tu seras si heureuse avec nous! tu trouveras en moi la plus indulgente des belles-mères. {A Mdore.) Dis-lui donc quelque chose de tendre.

Isidore. — Tendre ! tendre ! si tu crois que c'est facile !

Pauline {bas à son père). — Mais, mon père je vous

en supplie, dites-leur ils vont croire

Feux {allant à Isidore). — Mes chers parents, je suis . . . c'est-à-dire, Pauline est ... . ou plutôt nous sommes tous les deux, très-flattés de ... .

Isidore. — C'est bon, c'est bon, nous le savons.

Clémentine. — Nous sommes tous très-flattés. . . .

Félix. — Cependant

Isidore. — Hésiterais-tu encore après tout ce que je t'ai dit ? reprocherais-tu à mon fils, à ton neveu, de n'avoir pas de fortune ? mais Pauline n'a pas de dot, et cependant nous demandons sa main, parce que chez nous, c'est comme chez toi, la voix du sang ... la voix du sang ....

la voix du sang {FéUx étourdi fuit à U extrême droite, —

Bas à Clémentine. ) Parle, je ne trouve plus rien à dire.

Clémentine. — Allons, Pauline, nous sommes en famille; tu peux avouer sans honte que ce mariage ne te déplaît pas.

Pauline. — Mais, ma tante ....

Clémentine — Vous le voyez, son émotion la trahit! {Coupant la parole à Pauline qui veut répliquer.) Tu es charmante. {Montrant Massias, qui entre par le fond.)

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