‹ Le testament de César Girodot. Comédie en trois actes, en proseChapitre 43 sur 72 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

ISIDORE, CLÉMENTINE, puis FÉLIX et PAULINE.

Clémentine (à Isidore). — ^Mon ami, si tn me le permets, c'est moi qui pi*enclrai la parole au sujet de ce maiiage?

Isidore. — Pourquoi? ne suis-je pas le chef de la

famille?

Clémentine. — Certainement^ et je mmcline devant ton droit ; mais, pardonne-moi de te le dire, tu as le sang trop vit tu t'emportes quelquefois, et . . .

IsmoRE. — ^Ën un mot, j'ai un mauvais caractère ; c'est bon, c'est bon parle ; seulement fais vite, ou autrement {Clémentine marche à la renœntre de Félix et

descend la scène avee lui,) :

Félix (en entrant, à Clémentine). — Célestin avait l'air tout affairé auriez-vous quelque chose à me dire ?

Cii:MENTiNE. — Peut-être, cher frère ; venez vous asseoir, tenez, là, près de ma jolie petite nièce. Quand je dis petite, c'est par habitude; car je sais foii bien (Félix s'assied sur le divan à gauche, tenant dans ses mains les mains de Pauline, qui reste de^ut près de lui) que cette chère enfant est maintenant une grande personne ; ou^, mademoiselle, une grande et très-jolie personne.

Félix. — ^Ma chère Clémentine, vous gâtez ma fille.

Clémentine. — Non, non, je lui rends justice ; prenez des renseignements ; pour mon compte, je connais quelqu'un qui est de mon avi&

Pauline C^vement). — Qui ça?

Clémentine. — Un jeune homme, mademoiselle ; mon fils Célestin.

Pauline {avec dépit). — Célestin!

Clâmemtike. — Oui, CélestiiL

Pauline. — Je croyais que mon cousin ne s'occupait que de lui

Clémentine. — Ohl peux-tu dii*e celai il ne s'occupe que de toi, ma chère enfant, il ne voit que toi ; pour être contenus, les sentiments de Célestin n'en sont pas moins Tiùu

Isidore {povjtsant le coude de sa femme). — Mais, va donc, va donc, aborde.

Félix. — De quels sentiments parlez-vous, chère sœur?

Clémentine. — Quoil vous n'avez pas deviné? mais, mon frère, Célestin aime Pauline.

Félix.. — J'y compte bien ; Célestin est un bon enfant qui aime toute sa famille.

Clémentine. — Sans doute ; mais il aime Pauline d'une façon toute particulière, il en est amoureux, enfin I

Félix. — Amoureux !

Pauline. — Célestin! amoureux!

IsiDOBE {se fâchant). — Qu'y a-t-il là d'étonnant? parce qu'il est mon fils, lui refuserais-tu le droit d'être amoureux!

Clémentine. — Laisse, mon ami, laisse!

Isidore. — Non, non, tu as assez parlé! Tu faislà^ depuis une heure, un tas de simagrées pour arriver à

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