ACTE 11, SCENE XL GT
Massias (ba^ à Pauline). — Très-bien î ce mon Dieu oui est en situation.
Lucien. — Ce mariage-là a été brusquement décidé.
Massias — H se complotait depuis quelque temps entre les grands parents ; mais, aujourd'hui, on a profité do cette réunion de famille, et tout s'est conclu.
Lucien. — Vraiment I tout s'est conclu sans le consentement de Pauline?
Massias. — Mais elle Ta donne.
Lucien. — Non pas !
Massias. — Comment, non pas ?
Lucien. — Sans doute Célestin peut avoir demande
la main de Pauline, mon cousin Félix peut la lui avoir fait espérer, mais Pauline n'a rien promis, j'en réponds.
Massias. — Pourquoi cela?
Lucien. — ^^Pourquoi ?. . . . Parce que Pauline m'aime !
Massias. — Est-ce vrai, mademoiselle, ce que'dit Lucien ?
Pauline (très-bas), — Lucien ne sait pas mentir.
Massjas.— Voici un premier point établi, passons au second. (A Lucien.) A votre tour, vous maintenant^ aimez-vous Pauline ?
Lucien. — Si je l'aime ! mais puisque devant vous
j*ai demandé sa main à «on père ....
Pauline. -^Tu as demandé ma main .... et qu'a répondu tnon père ?
Lucien. — Interroge monsieur Massias I
Pauline. -Dites vite ! . . . dites-vite ! monsieur Massias
Massias. — Pardon, pardon! à mon âge on ne se
presse jamais. (Il prend lentement une prise et présente sa tabatière à Pauline.) Eh bien, on a répondu une chose bien simple, '' que Lucien n'avait pas de position, Pauline pas de dot, qu'on ne pouvait pas se marier comme des petit saint Jean, et qu'il fallait attendre ! "
Pauline. — Attendre ! et pendant ce temps Célestin
demande ma main, et on promet ma main à Célestin.
Massias. — Soit! Mais maintenant que vous êtes
d'accord tous les deux, il faut empêcher de tenir ce qu'on a j)romis ?.. Est-ce entendu V
Pauline. — C'est entendu juions ! {Elle tend la
main. )
Lucien (Vimitant), — Jurons 1
Massias {de même). — Jurons quoi?
Pauline. — Oui, quoi?
Lucien (à Pauline). — Je jure que je t'aime!
Massias. — C'est pour vous dire cela que vous me faites étendre la main? Ah ! (// s'éloigne à gauche.)
Pauline {le retenant). — Non, non ! restez I . . . . Koua jurons que, quoi qu'il arrive, nous nous marierons!
Massias. — Tous les trois ? . . . .
Pauline. — ^Non, tous les deux ! . , . .
Hortense {qui vient d'apparaître à droite). — Clémentine ne me trompait pas. {Elle s'avance.)