‹ Le testament de César Girodot. Comédie en trois actes, en proseChapitre 57 sur 72 · ACTE m, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE IL

Clémentine (haussant les épaules). — ^Voyons, Isidore, calme-toi, de grâce.

Isidore {au comble de CexaspéraUon), — Non, je ne veux pas me calmer. {Seœuant le bras de Clémentine.) Oui, c'est toi qui m'as trahi ; toi, qui as vécu vingt ans du pain que je gagnais par mon travail ; toi, qui as passé vingt ans à m'aigrir le caractère par ton humeur acariâtre, à remplir mon cœur du fiel qui gonflait le tien I

Clémentine {avec componction), — Du fiel dans mon cœur I moi qui demande tous les jours au ciel le bonheiu: de mes ennemis.

Isidore. — Oh I il ne faut pas m'en conter â moi ; je te connais, sainte n'y touche !

Clémentine. — Sainte n'y touche 1 sainte n'y touche, moi!

Isidore. — Oui, toi I oui, toi I

Clémentine. — Soit, mon ami, accable-moi ; j'aurai fait mon purgatoire sur la terre.

Isidore. — Ce qui ne t'empêchera pas d'aller tout droit en enfer ! C'est ainsi que sont punies les femmes qui trompent leurs maris!

Clémentine. — Je t'ai trompé, moil.... quand? avec qui?

Isidore. — Oh I tu m'entends bien tu sais que je

ne parle pas de cela. Beau mérite que tu as eu à rester vertueuse I

Clémentine. — ^Mais, certainement I

Isidore. — Allons doncl.... Personne ne t'a jamais fait la cour.

Clémentine {piquée), — Ah 1 vous croyez I

Isidore. — On t*a fait la cour? alors, pour la rareté

du fait, tu as dû te laisser éblouir Tu m'as déshonoré I . . .A genoux ! femme criminelle !

Clémentine. — Mais, Isidore, tu perds la tête, cette élection te rend fou ! . . . . je te jure que j'ai voté pour toi ... .ce n'est pas moi qui t'ai trahi I

Isidore. — Qui, alors? Qui? . . . .

Clémentine. — Je ne sais pas mais. . . .

Isidore. — ^Voudrais-tu dire que luit. . . lui, mon fils!

pourquoi pas ? tout est possible dans m»

famille. {Courant à Célestin qui vient d'apparaître au/bnà et Ventraxnant sur le devant du théâtre,)

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