‹ Le testament de César Girodot. Comédie en trois actes, en proseChapitre 59 sur 72 · ACTE m, SCÈNE HL · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE HL

Isidore. —Tu TaToues il osa Ta vouer ô honte!

Clémentine. — Ah! Célestin, c'est mal ce que tu as fait làl

Célestin. — Pourquoi cela? chacun n'était-il paa

libre de voter pour qui il lui plaii*ait?

Isidore. — Et il t'a plu d'enrichir Lehuchoir. ... de me» ruiner!

Célestin. — Permettez, mon père. . . .

Isidore. — Je ne suis plus ton père! je te défends de» me donner ce nom .... je ne veux pas être le père d'un scélérat qui mourra sur Téchafaud !

Cléuentine. — Mais, malheureux enfant, ton intérêt; aurait dû te guider, sinon ton cœur.

Célestin. - -Mon intérêt à quoi cela m'aurait-il ^

avancé, je vous prie, que mon père eût treize cent quatrevingt mille francs de plus ?

Isidore. — Tais- toi tais-toi.... je te défends det

prononcer ce chiffre devant moi !

Célestin. — Aurait-il pour cela augmenté ma pension?

Isidore. — ^Non, certes ! il est de ma dignité de ne paa nouiTir tes vices.

Célestin. — Aurait-il payé un sou de mes dettes ?

Isidore. — Jamais! c'eût été t'encourager à en faire da nouvelles.

Célestin. — Vous le voyez ! . . . . Au moins, maintenante si on me met à Clichy, je n'aurai pas le crève-cœur de» penser que mon père peut m'en retirer et qu'il .m'y laisse.

Clémentine.— Mais, mon fils, notre fortune ne doit-elle pas te revenir un jour ?

CicLESTiN. —Mais, j'espère bien ne jamais devenir votre héritier I

IsiDOBE. — Oh I non^' tu peux en être certain I . . . . que je te survive ou que tu m'enterres, tu ne verras jamais la couleur de mes écus, je te le jure I A partir de demain, je mets en viager mes économies, mes pauvres petites rentes! ... et, quand je ne serai plus, tu mourras sur la paille I {Le secouant.) Sur la paille I entends-tu?

Cèlestin. — J'entends bien I tout à l'heure, c'était sur l'échafaud que je devais mourir ; maintenant, c'est sur la paille .... J'aime mieux ça I

Isidore. — ^Tu goguenardes, je crois f .... tu oses goguenarder?

Gêlestin. — Pas du tout! je me réjouis seulement à la pensée que je vous aurai rendu le bien pour le mal, et que si vous me déshéritez, moi, du moins, je vous ferai goûter un peu de bien-être sur la fin de votre carrière.

TsiDORE. — ^Du bien-être ! tu appelles me faire goûter du bien-être, m'enlever un héritage comme celui de l'oncle César?

Cèlestin. — ^Vous ne pouviez l'avoir.

Isidore. — Pourquoi ?

Célestin. — Parce qu'il eût fallu faire des sacrifices pour obtenir plusieurs voix, et que vous n'avez pu vous y décider.

Isidore. — ^H aurait dû au moins me rester les voix de mon^ frère et de mon fils, s'ils eussent compris leur devoir.

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