‹ Le testament de César Girodot. Comédie en trois actes, en proseChapitre 8 sur 72 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

point celle que vous aimez le plus au monde, votre fille!

Félix.— Ma fille!

Lucien. — Ma cousine Pauline, que j'aime, et dont je Tiens vous demander la main.

Maôsias {à pari). — Nous y voilà. (7? remonte s'asseoir auprès de la cheminée à droite dans un voltaire et prend un journal.)

Feux. — Tu aimes Pauline ?

Lucien. — Oui, depuis le dernier voyage que j'ai fait à Paris, quand j'ai retrouvé une charmante jeune fille là où j'avais laissé une mutine enfant, quand j'ai pu reconnaître une femme accomplie dans celle que je n'avais regardée jusqu'ici que comme une petite cousine ! . . . .

Félix. — Mais comment se fait-il que tu sois reparti pour la campagne, et que pendant plus de trois mois nous n'ayons plus entendu parler de toi?

Lucien. — Depuis longtemps je ne me croyais plus capable d'aimer ! . . aussi ne me suis-je pas rendu compte tout d'abord du sentiment que j'éprouvais ; mais bientôt il m'a fallu reconnaître que je m'étais laissé toucher jusqu'au cœur par les grâces naïves de votre fille, par son

esprit, par l'attachement qu'elle vous témoigne J'ai

essayé d'éloigner son souvenir, je n'ai pu y parvenir I . . . Alors je suis revenu à Paris, j'ai retrouvé tout ce que j'avais inutilement voulu oublier ; on était toujours charmante, on avait seulement un peu grandi de toutes les façons. Je me suis épris de plus en plus, et je viens aujourd'hui vous dire ce que vous savez . . . .^

Félix.— Et Pauline sait-elle ?

Lpcien. — Oh ! je n'ai rien dit à Pauline, rien essayé de lui faire comprendre ; elle se doute pent-âtre, mais je n'ai rien fait pour cela.

Félix.— Et t'aime-t-eUe, elle ?

Lucien. — Je l'ignore je ne pouvais pas le lui demander. (A Félix qui refléchit.) Eh bien! mon cousin, que me répondrez-vous?

Félix. — Mais^ mon cher ami, je suis très>heureux ; oui, certes, très-heureux. Je t'aime beaucoup, je fais grand cas de toi ; j'avais de la vénération pour ta pauvre mère qui n'est plus ; mais tu dois comprendre toi-même, quand il s'agit d'une chose aussi grave, il faut réfléchir, examiner, prendre son temps! n'est-ce pas monsieur Massias?

Mâssiâs. — Sans doute, sans doute, prenez votre temps; cjest fort embarrassant de se décider à quelque chose .... dire oui, c'est presque aussi difficile que dire non.

Lucien (à Félix), — ^Mais enfin, voyez-vous un obstacle à ce mariage ?

Félix. — Non, non .... pas positivement. Je ne crois pas, du moins.

Lucien. — ^Et vous, monsieur Massias?

Massias. — Moi, puisque vous me consultez, je vous adresserai simplement une question. Pourquoi faire cette demande ici même, et ce matin ?

Félix. — Oui, mon ami, réponds à monsieur Massias.

Lucien. —Je la fais ici, parce mon oncle Oésar aimait beaucoup Pauline et moi, et que je me mets en quelque sorte sous sa protection dans ce salon où. il a vécu si longtemps. Je la fais en ce moment, parce qu'avant une

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