ACTE I, SCÈNE IV
heure on va nous lire le testament de notre oncle, et que, si Pauline se trouve la mieux partagée, je ne veux pas, en venant alors seulement vous dire que je l'aime, paraître ne chercher en elle qu'une riche héritière,
Félix. — Cette précaution était inutile .... je te connais un homme d'honneur, Lucien I
Lucien. — Eh bien! mon cousin?
Peux. — Eh bien I je vois des difficultés mon ami I
Pauline est jeune, je ne croyais pas la marier sitôt, je n ai pas encore réfléchi
Massias.— tVous réfléchirez, mon Dieu 1 on ne veut pas
vous prendre au collet Mais pardon, mon cher
Lucien, une observation dans l'intérêt de celle que vous aimez : il y a deux ans, vous habitiez Paris, vous sembliez aimer beaucoup le monde et les réunions de famille : tout à coup vous nous avez annoncé que le monde et Paris vous étaient devenus odieux et que vous alliez
passer le reste de votre vie à la campagne à l'ombre
d'un hêtre j'ajoute peut-être le hêtre, mais la
campagne y était ; nous avons accepté en gens polis les motifs qu'il vous a plu de nous donner pour expliquer vos penchants bucoliques ; mais aujourd'hui, quand vous venez nous demander la main d'une jeune fille que nous voulons voir heureuse, nous avons le droit d'être moins discrets»
Félix. — ^Massias a raison.
Lucien.— Je ne le nie pas.
Massias. — Mais vous êtes embarrassé pour répondre ;
je vais vous aider Cette aversion soudaine pour
Paris ne vous avait-elle pas été inspirée par un amour violent et malheureux ?
Lucie*. — Oui!
Massias. — Que vous aviez conçu pour une femme mariée?
Lucien. — Je l'avoue ! . . . .
Massias. — ^Dans vos voyages à Paris Tavez-vous revue ?
Lucien. — Non!
Massias. — Tout à rheure, quand vous la verrez entrer, car elle ne peut manquer d'assister à cette reunion de famille
Lucien. — Quoi I vous saviez qu'Hortense . . . vous aviez deviné ?
Massias. — Que voulez-vous que Ton fasse à mon âge, si ce n'est de deviner les secrets des autres. Eh bien l êtes-vous sûr qu'à sa vue vous ne ressentirez pas votre ancienne passion?
Lucien. — J'en suis sûr.
Massias. — Nous verrons cela. {Se tournant vers Félix,) A votre tour maintenant. . soulevez de nouvelles difficultés, car autrement il faudrait vous décider.
Félix. — Mais il en est une importante . . je n'ai pas de dot à donner à ma fille, vous le savez, et Lucien n'a ni fortune ni position qui permette de vivre à Paris ou même ailleurs avec une femme et des enfants.
Massias — Et le testament que vous oubliez ?
Félix. — Oh! alors, attendons. . . .
Massus. — C'est ça, attendons ! Avouez que vous êtes heureux d avoir le droit de faire une réponse comme celle-là.