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Le matin de ce même jour, le père Dclar était arrivé à Grosbois de bonne heure avec Fin* tention de dire la messe à la chapelle et de ne pas laisser refroidir auprès des anges les bonnes dispositions que le marquis avait montrées la veille. Mais alors madame de Ghauvelin lui raconta, les larmes aux yeux, toutes ses craintes pour le salut déjà si compromis du néophyte qui leur avait échappe au premier mot d'amitié que lui avait envoyé le roi.
Elle retint son confesseur h dincr, afin de
causer plus longtemps avec lui , et de trouver dans ses sages conseils le courage dont elle avait besoin après cette nouvelle déception.
Madame de Ghauvelin et le père Delar se promenèrent jusqu'à une heure assez avancée dans le parc en sortant de table, et se firent apporter des sièges au bord d'une pièce d'eau fort belle, pour y respirer les premières brises du printemps après une journée assez chaude.
— Mon révérend père, disait la marquise, malgré tout ce que votre parole a de rassurant pour moi, ce départ de M. de Ghauvelin m'inquiète fort. Je sais quelles attaches il a à la vie de la cour ; je sais que le roi a toute puissance, non-seulement sur son esprit, mais encore sur son cœur, et la conduite de Sa Majesté est si loin de la régularité... Je pense que ce n'est point un péché, mon père, de parler ainsi.
Hélas! le scandale n'est que trop public!
— Je vous assure, madame, que M. le mar* quis a reçu une impression salutaire ; c'est une première atteinte; le temps et la Providonce feront le reste. J'en parlais ce matin à notre révérend prieur ; il a ordonné des prières dans le couvent ; priez aussi, ma fille, vous, la plus intéressée à cette grande œuvre ; que vos enfants prient; prions tous. J'ai offert à cette