‹ Le Testicule Dans La Syphilis HéréditaireChapitre 33 sur 43 · GOMMES · texte numérisé non relu

GOMMES

La gomme testiculaire semble être particulièrement rare dans la syphilis héréditaire ; mais son existence ne paraît cependant pas douteuse.

Dans son mémoire (1878), M. le D' Hutinel a déjà signalé, dans l’orchite interstitielle, « l'existence de ces petits amas le plus souvent périartériels de cellules embryonnaires rondes et régulières, semblables à des globules blancs, disposés dans les mailles du tissu conjonctif sous forme d'ilôts. Elles forment là des espèces de petites gommes qui, en raison de la facilité avec laquelle leurs éléments absorbent les matières colorantes, tranchent nettement sur le reste de la préparation ». MM. Monod et Terrillon (1), Reclus (2), reconnaissent là de véritables gommes embryonnaires. Le même auteur ajoute « dans un cas seulement, il n'existait dans le testicule, assez petit d’ailleurs, qu’un noyau fibreux, entouré de cellules embryonnaires et complètement isolé; c’est une sorte de petite gomme ».

MM. Cornil et Ranvier (3) disent : « la syphilis testiculaire existe aussi chez les enfants nouveau-nés. Hutinel y a décrit des nodules où gommes syphilitiques, semblables aux précédentes, mais qui ne présentent pas de dégénérescence caséeuse ».

(1) Maladies du testicule. 1889.

(2) De la syphilis du testicule. 1882.

(3) Traité d'anatomie pathologique.

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Ces gommes miliaires microscopiques se trouvent en effet très fréquemment dans la selérose diffuse du testicule, ce qui permettrait sans doute de dire que la forme scléro-gommeuse est l'aspect le plus commun de la lésion. Ne sont-ce pas, d'autre part, ‘de petites gommes que ces nodosités signalées à la surface du testicule dans d’autres variétés d’orchite ? Pour le D: Bokaï, de Budapest, (1), « sous l'influence de la syphilis, l’orchite chronique peut aboutir à une induration fibreuse et à la formation de nodosités gommeuses dans les testicules ». M. le D' Fagge (2) attire l'attention « sur les bosselures sans aucun doute de nature gommeuse qu’il a rencontrées sur des testicules d'enfant ». Pour M. le Dr Erichsen (3) « on peut trouver dans l’orchite de la syphilis héréditaire l'inflammation simple et les variétés gommeuses ».

En 1879, Hutchinson a montré à la Société de Pathologie de Londres un exemple de gomme du testicule chez un enfant hérédosyphilitique. En voiei l'observation :

Obs. 142. — (M. le D'J. HurceniNson) Transactions of the pathological Society of London 1880. Vol. XXXI. p. 192. Gomme chez un enfant atteint de syphilis héréditaire.

Le patient, dont le testicule est figuré sur un dessin présenté à la Société, mourut à l'hôpital de Londres, dans le service du D' Sutton. Il avait des dents et un facies caractéristiques.

Le testicule était très volumineux et présentait, à la coupe, une masse opaque jaune non ramollie, comprenant presque toute sa substance. C'était le même aspect que dans le sarcocèle syphilitique, et tout l'intérêt de ce cas résidait dans ce fait que le patient était atteint non pas de syphilis acquise, mais de syphilis héréditaire.

Dans les leçons de Parrot, la planche XV (fig. 3) représente un « testicule présentant des gommes miliaires superficielles », dispersées sur la surface de l'organe et de l’épididyme.

M. le Profr Fournier, dans une de ses leçons"(1887) relate l’observation d’un enfant âgé de 1 an, atteint de syphilis héréditaire, ca-"

(4) Handbuch der Kinderkr.. D° GerHAnpr. 1878. (2) Cité par M. le D: Carpenter. Traité des maladies de l'enfance. 1899. (3) The science and art of surgery. 1895. T. IT, p. 1256.

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ractérisée par une infiltration gommeuse quasi généralisée, avec gommes testiculaires volumineuses :

Obs. 113. — (M. le Prof’ Fournier) — Gazette des hôpitaux,

15 décembre 1887. (Résumée). — Syphilis héréditaire. — Gommes du testicule (Voir fig. 4, 2, 3).

Enfant de 11 mois, amené moribond. — Mère Syphilitique depuis 6 ans ; 1” enfant mort à l’âge de 2 mois (de convulsions). — 2° grossesse au cours de laquelle elle présente des plaques muqueuses vulvaires confluentes —: l'enfant (actuel) naît alors, sain en apparence, de taille et de poids moyens, et durant quatre mois reste absolument bien portant. — A quatre mois et demi, il présente, pour la première fois, des syphilides cutanées ‘avec coryza et sarcocèle syphilitique. — Nous le traitons et il sort, après quatre semaines, en bon état, ayant augmenté d’un kilo.

Depuis trois semaines, l'enfant pâlit, s'amaigrit, et deux tumeurs gommeuses volumineuses apparaissent à la partie Supérieure du bras gauche et à la partie inférieure du droit. Il arrive agonisant et meurt.

Autopsie (MM. Darier et Feulard. — Annales de D.etS., 1891, p. 38. Résumée) : lésions gommeuses diaphysaires multiples des os longs (voir nos fig. 2 et 3) et du crane, sur lequel on trouve une série de dépôts, les uns circonscrits, les autres étalés en nappe. - Gommes multiples du tissu cellulaire du foie (hépatite nodulaire syphilitique, voir cette obs. n° XIX, thèse du D' Hudelo, 1890) — du poumon — enfin du testicule — lésions gommeuses de l'intestin (entérite syphilitique) — arrêt de développement du cœur qui présente un orifice anormal au niveau de la cloison interventriculaire.

Testicules : tous deux sont gros, de consistance presque pierreuse ; le droit un peu plus volumineux que le gauche. La vaginale est exactement appliquée contre eux. A la coupe, le testicule droit montre plusieurs nodules caséeux (Hg. 1) très évidents, mais mal limités dont la couleur jaune verdâtre tranche sur le tissu rosé environnant. — L'épididyme est induré, sans nodules. — Le testicule gauche, un peu moins gros, est dur ; Son tissu présente, à la coupe, un aspect sec, uniforme, sans nodules caséeux : les lésions semblent plus diffuses.

Examen histologique des testicules. - Testicule gauche : pas de lésions appréciables dé l'épididyme et du canal déférent. Les lésions portent sur la glande spermatique. Le corps d'Highmore est le siège d’une inflammation diffuse de son tissu fibreux, caractérisée par une byperplasie conjonctive et surtout par une abondante infiltration de celluies embryonnaires au sein de ce tissu. Les cloisons fibreuses interlobulaires présentent les mêmes altérations. Il y a infiltration

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cellulaire de la tunique externe des vaisseaux. La paroi conjonctive des tubes est épaissie et formée de couches concentriques nombreuses. Le tissu interstitiel est infiltré de cellules embryonnaires qui, par places, se groupent en amas constituant de véritables nodules gommeux élémentaires. Il est des lobules dont l'aspect n’est pas modifié ; par contre, d’autres sont méconnaissables. Une grande partie du testicule, en effet, est occupée par un tissu fibro-cellulaire d'un aspect uniforme, au milieu duquel on ne retrouve plus la structure normale de l'organe. C’est là évidemment le résultat d’une sclérose. Sur quelques points les éléments cellulaires sont plus granuleux, se colorent moins vivement et indiquent, par là, une tendance marquée vers la caséification. Mais on n’y trouve pas de nodules gommeux, ni cellules géantes, ni masse caséeuse d’un certain volume. Sur le pourtour de ce tissu scléreux mal limité, on retrouve des tubes irrégulièrement distribués, étouftés par la prolifération péricanaliculaire.

En résumé diffusion très grande des lésions ; dans les lobules les moins malades, lésions à la fois péricanaliculaires et interstitielles ; dans les régions les plus altérées, absence de nodulés gommeux élémentiaires et de masses caséeuses caractéristiques.

Testicule droit, représenté fig. 1 (examen fait par M.'le D' Reclus) : l’épididyme paraît avoir son volume normal et l’on n’y trouve aucune altération appréciable. Le testicule est triplé ou quadruplé de volume. La surface en est un peu inégale et dessine évidemment les bosselures des parties sous-jacentes. Mais l’albuginée ne paraît ni épaissie ni recouverte des plaques cartilagineuses décrites par Ricord. Lorsqu'on prend le testicule entre les doigts, on sent que les tissus qui le composent sont de consistance inégale. La partie inférieure et la partie supérieure très dures sont séparées par une zone de tissus beaucoup plus souples. Sur une coupe antéro-postérieure, on constate en eflet que les portions les plus dures, aussi bien en haut qu’en bas, correspondent à des amas jaunâtres diffus. Cependant, çà et là, se trouvent des foyers jaunes à centre un peu diffluent. Leur volume est à peine celui d’une lentille.

Le noyau de la partie inférieure a le volume d’un gros pois ; il est beaucoup moins diffus, presque circonscrit et, sur le pourtour, on constate une sclérose du tissu séminifère dont les tubes sont indistincts et dont l’aspect est presque hyalin et un peu transparent.

Du reste en aucun point de la glande, même dans les parties qui paraissent les plus saines, les tubes séminifères ne sont distincts ‘les uns des autres ; ils sont solidarisés en une masse grisâtre, parcourue par des travées plus épaissies et irriguée par des vaisseaux visibles à l'œil nu.

La gomme volumineuse que nous venons de décrire a bien 7 "/"

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