LÉSIONS DU CANAL DÉFÉRENT
Exceptionnellement, le canal déférent peut être intéressé par la syphilis héréditaire. MM. Bumstead et Taylor en 1883 (1) disent, à propos du sarcocèle dans la syphilis héréditaire, « la maladie consiste en une tuméfaction chronique, indolore, d’un ou des deux testicules, habituellement accompagnée d’hyperhémie du scrotum et d’une légère hydrocèle : quelquefois il y a, en outre, participation de l’épididyme et du cordon ». En 1893, M. le Prof: Taylor (2) admet que le canal déférent puisse être exceptionnellement intéressé, alors que le testicule et l’épididyme sont déjà frappés, et « l'augmentation de volume du canal déférent est proportionnelle à celle de l’épididyme ». Dans les deux observations qu'il cite, il y avait chez des enfants âgés de 13 et de 16 mois, à la fois orchiépididymite et déférentite, le canal déférent étant augmenté de volume dans le voisinage de la queue de l’épididyme sur une longueur d'environ 12"; il y eut guérison par le traitement spécifique. |
Dans une autre observation de M. le Prof" Moncorvo, il semble y
(4) The pathology and treatment of venereal diseases. (2) Journal médical de New-York. 18 novembre 1893.
RDS
avoir un véritable syphilôme du cordon. D’autre part, ces hydrocèles enkistées du cordon, signalées aux observations 106 et 107, ne sont-elles pas sous la dépendance d’une lésion du canal déférent ?
Nous-même avons trouvé au microscope, dans quelques cas où il y avait des lésions épididymaires, des traînées de cellules rondes de nouvelle formation, entourant le canal déférent au voisinage de la queue de l’épididyme.
Ces faits peuvent être rapprochés de ce qu’on constate dans la syphilis acquise de l'adulte où « les gommes peuvent envahir le parenchyme et l’albuginée, les enveloppes scrotales, l’épididyme et le tissu cellulaire qui l'entoure, Ze canal déférent et les divers éléments du cordon spermatique » (1). On peut en effet relever dans la littérature médicale sept cas de sarcocèle (syphilis acquise de l'adulte) où le canal déférent était nettement augmenté de volume (MM. les D Hélot, Fournier, Vidal de Cassis, Rohmer, Reclus). Huit autres cas mentionnent une infiltration diffuse ou circonscrite du cordon. Ce sont là en somme des cas exceptionnels.
Obs 108.— (M. le Prof" TAyLor) (2). — Hérédo-syphilis. — Orchi-épididymite et déférentite.
Enfant de 13 mois. — Chétif — facies blafard, vieillot. — Mère syphilitique ayant fait deux fausses couches. — L'enfant fut soigné après sa naissance durant quatre mois par de petites doses de « poudre grise » pour des syphilides cutanées et muqueuses.
A l’âge de dix mois, la mère remarqua que le testicule gauche était volumineux, de la grosseur d’une prune, puis bientôt du volume d’une grosse noix. À l'examen, le testicule est dur, ferme, et sa surface garnie d’un grand nombre de petites nodosités pisiformes. L'épididyme est nettement augmenté de volume, ainsi que le canal déférent qui a environ un demi pouce (0"012). On donna le traitement mixte à l’intérieur à forte dose et des frictions d’onguent mercuriel faible. La résolution fut très lente — On nota une légère diminution de volume de l'organe après trois mois et ce n’est que graduellement, et après une année, qu'on put le considérer comme revenu à l’état normal. Il y eut pendant ce temps de légères recrudescences.
Quatre ans après, l'enfant était en bonne santé et l’on ne pouvait rien découvrir d'anormal dans le testicule précédemment affecté.
(1) Reczus. Syphilis du testicule. 1882.
(2) Journal Medical de New-York. 18 novembre 1893. Obs. III et V.
Obs. 109. — (M. le Prof’ TayLor) (1) Résumée. Hérédo-
__ Syphilis. Orchi-épididymite et déférentite.
Enfant de 16 mois, très bien nourri et bien développé (père syphilitique depuis deux ans; mère saine), ayant eu dans les premiers mois une roséole en plaques sur les fesses, une syphilide papuleuse généralisée et des plaques muqueuses buccales. Traitement durant six mois par la poudre grise et Les frictions.
A l’âge de 1 an, la mère s’aperçut que le testicule AE de l'enfant était augmenté de volume, indolore.
Actuellement il existe une tuméfaction douloureuse de l’humérus gauche (région du coude), du tibia droit et du péroné au-dessus du cou-de-pied.
Le testicule gauche est augmenté de volume, indolore, de la grosseur d'une fève de Lima; l’épididyme est tuméfié, en forme de croissant, de la grosseur d’un tuyau de pipe d'argile, et l’enflure s'étend d’un demi-pouce (0",012) sur le canal déférent.
Un traitement actif général et local amena la résolution de ces lésions en trois mois. — La tuméfaction testiculaire céda d’abord; puis ensuite celle de l’épididyme et du canal déférent.
A l’âge de 2 ans, on ne trouvait rien d'anormal ni dans le testicule ni dans l’épididyme.
Obs. 4 LO. — (Communiquée par M. le Prof' Moxcorvo). Hérédo- Svphilis. — Tumeur fibreuse du cordon.
Enfant de 5 mois, né de père syphilitique, chétif, pâle, maigre. — Syphilides papuleuses multiples — Coryza — Otorrhée - Ganglions occipitaux et inguinaux engorgés — Crâne natiforme.
Allongement considérable des bourses avec peau exubérante, ridée. Pas d’épanchement dans la vaginale. Au fond des bourses, les testicules sont normaux; mais le cordon du côté droit, fort épaissi dans tout son parcours vaginal, décrit, un centimètre au-dessus de l’épididyme, une sorte d’anse comme celle d’un tube de Henlé, dont la branche ascendante est enveloppée par une tumeur fusiforme du volume d'un haricot environ, à surface quelque peu tomenteuse, mais dure et à peu près indolente au toucher. La tumeur est absolument isolée de la paroi du sac vaginal.
Obs. 1 4 4. — (Communiquée par M. le D’ CARPENTER). Hérédo- Svphilis tardive. - Sarcocèle et déférentite.
Garçon de 12 ans. — Le testicule est hypertrophié dans sa totalité,
et on ne peut en séparer l’épididyme qui fait corps avec lui. Le cordon
. (4) Journal médical de New-York, 18 novembre 1893. Obs. IT et V.
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est gros, ainsi que le canal déférent. La vésicule séminale est normale. — Contrairement à ce qui a lieu d'ordinaire, l'organe était légèrement
douloureux. :
H guérit rapidement sous l'influence de l’iodure de potassium.