FONGUS
Le Fongus est très rare dans la syphilis héréditaire, comme du reste, dans la syphilis acquise ; néanmoins les observations de Gosselin, de Taylor prouvent qu'il existe. Celle de Obédénare paraît en être un bel exemple, mais chez un enfant atteint de syphilis acquise (voir plus haut 6bs. 89).
Obs. 114%. — (M. le D' GosseLiN) (Bulletin de la Société de chirurgie, 1858-59. T. I, p. 131), Hérédo-svphilis (?) Fongus du testicule.
Enfant de 10 mois, offrant un fongus bénin du testicule. C’est, dit M. Gosselin, une affection rare, surtout chez d'aussi jeunes sujets. La maladie a commencé, il y a deux mois, par un gonflement. Sur le sommet de la tumeur s’est fait une ulcération et, par la solution de continuité de la peau, s’est développé le fongus qui, depuis quelques jours surtout, grossit sensiblement.
C’est seulement le troisième fait de ce genre que je vois.
Cet enfant présentait en même temps des plaques muqueuses caractéristiques à l’anus. Il s'agirait donc d’un fongus compliqué d’un état syphilitique. Je me propose de faire prendre à la mère de l’iodure de potassium pour refaire la constitution de l'enfant.
Quant au traitement local, on pourrait choisir entre les trois procédés suivants : la castration; l’occlusion de la tumeur par la peau scrotale incisée autour du champignon et disséquée ensuite pour être ramenée au devant de la tumeur et maintenue en place à l’aide de suture ; ou enfin un pansement compressif exécuté avec de la charpie imprégnée de préparations résolutives, légèrement caustiques au besoin. C’est à ce dernier mode de traitement préconisé par M. Curling que je me propose de recourir d’abord.
Obs. II6G. — (M. le Prof’ Taycor) mémoire déjà cité (1893) cas IV. — Hérédo-syphilis. — Fongus du testicule.
Enfant âgé de 2 ans 1/2. — Père et mère devenus syphilitiques deux
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ans avant la naissance de l'enfant. Ce dernier présentait des lésions syphilitiques multiples de la peau, des muqueuses, des os et des jointures, qui furent énergiquement traitées pendant huit mois. Puis on donna irrégulièrement des préparations mercurielles.
A l’âge de deux ans,on trouva que le testicule droit était gros comme une noix, absolument indolore. Deux mois plus tard, le volume augmenta et la tumeur adhéra au scrotum. Dans l’espace d’un mois, un abcès se forma et, d’un orifice circulaire dans le serotum d’un demi pouce de diamètre, sortit une masse fongueuse gris rouge, de la grosseur d'un demi pouce. L'enfant réagissait peu à l'exploration. On administra un traitement interne actif; la masse fongueuse fut cautérisée et revêtue d’onguent mercuriel.
La guérison s’effectua en quatre mois environ. Le testicule était alors environ de la grosseur d'un pois, mais adhérent à la paroi scrotale.
Le testicule gauche, qui était un peu augmenté de volume avec coïncidence d’hydrocèle, diminua aussi sous l'influence du traitement.
Les épididymes étaient restés indemnes.
M. le prof' Taylor ajoute : « dans quelques cas rares de syphilis héréditaire, on observe le fongus des testicules, et il suit la même marche chronique et rebelle que chez l'adulte. Il peut y avoir abcès et nécrose du testicule, et dans ce cas nous observons une fistule scrotale (qui peut être très enflammée) qui conduit dans une cavité purulente de grandeur variable creusée dans le parenchyme glandulaire ; j'ai vu une fois, à ma consultation, un cas de ce genre guéri par un traitement approprié. Si l’on intervient dès le début par un traitement énergique, la résolution peut s’en suivre ; mais le testicule peut demeurer plus ou moins endommagé. Il est toujours bon d'employer un traitement énergique local et généralement de pratiquer l’ablation ».
En dehors de la syphilis, le fongus paraît moins rare dans la tuberculose testiceulaire de l'enfant.