‹ Le Tétanos à évolution retardéeChapitre 10 sur 21 · L.... soldat de 2me classe au ..me Régiment d'Artillerie · texte numérisé non relu

L.... soldat de 2me classe au ..me Régiment d'Artillerie

La fiche d'évacuation de l’avant ne nous est,pas parvenue ; d'autre part. ce malade n'a jamais été vacciné contre le tétanos.

Le jeudi 20 juin 1910, EL... est atteint par des éclats d’obus qui provoquent : une plaie superficielle en séton de la partie supéro-exlterne de l'aile iliaque droite et une plaie des parties molles du mollet droit au niveau du tiers moyen de sa face externe.

Resté sur place, il est relevé par les Allemands qui l'opèrent cinq heures après sa blessure. Au dire du patient, ces derniers auraient pratiqué : le nettovage superficiel des orifices du séton iliaque, sans mise à plat, et l'extraction, à la pince, d’un éclat des parties molles du mollet, sans épluchage.

Il est évacué, le lendemain, sur l'Hôpital de prisonniers de guerre de Sarrebourg. où il reçoit, le’ 23 juin, une injection de sérum anti-tétanique et du sérum antigangréneux.

Pendant les jours qui suivent, on n’observe que quelques oscillations thermiques n’excédant pas 39,

Un abcès médian du creux poplité droit, ayant provoqué un clocher thermique à 39 5, est incisé le 28 juillet, après une cure au Dagénan ayant duré quatre jours. Les phénomènes locaux et généraux disparaissent jusqu'au début d'août, époque à laquelle apparaît, avec les mêmes réactions générales, un abcès latero-externe du creux poplité droit. Cette collection purulente est incisée et évacuée : le membre est immobilisé dans un plâtre fenêtré et la fièvre tombe en trois jours.

Pendant le mois de septembre, l’état général se montre satisfaisant, la température est normale, et la plaie abdominale se cicatrise. On note, toutefois, un épisode

lroublant : pendant trois à quatre jours, le blessé présenta un spasme pharyngien avec dysphagie. Ce trouble, attribué à la nervosité du malade, fut traité par le vardénal. En outre, le blessé signale qu’au cours des pansements de la plaie poplitée, un infirmier devait immobiliser le membre qui était aussitôt le siège de secousses musculaires involontaires.

Le mois d'octobre passe sans incidents : l’état général est bon, la marche est normale el la cicatrisation de la plaie de la jambe est à peu près totale, il ne persiste plus qu'un léger écoulement séreux.

Le 10 novembre, lè malade, qui présentait, depuis quelques jours, un élat de nervosité croissante, une légère gêne à la marche et à louverture de la boucne, est rapatrié par train sanitaire et hospitalisé aux salles militaires de PHôpital Saint-Eloi. à Montpellier, où il arrive le 13 novembre. Pendant le voyage, les symptômes d'alarme se sont amplifiés. et à son admission dans le service, le malade présente le tableau clinique suivant

Aù :point: de. vuëé” général: température "à 3705; pouls à 100, et un état de fatigue générale avec nervosité croissante, l'intelligence étant parfaitement conservée.

Localement : le blessé présente un état de contracture (en extension) des deux membres inférieurs, prédominant sur le membre blessé. Cet état apparaît spontanément, ou bien, est déclanché, soit par des mouvements volontaires, soit par l'émotion qu’entraîne la présence du médecin, par exemple. Les plaies sont toujours le siège d’un léger suintement : on note, au niveau du visage, du trismus et une ébauche de rire sardonique discreL.

Au niveau du thorax, on observe des phénomènes de contracture discrets des muscles respiratoires, se manifestant par une sensation de constriction thoracique et de courbature dorsale déterminées par les causes d'irritation les plus minimes.

Le dosage du calcium sanguin révèle un léger degré d’hypocalcémie, soit Ogr. 077 par litre.

dur > €

Le diagnostic du tétanos est posé.-et le Professeur Roux institue un traitement

A) Médical : a) spécifique par le sérum et Panatoxine associés aux désensibilisants ; b) antispasmodique par les hypnotiques.

B) Chirurgical : un examen radiologique révèle da

présence d'un corps étranger métallique de la grosseur dune noix, situé dans les parties molles, en arrière du bord externe du fémur droit, au-dessus du condyle. » l'intervention est décidée et pratiquée le même jour.

Sous anesthésie générale et après injection préalable de 40:000 unités antitoxiques. |

Incision latéro-externe sur la cicatrice de Pabcès que le blessé a présenté antérieurement.

Découverte à la sonde cannelée et ablation à la pince d'un éclat d’obus, gros comme une amande, situé. à la partie postero-externe du creux poplité.

Large ouverture de la chambre: d’attrition qui ne laisse écouler ni pus ni sérosité (ensemencement de contrôle impossible), mise à plat et excision soigneuse, mise en place d’une mêche au mencière.

Le traitement sérothérapique, commencé le 19 novembre 1940. a porté sur vingt jours, el le malade a reçu 1.270.000 unités anti-toxiques. Au début, les doses furent appliquées suivant une posologie rapidement croissante, soit 40.000 unités le premier jour, 60.000 le second et 80.000 le troisième. Cette dose de 80.000 unités demeurera la dose quotidienne du 21 novembre au: 3 décembre inclus. soil durant treize jours. Pendant les quatre derniers jours du traitement (du {4 au 7 dé- ‘cembre), les doses furent progressivement décroissantes, avec 60, 40, 20 et 10.000 unités anti-loxiques.

L’anatoxine de Ramon est associée au:sérum, el le malade en reçoit trois injections. de 1 ce. 2:et- 2cec, respectivement aux deuxième, douzième el vingl-et-unième jour du traitement sérothérapique.

Chaque jour, le patient reçoit 10cc de Gluconate- de. chaux au 1/10: intraveineux. Dès le premier jour, on lui a fait absorber XXX gouttes de soluté d’adrénaline au 1/1.000e,

On renforce et on prolonge l’action de l’adrénaline par d’autres désensibilisants, tels que l’Ephédrine, que lon administre quotidiennement, du troisième au neuvième jour du traitement. On utilise aussi lhyposulfite de soude à 200%, que l’on administre tous les trois ou quatre jours. ;

Enfin, le gardénal est employé à de reprises pour combattre les phénomènes spasmodiques ; les quatrième el cinquième jours du traitement, on administre O gr. 10 de gardénal, en deux reprises.

Malgré les précautions prises pour éviter les accidents anaphylactiques, le malade présente, au sixième jour du traitement, une éruption sérique du type urticarien qui dure vingt-quatre heures.

Cet incident coïncide avec une amélioration sensible des signes cliniques. La sédation des phénomènes pathologiques se poursuit progressivement

Le trismus disparaît.

Le rire sardonique s’évanouit.

La contracture en extension de la jambe blessée se réduit considérablement, rendant possible la flexion du genou et restituant au malade une démarche absolument normale.

L’état de nervosité S’'amende notablement.

Enfin, le 16 décembre 1940. son tétanos guéri, ses blessures fermées, le malade quitte le service pour rentrer dans ses foyers.

Ces deux observations réalisent les deux types de télanos retardé |

La première, l'Observatlion S... : la forme aiguë :

La seconde, l’'Observation L... : la forme chronique.

Dans l’un et l’autre cas, le tétanos serait (au dire des malades eux-mêmes), survenu chez des sujets n’avant pas été vaccinés préventivement contre le tétanos.

En ce qui concerne la forme aiguë, bien que nous ne sachions pas la date de la blessure, mais connaissant loutefois celle de lPintervention (12 juin), nous remarquons qu'il s’est écoulé un délai minimum de vingt-sept

Me. j /

jours entre la blessure et les premiers signes de tétanos apparus le 6 et devenus particulièrement.nets le 7 juillet.

Ce malade a présenté un tétanos généralisé en quarante-huit heures avec trismus. contracture permanente des muscles de la nuque, du dos et des lombes, réalisant l’'orthotonos.

L’hyperthermie forte au début, voisine de 400, n’a pas subi l’évolution ascendante de la forme chronique : au contraire, sous l'influence du traitement, elle a progressivement décru. Les températures de 4007 et 40, nolées les 15 et 25 juillel, ne sont pas hmputables au ltétanos, qui, à cette époque, était déjà jugulé, mais aux

. phénomènes broncho-pneumoniques et phlébitiques sur-

venus secondairement. Durant la phase tétanique proprement dite, du 7 au 15 juillet, la courbe de température présente un {ype rémiltent ne dépassant pas 400 2 et ne descendant pas au-dessous de 380. Le pouls a suivi, pendant presque toute Pévolulion de la maladie, une évolution parallèle à celle de la température, sauf au début de l'affection où lon a observé une dissociation particulièrement nette : le 9 juillet au soir (température 40°. pouls 168). Cette, tachyvcardie peut être expliquée par les secousses de contraction douloureuse dont. le lendemain 10 juillet, on note la diminution nolable et la disparition complète le 13.

En résumé. nous sommes en présence d’un tableau clinique différent du type classique, par les points suivants

Incubation très allongée dépassant largement dix jours.

Absence de prodromes locaux : simple hvperthermie isolée.

Contracture du tronc en rectilude et non en opisthotonos.

Absence de facies sardonique.

Absence de sudation, malgré une hyperthermie assez importante.

Absence de souffrance apparente signalée le 7 juillet.

malgré un état de contracture permanente prononcée.

D'autre part à

La discrétion des phénomènes douloureux.

Le peu d'importance des crises paroxystiques, jointes à Pévolution favorable de la maladie, entrent bien dans le cadre du tétanos à évolution retardée.

La seconde observation nous met en présence d’une forme de tétanos chronique.

Ici, le délai d’incubation est beaucoup plus long : plus de quatre mois séparent le jour de la blessure (20 juin 40) des premières manifestations du tétanos survenues au début de novembre.

Notons, de suite, l’inefficacité et lPinsuffisance des premiers soins chirurgicaux donnés à ce blessé. En effet, le 17 juillet, environ un mois après la blessure, un abcès est venu se greffer sur la blessure qu’il présentait à la jambe droite ; cet abcès a dû être incisé.

Ur mois plus tard (17 août), récidive, formation d’un nouvel abcès « in situ » : cette collection est incisée et le membre inférieur immobilisé par un appareil plâtré. La cicatrisation se fait lentement, puisqu'en novembre on signale encore un léger écoulement séreux.

Ces faits semblent suffisamment prouver linsuffisance de la première désinfection.

Le tableau que présente le blessé est celui d’un tétanos localisé au membre blessé, avec quelques manifestahons générales, qui passent un peu en second plan.

L’apparition des manifestations tétaniques a été, ici. progressive, et précédée de prodrômes généraux suffisamment caractéristiques pour motiver Févacuation du blessé. Ces signes prémonitoires consistaient en une nervosité de fond progressivement croissante, séchelonnant sur plus d’un mois et en épisodes spasmodiques aigüs, portant sur les muscles du pharvnx d’abord. et sur les muscles masticateurs el les membres inférieurs ensuite.

Les contractures permanentes prédominent au niveau des membres inférieurs et surtout au niveau du: membre blessé immobilisé en ‘extension, tandis qu'au niveau

— 4h, de

de la face, on signale que le trismus et le rire sardonique, bien que permanents, sont discrets.

Nous remarquons l'évolution quasi-apyrétique de ce lélanos. Les trois clochers thermiques que présente sa courbe sont dus à la rétention de pus dans sa région poplitée pour les deux premiers, à la résorption postopératoire pour le (roisième,

Par contre, ce militaire semble avoir présenté des crises de contractures particulièrement nettes.

La moindre émotion, la présence du médecin attirant l’attention du malade sur la blessure, suffisent à augmenter l’étal de contracture du membre blessé. Les essais de mobilisations volontaires ont le même effet.

Au niveau de groupes musculaires non contractés à à Pétat permanent, il n'a été noté des crises paroxystiques discrètes déclanchées par des causes minimes el provoquant une sensation de striction thoracique (muscles respiratoires) et de courbature dorsale {muscles des gouttières vertébrales).

En résumé, le tableau clinique de ce malade diffère du type classique par les points suivants

Absence de prodrômes Jocaux : simple état de nervosité croissante avec phénomènes spasmodiques épisodiques surajoutés sans hyperthermie.

Absence de contracture permanente des muscles Tanib&-dorso cervicaux, laissant par conséquent intacte la mobilité des différents segments du tronc ou de la tête, les uns par rapport aux autres, ù

Incubalion extrêmement longue (4 mois et 10 jours environ ).

Evolution apyritique de l’épisode tétanique.

D'autre part :

La longueur de lévolution excédant largement un MOIS :

La localisation relative des phénomènes de contraction ; ,

L'évolution heureuse vers la guérison ;

Entrent plutôl dans le cadre du tétanos retardé.

Nous notons, au passage, qu'un laps de temps relalivement court (les documents qui nous sont parvenus de Sarrebourg ne nous permettent pas de le chiffrer exactèment) sépare la crise de spasme pharyngien du mois dé septembre 40 de la deuxième intervention pratiquée sur le foyer d’attrition’

g | | : Dé:ai après intervention BLESSURES INTERVENTION OU MOBILISATION | Délai après blessure P | ou mobilisation NE A PR RAT ES EE Ballerfessedroite er. care 20/9 44 Q'Pxtraction. Cr ee meee 29.12.14 3 mois et 6 jours 6 jours Séton, mollet guuche. Plaie fistulense, fesse droite#%2..1..%. À AE 3.2.15 |Résection de tête fémorale 2 4,15 2 mois et 9 jours 10 jours Abrasion, bras gauche avec gros délabrement musculaires. Piaie * detcréte IAQUEr Sem eeee 21 4.15 |Extraction et débridement de : plaie iliaque...... Darren 20.2.151)..2-mois 1 mois Blessure de cuisse avec amputation | immediale ER Le PR mrate 5 12 44 [Régularisation ....:.:........ 9.2.145 | 73 jours 8 jours Blessure grand pectoral............ Mobilisation 7 "ren 37 jours 1 jour Fracture par éclat du 1/3 moyen RÉDS PAUCDE PE A ER enr » 2 mois Deux éclats, un à jambe gauche, Ablation de lête péroné,résec- 6.10.15 l’autre poigaet gauche............ 30 9.145 tion III métacarpien gauche 17.12.15 | 3 mois et 20 jours 3 mois et9 jours 1 mois Fracture humérus par balle. Immobilisé presque aussitôt..... ... .. 6.10.15 |Amputation(ostéite).......... 3.2.16 4 mois et 10 jours 13 jours Fracture ouverte de la cheville et | astragale. Astragalectomie, immo- Disons EA ee nee .. 13.3.32 |Changement de plâtre. ....... 30.5.32 | 76 jours | 4 jours Fracture de jambe ouverte, osléo- Ablation des fils et des esquil- | | synthèse et immobilisation....... 19.9.32 le Re 28.10.32 | 54 jours | 14 jours Eclat de la hanche gauche......... 5 mois | | Blessure de la lèvre supérieure et Ablation de couronne incluse | langue par balle................., 31.3.18 dans la langue............. ‘27.6.18 2 mois et 27 jours | 7 jours | Eclats de bombe de la cuisse gau- . ; | che (projectiles inclus). ......... 21 7.17 |Pratique de la bicyclette... 11 mois Eclat d’obus cuisse droite. ......... 1915 Incision d’un abcès.......... 1921 7 ans 8 jours | : | Gangrène gazeuse, membre inférieur droit, amputation.... .... 95 jours Fracture esquilleuse humérus (éclat | RAT CIUS) EM NS ER Etes Ablation des éclats. ........ 44 jours 10 jours | Plaie pénétrante de la cuisse (éclaŸ c INCIUS) ASUS TPE .nere » » : 2 ans et 3 mois 12 jours - Plaies multiples par éclats.......... ; » » | 4 mois et 15 jours | 4 jour Fracture ouverte de la cuisse droite . | (ÉCART ETES Do 7e )|PremIerS pas en ARLES 18.7.17 2 mois et 18 jours | 4 à 5 jours . 4 : x : | | Blessure légère infectée à la jambe. 2 mois et 15 jours Gelure des deux pieds... .... SUR 16.10 13 |Amputations......., ..,. ... 22.12.48 | 7 semaines | 13 jours | Fracture du fémur. Gelure des deux | EU OISE SR DIR TON CDN ATES 20 jours Fracture de cuisse, gangrène g2zeuse 18 jours | . . A il | PTIT eICHISSE rene rec. 12 jours Blessure genoux et bras . ......... Résection d'anévrisme artério- VOLROLLR re nee Na 17 jours Dr jours Eclat profond de la cuisse ......... 27.8.17 0) Marches forcées ..-...... 14.9.19 | 13 mois et 15 jours 1 mois Observalion S : Fracture ouverte humérus et deux os avant-bras. Bru- :

lure infectée à la cheville ....... AITDULALIONS EE eee ser 42,6:40 27 jours Observation L : Séton, aile iliaque 2 RE | droite, plaie mollet droit... 206.40 de ae EUR 2740 | 4 mois 2 mois et 13 jou Cr Se rs LEMICTS DAS PP PAT EAN 10.40 moins de 1 mois Blessures multiples de la main, de Extraction des éclats àla main 42 6.15 laeuisse étdelatéle.r..e-.e 5 AA SM ANR ICHISSE SE A ANR 2 30 6,15 1 mois et 3 jours 21 jours | Plaies multiples de jambe, avant- | 3 jours | bras et hémi-thorax droits....... 12/8/15mPremIers pass rene 4.9.45 3 moistenviron à mo cacios Fracture du maxillaire supérieur, du pouce et index gauches. Plaie pénétrante du thorax ; pleurésie purulente etre Une 22.7.15 |Résection costale. Drainage... 16 jours PAS Tel ES Creer 19.12.14 s1jours Plaie par éclat du gros orteil gauche 23,8.14 | 32 jours Fracture ouverte de la cheville... 5.10.14 [Astragalectomie. ATEN TPS 9.10.14 | 47 jours En M PO EA RO 0102148. 14 35 jours | Plaies de de jambe AE par éclat, | du pied droit, de la fesse droite et Extractions d’éclats le. CAD 2 ! i : SON S NT MM TELE IN OR OMS EU UE 0 SAT PHASE | 17 jours Blessures multiples du maxillaire su- | périeur droit, des deux membres . | IHICTIPHTS Re te cit ne cle Mae 12 8.15 |[Amputation de cuisse... ..... 20.8.15 1 mois et 7 jours 1 mois Plaie perforante d’un œil, plaies du su cuir chevelu et de la cuisse ..... 5.6.15 |Incision d’un abcès delacuisse 17.7.45 2 mois 23 jours Érnte par éclat d’obus de l’hu- PAR Putain de CU 80,9/.45 Ex ti ù © : : :

mérus 30.9.15 |Extraction de l'éclat.......... 12.10.15 | mois et # jours | 22 jours Plaies des deux jambes............. 18.12.15 |Extraction des éclats, ....... 28.12 15 26 jours |48"jouts Plaie de la région dorsale du pied.. 14.10.45 |Ablation de l’éclat.....,...... 27.10.15 | 84 jours 10 jours Fracture du fémur droit... ANS 28.9 45 |Suture osseuse.........,.,... 22.1.16 4 mois 6 jours Plaies de la face postérieure bras | | Ur PAT ÉC IA ER ee deu qe . 272.16 |Curetage et suture secondaire 7.3 46 | 44 jours 4 jours Plaies multiples : bras, membre Dore gauche, dos ; pleurésie Extraction des éblats sers 10 3.16 purulente secondaire.......,,.... B3M161|Plenrotomié tr En 28.3.16 22 jours 4 jours Blessure du coude, fracture olécra- Ablation de l’olécrane et tête . ne, arthrite suppurée ...,......, 1:9.410 | do radits ei OUR, 54 14.3.16 8 jours 1 jour Gelure du pied gauche...,,.,,..... 1.3.16 10 jours Séton bras gauche, fracture humé- | PUS 1% eue TERRE E PES 5.10.15 |Immobilisation .....,......., 29.10.15 1 mois 6 jours Eclat d’ latéro- 22e ! i De Ra À | clat d'obus latéro-vertébral. " 12.3.16 |Ablation de l'éclat ....,..,... 19.3.16 43 jours | 7 jours Prassures multiples du dos et des LEO RE er ee te OT .16 i i * a 112 GE )ETENMIETS DAS 4.4.16 2 mois 12 jours 3lessures multiples éclats d’ 28 i ples par éclats d’obus 8,945 12 jours Fracture comminuti j d t ive de la jambe. 28.9,15 40 jours

Les retards d'évolution d'après les observations publiées

Il nous a été possible de relever, dans la littérature, les observations de 49 blessés, appartenant presque toutes à la pratique militaire de l’avant-dernière guerre. Les durées d’incubation, entre le moment de la blessure et les premières manifestations tétaniques, sont très variables. Nous en avons trouvé de très courtes. justifiant à peine le qualificatif de tardif, s’échelonnant entre huit et douze jours. Nous en avons trouvé d’exceptionnellement longues, excédant un an, notainment celle de ce soldat allemand que rapporte Brunzel, qui, blessé à la cuisse en 1915, succomba en 1921 du tétanos, après qu'on lui eut incisé une collection purulente siégeant au voisinage de son ancienne blessure. |

Cette variabilité des périodes d’incubation nous fait entrevoir que le tétanos tardif n’est, en quelque sorte, qu'une dérivation du tétanos typique, et que toutes les formes de passages existent entre ces deux types cliniques.

Toutefois, la juxtapposition de ces 49 observations nous montre que les formes à incubation. courte, inférieures à quinze jours, sont relativement rares : il en est de même pour les formes à longue incubation (plus de six mois) qui semblent relativement exceptionnelles.

Ce sont les formes de tétanos retardé, à période d’incubation moyenne, soit supérieure à quinze jours et inférieure à six mois, qui se sont montrées les plus fréquentes, et de beaucoup, comme en témoignent les chifres

ns

Période d’incubation supérieure à 6 mois. . . . 4 Période dincubation entre 6 mois et 15 jours. . 39 Période d’incubation inférieure à 15 jours. . . . 6

PORT Le RERO

Toutefois, ne soyons pas trop absolus : cette rareté relalive des formes à incubation courte est sans doute plus apparente que réelle.

Quelle est la période d’incubation maxima du tétanos LYpique ?

Quelle est la durée minima de celle du tétanos tardif ?

La limite entre les formes tardives du tétanos typique et les formes précoces du tétanos tardif est nécessairement arbitraire, par conséquent variable au. gré de chaque auteur. |

Donc, dans le cadre des incubations courtes, un tétanos tardif pour l’un sera typique pour l’autre, d’où nécessité de la plus grande prudence dans l’interprétation des chiffres.

D'autre part, il est très probable que les cas de tétanos très tardifs, déclenchés par des interventions chirurgicales chez d'anciens blessés de guerre, après une période de latence de plusieurs années. sont plus fréquents que l’on ne pourrait le croire. d’après les statistiques.

Il suffit, en effet, que, dans les commémoratifs, on perde la notion de la blessure antérieure et de son siège, pour que l’on fasse de ce tétanos. latent depuis des années, un tétanos banal de première inoculation ; et-Céci a d'autant plus de chance de se produire que la première blessure est plus aneienne et a été plus bénigne.

Cette possibilité fut signalée par M. le Professeur Aimes, dès 1917, et par Brunzel, en 1921.

Malgré le flou qui persiste sur la durée exacte de l’incubation de l’une d'elles, nous pouvons faire entrer les deux observations que nous présentons dans la $econde catégorie (Incubation comprise entre 15 jours et 6 mois). En effet, lObservation S.:. a une durée d'incubation de 27 jours au minimum, et l’Observation L...: de 4 mois environ. ; .

re + s

Abrasion bras gauche, plaie crête iliaque.

Amputalion de cuisse puis relaille du moignon ER L45

Blessure du grand pectoral....

Fracture du 1/3 moyen du bras gauche

Eclats jambe gauche et poignet

Fracture de l’humérus.

astragalec-

Fracture ouverte de cheville :

tomie

Blessure lèvre supéricure et langue: arthrite cervicale

BCIALCINESCI SAUCE RER ne ce USE

Eclat cuisse droite

Amputalion cuisse droile pour gangrène gazeuse

Fracture esquilleuse de l’humérus

Plaie pénétrante cuisse droite (fistule)

Plaies multiples par éclat.

Fracture ouverte de la cuisse droite, par éclat SES

Gelure des deux pieds .

Fracture du fémur, gelure des deux pieds...

Fracture de cuisse, gangrène gazeuse

Plaie de cuisse gauche

Blessure genoux et bras

Eclat profond de la cuisse droite

Blessures multiples (main, cuisse, tête)

Plaies multiples (jambes, avant-bras, hémithorax droits)

Fracture maxillaire supérieur, pouce etindex gauches. Plaie pénétrante du thorax

Pieds gelés

Plaie du gros orteil gauche...

Fracture ouverle de la cheville

Blessure ?

Plaies(jambe, pied et fesse droits, maxillaire)

Blessures multiples du membre supérieur droit et des deux membres inférieurs. .....

Plaies perforentes d’un œil, cuir chevelu, cuisse

Plais multiples (bras et membre inférieur gauche), dos. Pleurésie purul. secondaire.

Fracture ouverte du coude, arthrite suppurée secondaire '

Gelure du pied gauche

Séton du bras gauche, fracture de l'humérus,

Eclat d'obus, latéro-vertébral

Blessures multiples du dos et des bras

Bléssures multiples par éclat d'obus

Fracture comminutive, jambe gauche

S. Fracture ouverte humérus et avant-bras, brûlure infectée cheville. (Amputation)..….

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