‹ Le Tétanos: Etude ExpérimentaleChapitre 2 sur 10 · CHEFS DE TRAVAUX · texte numérisé non relu

CHEFS DE TRAVAUX

MM. Monvorsin, Moussu (R.), VALADE, GoRET, BRION, BERTHELON, CARPENTIER

La Faculté de Médecine et l'Ecole Vétérinaire déclarent que les opinions émises dans les dissertations qui leur sont présentées, doivent être considérées comme propres à leurs auteurs et qu’elles n’entendent leur donner ni approbation, ni improbation.

A va Mère, À mon Père

Témoignage d'affection et de pro- __ fonde reconnaissance.

Aux Miens. À MES Amis z

À MonstŒur LE PROFESSEUR FIESSINGER

Qui nous fait le grand honneur d’accepter la présidence de notre Jury.

À MoxstEuUR LE ProrEssEur PANISSET

Auditeur au Conseil supérieur d'Hygiène.

Chevalier de la Légion d'honneur.

A MonsIEUR LE PRroFEssEuR VERGE

À Monsieur LE Docteur GORET

Chej de travaux à l'Ecole Vétérinaire d’Alfort

À Tous MES MAITRES DE L'ÉCOLE VÉTÉRINAIRE D'ALFORT

Introduction

Lorsqu'on parcourt la littérature médicale, ayant trait à l’étude expérimentale du tétanos, on est frappé par ce fait que les inoculations aux animaux d’expérience, dans le but d’éclairer la pathogénie de la maladie, ont été tentées par toutes les voies possibles à l'exclusion pourtant de la voie intradermique.

Il nous a paru intéressant de préciser ce point resté inétudié et de noter les effets produits sur le cobaye par une inoculation intradermique de toxine tétanique. Pour mieux en apprécier les résultats nous avons injecté parallèlement et sur un même lot de cobayes la toxine par voie hypodermique et intradermique.

Dans la seconde partie de notre étude nous avons cherché à éprouver la sensibilité cutanée du lapin à la toxine tétanique. Nous avons utilisé le liquide virulent incorporé à des substances diverses et l’avons appliqué sur la peau préalablement rasée et scarifiée.

Avant de commencer ce modeste travail qui doit consacrer la terminaison de nos études, nous devons nous acquitter d’une grande dette de reconnaissance envers ceux qui nous ont permis de le réaliser.

M. le Professeur BESREDKA nous a donné l’idée de

ce travail, qu'il soit assuré de nos remerciements et de notre respectueuse admiration.

À M. le Professeur PANISSET, qui a été pour nous un maître bienveillant dont l’enseignement nous a aidé au cours de nos études, nous apportons l’hommage de notre respectueuse reconnaissance pour l’accueil qu'il nous fit à son laboratoire, où il nous a permis de poursuivre nos recherches.

À M. le Professeur VERGE, qui a toujours montré à notre égard une bienveillante indulgence et accepté de faire partie de notre jury, nous apportons l’hommage de notre profonde gratitude.

Qu'il nous soit aussi permis de remercier bien sincèrement M. le Docteur GorerT, chef de travaux à l'Ecole vétérinaire d’Alfort, qui nous a guidé dans notre travail et dont les conseils éclairés nous furent si précieux pour la mise au point et la rédaction de notre thèse.

Le tétanos - Généralités

Descomse* définit le tétanos : « une maladie toxiinfectieuse, caractérisée par des contractures musculaires permanentes et provoquée dans les conditions naturelles par la formation en un point quelconque, mais toujours circonscrit de l'organisme, d’une toxine sécrétée par un agent spécifique : le bacille tétanique ou bacille de Nicolaïer ».

Par sa particularité et ses manifestations symptomatiques brutales, le tétanos devait appeler l’attention de tous les observateurs. Il a été décrit à toutes les époques et les théories les plus diverses ont été émises pour interpréter les accidents.

Certaines blessures sont fréquemment suivies de l’apparition du tétanos. Telles sont pour l’homme : les piqûres et écrasements des extrémités, surtout lorsqu'elles sont souillées de terre. Chez nos animaux et spécialement chez le cheval, les blessures dites clou de rue, enclouure, bleimes et javart suppuré sont l’origine habituelle de l'infection tétanique.

Te

Après certaines opérations on observe quelquefois cette maladie et par série d'ordinaire : la ligature du cordon chez les nouveau-nés ; dans certains pays l’opération de la castration chez le cheval sont les causes les plus communes du tétanos dit : chirurgical.

Dans les ambulances, la maladie prend parfois un caractère épidémique et il est incontestable que les instruments et objets de pansements transportent le virus d’un opéré à l’autre.

Chez nos animaux, les harnais et matériel divers, souillés au contact d’une plaie tétanique, conservent pour longtemps leur virulence. Les aiguilles, les sétons, les sondes cannelées, les pinces à castration, et mieux encore, les casseaux imprégnés de pus tétanique, sont des vecteurs extrêmement favorables.

Historique

Ces faits, et bien d’autres, qu'il serait fastidieux d'exposer ici, permettaient de croire que le tétanos était une maladie virulente sous la dépendance d’un microbe.

Benjamin TrAvERs émet l’idée que les accidents pourraient être dus à un poison particulier répandu dans les vaisseaux du malade. Cette théorie humorale du tétanos reçoit l’approbation de RicHArRDson, FAUN, Rose.

Plus tard, BELLROTH estime que le tétanos est une maladie d'intoxication spéciale, mais il ne peut apporter de preuves convaincantes à l'appui de cette opinion.

En 1869, ArLomc et Tupier tentent, mais sans résultat d’ailleurs, d’inoculer au chien et au lapin, du pus et du sang prélevés sur un homme et un cheval tétanique.

Les irritations mécaniques et galvaniques des nerfs périphériques des animaux d'expérience (grenouille, lapin, chien, cheval) sont incapables d’engendrer le tétanos.

En 1882, Nocarp constate l’avirulence de la moëlle et du liquide céphalo-rachidien d'un cheval atteint d'infection tétanique.

CaRLE et RarTrom, les premiers, réalisent la transmission par l’inoculation: Ils donnent le tétanos au lapin en lui injectant sous la peau, une émulsion faite avec les tissus et le pus pris dans la plaie d’un homme tétanique. Onze animaux sur douze inoculés présentent un tétanos typique à forme classique.

A la même époque, NicoLaïer donne le tétanos aux souris en leur introduisant sous la peau des fragments de terre recueillis en plusieurs endroits. Il démontre ainsi, d’une façon péremptoire que le germe du tétanos existe dans le sol.

Le pus, recueilli dans les foyers ainsi créés et inoculés aux mêmes espèces, détermine après une incubation de 15 à 20 heures, un tétanos à évolution foudroyante. |

Le même auteur découvre, dans le pus, au milieu de formes microbiennes banales, un bacille anaérobie en forme de batonnets grêles dont une extrémité présente un renflement bien coloré et plus tard une spore qui ne se colore que faiblement.

Nicocaïer démontre donc le rôle spécifique du bacille, mais tous ses efforts pour l'obtenir en culture pure sont restés vains.

RosEenBAcu réalise la transmission en série, aux cobayes et à la souris. I] fait connaître la spore tétanique. C'est cette spore qui existe dans le sol et lui confère ses propriétés tétanigènes.

Kirasaro, en 1889, découvre une méthode permet-

tant d'isoler le bacille de Nicolaïer et de le cultiver à l’état de pureté, en milieu strictement anaérobie.

À partir de ce moment, l'étude expérimentale du tétanos fait de rapides progrès.

Kinp FABeRr filtre sur porcelaine, les cultures tétaniques et constate que le liquide privé de microbes, provoque le tétanos classique. Les accidents doivent être rapportés à une toxine analogue aux diastases et pourvue d’une extrême activité.

Les recherches de Tizzoni, CATTANI et BAQUIS, SAN- CHEZ ToLEno, VEILLON et surtout les travaux de VaiL- LARD, VAILLARD et VINCENT, VAILLARD et ROUGET, jettent un jour nouveau sur la question restée longtemps obscure de la pathogénie du tétanos.

Ils élucident le mécanisme de l'infection, le bacille de Nicolaïer ne cultive jamais dans les organes, il se développe au point où il est introduit, grâce au concours de microbes adjuvants et il sécrète son poison. Celui-ci par un processus discuté, est absorbé et détermine les contractures, signature de l'affection.

jet = Re eue,

Bactériologie

Bacille et toxine tétaniques

Le bacille de Nicolaïer est un bâtonnet droit, grêle, à extrémités arrondies, de dimension de 6 à 8 u. Le microbe dans les tissus et les cultures, présente souvent à une extrémité, une grosse spore ronde, qui lui donne l’aspect d’une courte épingle ou d’une étroite baguette de tambour.

Le microbe est anaérobie ; il se cultive dans le vide ou en présence de l’hydrogène. Il végète bien, sur tous les milieux et plus volontiers s'ils sont légèrement alcalins et plus récemment préparés.

En bouillon, un trouble apparaît au bout de 24 heures. Dans la gélatine, un voile envahit la partie supérieure du tube. Un dépôt floconneux s'opère vers le dixième jour.

Sur sérum la culture est des plus faciles à réaliser.

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