‹ Le Tétanos: Etude ExpérimentaleChapitre 9 sur 10 · DEVELAY · texte numérisé non relu

DEVELAY

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ConcLusions. — De ces expériences, on peut conclure à la non-électivité de la peau à la toxine tétanique. En aucun câs, que ce soit lors d’application de pommade ou d’imprégnation de toxine pure, on n’a pu observer de réaction appréciable au niveau du tégument cutané. Ce que l’on a vu, ce sont les phénomènes normaux qui succèdent à une lésion de la peau: suintement hémorragique banal, inflammation et cicatrisation habituelle consécutive.

Cette non-sensibilité de la peau du lapin à la toxine tétanique est si bien marquée que l’on ne peut s’empêcher, par antithèse, de la rapprocher de sa sensibilité au contraire remarquable vis-à-vis de la toxine diphtérique.

La toxine diphtérique est incorporée aux doses variant de 0,1 cc. à 10 cc. à un mélange lanoline et vaseline, dont la quantité est toujours la même : 10 grammes. La crème est appliquée sur la peau par friction, jusqu’à obtention d’une coloration rose; l’animal est recouvert d’un pansement local.

Le lendemain de la friction et dans les jours qui suivent, ainsi que le démontre les travaux de BEs- REDKA, On observe une réaction cutanée appréciable d'intensité variable, selon la teneur du mélange en toxine. Elle peut aller du simple œdème rose À la nécrose véritable de la peau, avec épaisse croûte noirâtre.

Cependant, et il est intéressant de le noter, quelle que soit la teneur du mélange en toxine, atteindraitelle le chiffre de 10 cc., la réaction est toujours cir-

conscrite à la région d’application et l’animal ne présente aucun cas de symptômes alarmants.

Un animal préalablement immunisé reste indemne de toute réaction locale à la toxine diphtérique. Il existe donc une profonde différence entre la toxine diphtérique et la toxine tétanique, quant à leur point d’électivité.

La toxine tétanique est neurotrope; elle porte son action sur les cellules nerveuses et laisse intactes les cellules cutanées qui peuvent même, à l’occasion, lui servir de porte d'entrée. Si donc, on veut agir par une méthode de traitement quelconque, il faudra porter le médicament sur le point d'élection, c’est-à-dire la cellule nerveuse; par le traitement intra-cérébral, on peut, sans aucun doute, sauver tous les animaux d'’expérience inoculés de toxine dans les membres, en les traitant aussitôt ou même plusieurs heures après les premiers symptômes. Un injection intra-cérébrale faite à un cobaye qui, 38 heures après une inoculation de toxine dans les muscles de la cuisse, présente déjà de la raideur de la partie inférieure du rachis et des membres postérieurs, peut faire rétrocéder très lentement les symptômes tétaniques. Par contre, d’après Binor, la même méthode est inefficace pour un animal qui a reçu la toxine par une voie viscérale quelconque. Une injection intra-cérébrale effectuée même plusieurs heures avant l'injection de toxine, n’est suivie d'aucun résultat heureux.

Conclusions

Comme nous avons essayé de le montrer au cours de ces quelques pages, la peau ne constitue pas, vis-àvis de la toxine tétanique, un organe de grande réceptivité. Bien que le derme soit le point de terminaison de nombreux filets nerveux, les injections de toxine dans cette région ne précipitent pas l’apparition des symptômes et de la mort.

Bien au contraire, dans toutes les expériences que nous avons réalisées, nous avons toujours noté un retard oscillant entre 24 et 60 heures, comparativement à une injection hypodermique ou intra-musculaire.

Enfin, nos essais de transmission de tétanos par application sur la peau du lapin de toxine incorporée en proportions variables à des substances diverses, nous ont montré que la toxine pure ou à faible dilution, était seule capable d’engendrer chez cet animal d’expérience, une maladie grave à issue fatale.

Vu : Vu :

Le Doyen, Le PRÉSIDENT, ROUSSY. FIESSINGER

Vu et permis d'imprimer

Le RECTEUR DE L'ACADÉMIE DE Paris,

S. CHARLETY.

ET re Er PT

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