TECHNIQUE GÉNÉRALE ET MATÉRIAUX D EXPÉRIENCE
Dans toutes nos expériences, nous avons utilisé une toxine tétanique glycérinée qui, conservée à la glacière et à l’abri de la lumière, ne s'est pas sensiblement modifiée dans tout le cours de nos recherches.
Nous avons inoculé à tous nos animaux un cc. d’une dilution au 1/10.000 de cette toxine, parallèlement dans la peau en un ou plusieurs points, selon la région et sous la peau.
Cette quantité nous a paru voisine de la dose minima mortelle et capable de produire chez le cobaye une maladie à évolution régulière et relativement lente, permettant de suivre pas à pas les manifestations successives de l’intoxication.
Les cobayes utilisés étaient de poids aussi égaux que possible. Les pesées, régulièrement effectuées, n’ont jamais accusé des différences supérieures à 25 grammes.
EXPERIENCE N° 1. — Le 12 janvier 1933.
Lieu d’inoculation : Région de la cuisse.
Deux cobayes de même poids reçoivent dans la région de la cuisse, l’un par la voie hypodermique, l’autre par la voie intra-dermique, l cc. d’une dilution de toxine tétanique au 1/10.000.
1° Voie sous-cutanée :
Début de paralysie locale le 15 janvier.
Paralysie locale complète le 16 janvier.
Mort le 19 janvier.
2° Voie intra-dermique :
Début de paralysie locale le 17 janvier.
Paralysie locale complète le 18 janvier.
Mort le 21 janvier.
Les premiers symptômes et la mort surviennent donc, lors d’inoculation intra-dermique, 48 heures plus tard que lors d’inoculation sous-cutanée.
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EXPERIENCE N° 2. — Le 30 janvier 1933.
Lieu d’inoculation Région de la cuisse.
Huit cobayes reçoivent dans la région de la cuisse, quatre par la voie sous-cutanée, quatre par la voie intra-dermique, 1 cc. d’une dilution de toxine tétanique au 1/10.000.
1° Voie sous-cutanée :
Début de paralysie locale le 1% février.
Paralysie locale complète le 2 février.
Mort les 5, 6, 7 février.
2° Voie intra-dermique :
Début de paralysie locale le 3 février.
Paralysie locale complète le 4 février.
Mort les 6, 7, 8 février.
Dans cette expérience, les premiers symptômes sont apparus avec un retard de 48 heures, la mort survient dans un temps plus long, en moyenne de 24 heures.
EXPERIENCE N° 3. — Le 7 février 1933.
Lieu d’inoculation : Région de l'abdomen.
Huit cobayes sont inoculés au niveau de l'abdomen: quatre par la voie hypodermique, quatre autres par la voie intradermique, avec 1 cc. de toxine tétanique diluée au 1/10.000.
1° Voie sous-cutanée :
Raideur des muscles abdominaux le 9 février.
Paralysie manifeste le 10 février.
Mort les 12, 13, 14 février.
2° Voie intra-dermique :
Raiïideur des muscles abdominaux le 11 février. Paralysie totale le 12 février.
Mort les 14, 15, 16 février.
Dans cette expérience on note un retard analogue de 48 heures dans l’apparition des premiers symptômes et de la mort.
ttes EXPERIENCE N° 4. — Le 4 avril 1933.
Lieu d’inoculation : Région.lombaire.
Six cobayes reçoivent dans la région lombaire, trois par la voie sous-cutanée, trois par la voie intra-dermique, 1 cc. de toxine tétanique diluée à raison de 1/10.000.
1° Voie sous-cutanée :
Raideur des muscles dorsaux le 6 avril.
Paralysie des muscles et membres postérieurs le 7 avril. Mort les 10, 11, 12 avril.
2° Voie intra-dermique :
Raideur du dos le 9 avril.
Paralysie du train postérieur le 10 avril.
Mort les 12, 13, 14 avril.
Ici, on observe un retard de 60 heures environ dans l’apparition des premiers symptômes; un retard de 48 heures dans la mort.
EXPERIENCE N° 5. — Le 18 mai 1933.
Lieu d’inoculation : Région dorso-lombaire.
L'expérience précédente est exactement reproduite. Toutefois on utilise une toxine plus active. Il s’agit ici d’une toxine fraîche non glycérinée, capable de tuer le cobaye à la dose de 1/50.000.
1° Voie sous-cutanée :
Paralysie complète le 19 mai.
Mort les 20, 21 mai.
2° Voie intra-dermique :
Signes correspondants le 21 mai.
Mort le 25 mai.
Le retard observé dans la mort des animaux s'élève, dans
cette expérience, jusqu’à trois et cinq jours.
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ConcLusions. — De toutes ces expériences, nous pouvons donc conclure que chez le cobaye le derme se montre moins sensible que le tissu conjonctif souscutané vis-à-vis de la toxine tétanique.
2. — Sensibilité de la peau à la toxine tétanique chez le lapin
Dans les expériences effectuées, nous avons essayé de voir comment se comporte la peau du lapin vis-à-vis de la toxine tétanique. Dans ces recherches, nous avons utilisé une toxine qui tuait le cobaye en dix jours, à la dose de 1 cc. d’une dilution à 1/50.000.
Nous avons incorporé la toxine à des véhicules divers et nous avons varié sa proportion à leur intérieur. Le mélange ainsi obtenu a été appliqué sur la peau du flanc préalablement rasé ou épilé et maintenu par un pansement au taffetas gommé pour éviter l’évaporation excessive et favoriser une pénétration plus intime de la toxine.
On prépare une pommade tétanique au 1/10, soit : 1 cc. de toxine pour 10 gr. d’axonge. On frictionne énergiquement la peau de deux lapins jusqu’à l’obtention de la rougeur du tégument cutané.
L'un des lapins avait été rasé, l’autre épilé soigneusement
immédiatement avant l'application de la pommade. Celle-ci a été préparée extemporanément.
On applique ensuite un pansement qui est maintenu 24 heures.
Aucun signe ni aucune paralysie n’ont jamais été observés.
On renouvelle l'expérience précédente, mais en utilisant une pommade tétanique contenant toxine et axonge en parties égales.
On pratique de nombreuses scarifications intéressant le derme. On n’observe pas davantage de symptômes paralytiques.
Ces deux lapins reçoivent quinze jours après l’application de cette pommade 1 cc. de toxine à la dilution de 1/100 et de 1/1.000 par la voie sous-cutanée dans la région de la cuisse.
Les animaux n’ont manifesté aucun trouble.
Deux lapins reçoivent sur la peau du flanc, préalablement rasée et scarifiée, une application en friction de toxine pure le 17 mai.
La paralysie débute le 24 mai et la mort survient le 26 pour l’un et l’autre sujet.
Le 7 juillet, deux autres lapins reçoivent, dans les conditions de l'expérience précédente, une application de toxine diluée en parties égales dans du bouillon Martin.
L'un des sujets est paralysé le 12 et succombe le 14.
L'autre est resté indemne.