‹ Le Tétanos Utérin Post-AbortifChapitre 19 sur 38 · TURENNE · texte numérisé non relu

TURENNE

Tétanos d’origine utérine.

Le 9 janvier 1899, Me X..., élève sage-femme, se présentait éhez moi, se plaignant d'une certaine gêne pour ouvrir la bouche, s'accompagnant d'une légère douleur dans l'articulation tempo-maxillaire; elle me dit que pendant les premiers jours du mois elle avait eu une petite hémorragie interne à la suite d’un léger retard de ses règles et qu'autrefois elle avait souffert de rhumatismes.

Le phénomène le plus saillant, de trismus, me fit aussitôt penser au tétanos.

Après un examen complet, auquél la malade se prêta de bonne grâce, des muqueuses et de la peau, je ne pus trouver qu'une vésicule d'herpès sur la lèvre supérieure et datant de la veille. En dehors de cette lésion, intégrité muco-cutanée la plus absolue, Au moment de l'examen, il n'y avait ni rigidité de la nuque, ni secousses musculaires, ni contracture faciale, ni température fébrile. Quoique avec bien des réserves, étant donnés le trismus et l'apparition très récente de l'herpès labial s'accompagnant d'intégrité de la peau et des muqueuses, je fis le diagnostic d'arthrite tempo-maxillaire probablement d'origine rhumatismale, fondé sur la douleur de l'interligne et les antécédents de la malade. Je prescris, en conséquence, le sali- cylate de soude.

Le 10, au matin, la situation était totalement changée ; pendant la nuit, le trismus s'élait accentué, la rigidité de la nuque était apparue, s'accompagnant de quelques rares secousses douloureuses des muscles de cette région. Température 37°4.

Je me convainquis que nous élions en présence d'un cas de tétanos; sans perdre de temps, j'ordonnai le traitement classique : choral, opium, repos absolu, etc.

La porte d'entrée restait toujours énigmatique. Dans la journée, les symptômes s'accentuèrent; le trismus fut complet, de même que Ja rigidité de la nuque, les fréquentes convulsions des muscles dor-

Pr AS

Saux, la dysphagie absolue accompagnant toute tentative de déglutition, de terribles spasmes pharyngés; le facies immobile, caractéristique, l'intelligence parfaitement conservée; fièvre légère 37°6.

Au moment de ma visite, la malade me dit que le 3 janvier, elle s'était prêtée à -une tentative d'avortement provoqué, se croyant

“enceinte d'un mois. Interrogée sur, la manière dont avait été praliquée l'opération, elle me dit qu'on lui avait fait une injection intrautérine sans aucune précaution antiseptique, avec une sonde prise sur une élagère, sans asepsie préalable.

Malgré le traitement et dans l'impossibilité de tenter l'injection de. sérum antitélanique, ce sérum n'étant pas préparé par l'Institut, les symptômes s'aggravèrent progressivement; à onze heures du soir, la température était de 37°8; à quatre heures du matin, la première convulsion généralisée survint, suivie bientôt d'une deuxième. -

Je vis la malade avec le docteur Demaria à six heures du matin et

à six heures et demie, quelques minutes après une injection de morphine et avec toute son intelligence, la malade succombait dans une terrible convulsion, moins de quarante-huit heures après l'appa-

rition du trismus. Température 38°6,

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