‹ Le Thâeãatre de la cour áa Compiáegne pendant le ráegne de Napolâeon IIIChapitre 1 sur 80 · Le Thâeãatre de la cour áa Compiáegne pendant le ráegne de Napolâeon III · texte numérisé non relu

Le Thâeãatre de la cour áa Compiáegne pendant le ráegne de Napolâeon III

Ce fut seulement en 1832 que le palais de Gompiègne, construit vers le milieu du xviii° siècle, eut une salle de spectacle. Elle figurait dans les plans présentés à Louis XV en 1738 par l'architecte Gabriel. Mais l'exécution en fut ajournée. Quand Louis-Philippe maria sa fille aînée, la princesse Louise, à Léopold P'', roi des Belges, il choisit Gompiègne pour y célébrer ce mariage et fit disposer en salle de spectacle un jeu de paume situé vers l'extrémité nord du palais. Gette salle qui peut contenir environ sept cents personnes, est ornée avec assez de goût. Mais la disposition n'en

est pas bonne. Elle forme un carré long qui, offrant nécessairement beaucoup de places de côté, ne laisse voir qu'une partie de la scène ù un grand nombre de spectateurs. On y donna peu de représentations sous le règne de Louis-Philippe. Il n'en fut pas de même sous celui de Napoléon III pendant lequel plusieurs théâtres de Paris vinrent y jouer presque tous les ans depuis 18o2jusqu'en 1869.

Quarante-neuf représentations y furent données pendant cette durée. Ce volume en reproduit les programmes suivis d'un compte rendu. Les invitations étaient faites pour huit heures et le spectacle commençait à huit heures et demie, quelquefois à neuf heures, aussitôt que l'Empereur et l'Impératrice prenaient place sur les deux fauteuils occupant le devant de la loge impériale.

Cette loge, remplissant le fond de la salle dans toute sa largeur, était précédée d'une première galerie où étaient admises exclusivement des dames en toilette de bal. Les invités du Palais avaient place dans la loge impériale ainsi que les grands officiers de la maison de l'Empereur au

nombre d'à peu près soixante-dix. Au-dessus de ]a loge impériale et de la première galerie étaient les premières loges remplies par les invités de la ville et des environs. Il y avait de plus un rang de secondes loges occupées en grande partie par des gens de service. Le rez-de-chaussée se composait d'un orchestre, d'un parterre pour les officiers jusqu'au grade de capitaine inclusivement, et d'un amphithéâtre placé entre le parterre et la loge impériale, à deux mètres au-dessous, et réservé aux magistrats, aux officiers supérieurs, aux conseillers généraux, maires, adjoints et autres fonctionnaires civils, chefs de service, tous en uniforme.

A l'entrée de l'Empereur et de l'Impératrice toute la salle se levait, et quelques minutes après le spectacle commençait.

Pendant les entr'actes, les personnes placées à l'amphithéâtre et au parterre se levaient et tournant le dos à la scène, faisaient face à la loge impériale ; des valets de pied, en grande livrée à poudre, présentaient des rafraîchissements, punch, glaces, gâteaux, etc. D'ordinaire l'Empereur et

rimpôratrice quittaient la salle une fois pendant un quart d'heure, pour se retirer dans un petit salon placé près de l'entrée de la loge impériale. Les comédiens du Théâtre-Français sont venus là plus d'une fois recevoir des compliments de Leurs Majestés.

Le spectacle finissait à onze heures et demie, rarement plus tard. L'Empereur et l'Impératrice saluaient en se retirant.

Généralement l'effet de ces représentations était médiocre, pour ne pas dire plus. Les acteurs avaient peur et, ne retrouvant plus là leur public de Paris pour les applaudir, manquaient presque tous leurs effets. C'était froid, silencieux. On devait attendre que l'Empereur donnât le signal des applaudissements et souvent l'Empereur était souffrant et pensait à toute autre chose. Pourtant quelques pièces ont été chaleureusement accueillies. J'en parlerai plus loin, et comme j'ai assisté à toutes les représentations, j'ai pensé à en faire une revue rapide, en plaçant quelques notes à la suite de chacun des programmes.

Les Théâtres de Paris appelés au Palais deCom-

piègne étaient indemnisés sur Je taux de la recette la plus élevée qu'il leur fût possible de faire. Les auteurs touchaient leurs droits et recevaient une invitation à dîner au Palais, à la table de l'Empereur, s'ils étaient décorés ; sinon, à la table du commandant du Palais. Le spectacle était suivi d'un beau souper offert aux acteurs. Le Champagne n'y était pas ménagé, et, vers deux heures du matin, tout le monde théâtral, auteurs, directeurs, acteurs et actrices, reprenaient gaiement le train pour revenir à Paris.

PALAIS DE COMPIÉGNE

Spectacle du Mercredi 22 décembre 1852 THÉÂTRE DU GYMNASE -DRAMATIQUE

UN

Page 1