FILS DE FAMILLE
Comédie-vaudeville en trois actes, de MM. Bayard et Biéville. Airs nouveaux de M. Couder.
ARMAND DALBERT, lancier. . . . MM. Bressant. Le Colonel ALPHONSE DESHAYE. Lafomaine.
KIRCHET, marôchal-des-logis .... Lesueur.
FRÉDÉRIC, artiste Landrol,
CANARD, trompette Priston.
LARIDON, lancier. ., Thibault.
FRANÇOIS, domestique A. Blondel.
EMMELINE DE VIBRAY M"»" BosE-CllÉR[.
POMPONNE, cabarelière Cuéri-Lesueur.
Madame LAROCHE, sœur du colonel. Mélanie.
MARIANNE, jardinière Ramelly.
Invités, Lanciers, Domestiques
La scène se passe :
Premier acte, dans une guinguette, chez Pomponne, aux
environs de Nancy; deuxième acte, au château du Vihray;
troisième acte, chez le colonel, à Nancy.
J'écris ces lignes en 1882, et trente années se sont écoulées depuis cette représentation du Fils de famille au Palais de Compiègne. Je ne voudrais pas donner un caractère trop grave à ces souvenirs qui retracent, sans prétention historique, quelques scènes du règne de Napoléon III, et pourtant, je ne puis m'empêcher de le dire, quel violent contraste existe entre cette époque et celle où nous sommes ! C'était le commencement de l'Empire, début brillant qui fut suivi de nombreux jours de prospérité, non sans gloire, pour finir dans d'épouvantables catastrophes. Que d'événements se sont accomplis pendant cette longue période, les uns élevant l'Empire à un point culminant, non seulement en France, mais dans l'Europe entière, les autres le précipitant avec de terribles secousses dans la chute la plus
profonde en entraînant le pays avec lui ! L'Empereur mourant en exil après avoir exercé en France, comme souverain, le pouvoir le plus élendu et le plus incontesté, me fait penser à ces magnifiques paroles de Bossuet dans l'oraison funèbre d'Henriette d'Angleterre : 0 vanité ! ô » néant ! ô mortels ignorants de leurs destinées ! » Je veux dans un seul malheur déplorer toutes » les calamités du genre humain et dans une seule » mort, la mort et le néant de toutes les grandeurs » humaines... »
Malheureusement, dans notre France si souvent troublée, il nous faut de temps en temps revenir à ces vieilles vérités que dans ma jeunesse je ne prenais guère au sérieux et qui me semblaient simplement un thème à morceaux éloquents qu'il nous fallait apprendre au collège avec plus d'ennui que de conviction.
Il est temps que je dise un mot du Fils de famille. Cette pièce habilement faite et très agréable,
était alors presque nouvelle et parfaitement jouée par Dressant, Lafontaine, Lesueur, Priston et Rose Chéri. Elle reçut dans cette soirée un excellent accueil. Ce fut une bonne représentation et, l'Empereur donnant l'exemple, on applaudit beaucoup.
Parmi les personnes qui occupaient la loge impériale on remarquait la jeune comtesse de Théba qui devait être quelques mois plus tard l'Impéra-
trice Eugénie.
La princesse Mathilde, le comte de Morny, M. Fould, lord Gowley étaient aussi au nombre des assistants.
Après la pièce les acteurs ont chanté des couplets en l'honneur de l'Empereur. Je les retrouve dans les journaux de Compiègne. Il y en a six sous ce titre : le Repos de la France. L'intention bien sentie de louanger le souverain est leur seul
iO LE THEATRE DE LA COUR A COMPIÈGNE
mérite, si c'en est un. L'auteur, Lcmoine Montigny, était le directeur du Gymnase et devait déjà penser à la croix qu'il a plus tard obtenue.
PALAIS DE GOMPIÉGNE
Spectacle du Dimanche 16 octobre 1853
THEATRE DU GYMNASE-DRAMATIQUE