L'ESCLAVE DU MARI
Comédie en un acte, de madame Rhéal,
CARBONEL MM. Geoffroy.
AMÉDÉE Landrol.
CLARA M""" Virginie Duclay.
ROSE RosA Didier.
En 1857, le séjour de LL. Majestés à Gompiègne dura plus d'un mois. Il y eut cinq séries d'invités et cinq spectacles. Chaque série se composait d'environ soixante personnes qui restaient sept ou huit jours au Palais. Les appartements différaient en raison du rang des invités et les plus beaux donnant sur le parc étaient occupés par les personnages les plus importants. On déjeunait à onze heures. Il y avait ensuite chasse ou promenade à Pierrefonds. Au retour, vers quatre heures, l'Impératrice offrait le thé dans ses appartements, mais à des personnes désignées et c'était une invitation très recherchée. Puis on allait s'habiller pour le dîner, à sept heures; il durait une heure, pas plus. Le soir, quand il n'y avait pas spectacle, on dansait en se servant pour cola d'un piano mécanique qui, tout en faisant ce qu'il pouvait,
rendait des sons peu agréables et exécutait assez mal un vieux quadrille et, bien entendu, toujours le même. Il y avait bien encore une valse et une polka et plus d'une fois l'Empereur s'est mis de bonne grâce à tourner la manivelle. Il aimait à valser et valsait bien. Mais il prenait rarement place dans un quadrille ; ce n'était guère qu'aux Tuileries, pour ouvrir le bal.
Le premier des cinq spectacles offerts aux invités pendant ce séjour fut donné par le Gymnase. C'étaient les Petites Lâchetés et l'Esclave du mari. L'intéressante comédie des Petites Lâchetés fut bien accueillie. Quant à l'Esclave du mari, les coupures qu'il fallut faire pour cause de si- . tuation risquée, rendirent ce très faible petit acte assez difficile à comprendre. Il m'a semblé qu'il n'avait rien à y perdre.
On donnait la veille au Gymnase avec les Petites Lâchetés et l'Esclave du mari, un Amicxharné, vaudeville que j'ai fait avec Labiche et où Numa était véritablement excellent. Je n'avais pas voulu demander qu'il fût joué à Compiègne. Mais le maire — j'étais l'un de ses adjoints — dînant au Pa-
PENDANT LE RÈGNE DE NAPOLÉON III Hl
lais quelques jours après, en parla à l'Impératrice. Il n'était peut-être pas fâché d'avoir quelque chose à dire qui sortit tant soit peu des banalités habituelles. Bien que le fait fût sans aucune importance, c'était un motif qui pouvait suffire à une causerie de quelques instants. L'Impératrice répondit gracieusement que si elle avait été imformée de cela plus tôt, elle aurait fait demander la pièce. Véritablement un Ami acharné qui, je ne crains pas de le dire, est un vaudeville fort amusant, me paraissait, à cause de ses allures un peu trop libres, peu convenir au théâtre de la cour. Deux pièces de Labiche et de moi qui y furent jouées plus tard, le Baron de Fourchevif et la Grammaire faisaient bien mieux l'affaire et j'eus grand plaisir à les voir représenter au Palais de Gompiègne. J'en parlerai plus loin et très volontiers.
La loge impériale était occupée par le prince et la princesse Murât, le duc et la duchesse d'Albc, le prince Czartoryski, et la princesse Czartoryska,
le duc de Rivas, ambassadeur d'Espagne, la princesse de Médina Gœli, le maréchal Canrobert, M. Fould, ministre d'Etat et madame Fould, M. Magne, ministre des finances et madame Magne, le duc de Bassano, le marquis de Toulongeon, le comte Bacciochi, Edgar Ney, etc., etc..
PALAtS DE COMPIÈGNE
Spectacle du Mercredi 28 octobre 1857 THÉÂTRE FRANÇAIS
LES COMÉDIENS ORDINAIRES DE L'ËUPERECR JOUERONT