‹ Le Thâeãatre de la cour áa Compiáegne pendant le ráegne de Napolâeon IIIChapitre 11 sur 80 · LISETTE · texte numérisé non relu

LISETTE

> Judith Lerreyra.

La Marquise DE PRETINTAILLE)

CATIN Schneider.

Le mercredi, 28 octobre le Théâtre-Français vint jouer l'Avare et les Variétés, les C liants de Bêranger. Cette représentation exigeant un personnel très nombreux emprunté à deux théâtres, dut coûter fort cher et, sans doute à cause de la dépense, la chose ne se renouvela pas. Ce fut la seule fois que deux théâtres furent appelés à Compiègne pour une même représentation.

L'admirable comédie de l Avare, un des chefsd'œuvre de Molière, le premier auteur comique de tous les temps et de tous les pays, avec Prévost, Samson, Delaunay, Augustine Brohan, Delphine Lix et Emilie Dubois, fut merveilleusement jouée et ne fit presque aucun effet. Je n'en fus pas surpris. Pour apprécier cette interprétation exceptionnelle, le fini du détail, la perfection du naturel, la vie réelle donnée à chacun des person-

nages de la pièce, enfin l'art du comédien porté à sa dernière limite, il aurait fallu un public comme celui des concerts du Conservatoire. Pour moi, je fus ravi. Les arts ne sont-ils pas de la même famille? Depuis la première scène.jusqu'à la dernière, la comédie de l'Avare^ interprétée ainsi, me causa le même enchantement qu'une symphonie de Beethoven ou d'Haydn exécutée par l'orchestre de la société des concerts. Mais comment demander une attention tant soit peu sérieuse dans ces représentations données au palais de Gompiègne? C'est impossible.

La salle s'occupe de la loge impériale, des toilettes, des personnages marquants. C'est de ce côté que pendant le spectacle les regards se dirigent le plus souvent.

Dans la loge impériale, mille jalousies, mille rivahtés s'agitent. On écoute à peine ; on n'est pas le moins du monde à la scène; on pense à la journée qui vient de s'écouler, au lendemain, aux quelques paroles gracieuses que l'Empereur ou l'Impératrice vous a adressées, à la faveur qu'on en espère, ù la satisfaction qu'elles vous donnent,

satisfaction doublée du dépit que les autres en éprouvent. Que sais-je encore? Tout cela n'est-il pas vrai?

Sous ces influences multiples qui sont pour une grande partie de la salle une cause de distractions diverses, le spectacle n'occupe plus là qu'une place presque insignifiante, et c'est du bien perdu que d'offrir des merveilles de l'art à un auditoire nécessairement inattentif.

Dans les Chants de Déranger^ Déjazet a été saluée à son entrée par les applaudissements de LL. Majestés et, cela va sans dire, de la salle entière.

PALAIS DE COMPIÉGNE

Spectacle du Jeudi 5 novembre 1857 THÉÂTRE DU VAUDEVILLE

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