LES DETTES DE CŒUR
Pic'CC en cioq acles, en prose, de M. Auc.uste Maquet.
HENRI DE BIERGES MM. Fechter.
DE BIERGES, pcrc Parade.
Le Baron CHAUDRAY Saint-Germain.
Le Comte DE ^VURGEN Munie.
Le Prince NOVRATZIN Nertann.
UN NOTAIRE Boisselot.
ZDENKO Joliet.
FRANÇOIS Baciielet.
FIRMIN PiOGER.
La Princess3 CALTSTE NOVRAT- ZIN M"»«s Fargueil.
La Baronna CHAUDRAY Guillemin.
LUCIENNE DAMPMESNIL .... Bressant.
L'Amirale DAMPMESNIL .... Alexis.
La Comtesse GORTHIANY .... Duplessy.
ROSE Gremilly.
ZIKA Alexandrine.
Jeudi 10 novembre, les Dettes de cœur, pièce en cinq actes d'Auguste Maquet. J'aurais peu de chose à dire de cette représentation et je préfère parler de la magnifique chasse à courre que j'ai vue ce jour-là même. Je ferai remarquer que c'est encore parler théâtre ; car une chasse à courre, surtout comme celle que je vais essayer de décrire, ressemble bien un peu à une représentation théâtrale. Elle a en efTet son public, ses acteurs, une action suivie avec des incidents imprévus et un dénouement, toujours le même par exemple et passablement triste ; ajoutons à cela une brillante mise en scène, des décors admirables avec continuels changements à vue, de merveilleux effets de lumière que donne le feuillage doré par les teintes d'automne et pour les curieux ce spectacle est sans doute des plus at-
trayants. Je vois pourtant une critique à faire, une seule, mais elle est grave; car elle porte sur le sujet même de 'la pièce, sur le dénouement, sur cet infortuné cerf que cinquante braves et hardis cavaliers s'acharnent à poursuivre jusqu'au moment où il tombe mort, épuisé de fatigue. Il •est vrai que, s'il tarde à mourir, on le sert d'un coup de carabine pour qu'il ne souffre pas trop longtemps. C'est très bien et cela d'ailleurs ne regarde pas la loi Grammont ; mais il me semble qu'une chasse à courre est un genre de divertissement qu'il ne faudrait pas soumettre à de trop sérieuses réflexions.
Il est temps que je raconte celle que j'ai vue le jeudi 10 novembre 1859. Le rendez-vous était au Puits-du-Roi qui formait un magnifique cadre au tableau. Ce carrefour, le plus beau de la forôt de Gompiègne, est le point de départ de huit larges avenues d'une longueur à perte de vue. G'est le lieu qui prête le plus à l'effet de la mise en scène.
Ge jour-là le temps était très beau. La forôt
Gi LE THÉÂTRE DE LA COUR A GOMPIÈGNE
resplendissait des derniers rayons d'un soleil d'automne. Vers midi le monde, les curieux de la ville et des environs commencent à arriver et les voitures se rangent aux abords de l'enceinte gardée et réservée pour le service de la chasse. Des chassaurs ayant le bouton, c'est-à-dire le droit de porter l'uniforme de la vénerie impériale, habit ' vert à boutons d'argent, gilet écarlate, chapeau forme Louis XV avec plume noire, se promènent dans le cercle. Entre deux avenues, près de la haute futaie, est la meute sous la garde des valets de chiens. Ils sont en grande livrée et contiennent du fouet quarante beaux chiens courants qui s'impatientent et s'agitent en grondant. A une heure six chars à bancs à quatre et six chevaux percherons menés en poste, arrivent au grand trot par l'avenue du Moulin. C'est l'Empereur, l'Impératrice et leurs invités. Les postillons, portant perruque poudrée à cadenettes, arrêtent brusquement leurs chevaux déjà blancs d'écume au milieu du carrefour. L'Empereur et l'Impératrice en costume de chasse descendent de voiture, passent quelques minutes à parler à diverses
PENDANT LE RÈGNE DE NAPOLÉON III Co
personnes et montent à cheval. Seules LL. Majestés ont des plumes blanches à leur chapeau. Alors a lieu le départ pour le rembuché où doit commencer l'attaque.
Ce départ est d'un effet charmant et présente pendant quelques instants un des aspects des plus remarquables de la journée. LL. Majestés s'avancent au pas, précédées de la meute et suivies à très courte distance d'une nombreuse cavalcade de chasseurs en uniforme, d'officiers et de quelques dames. Puis les voitures suivent, celles de la cour d'abord formant une longue file, beaucoup trop longue même, et pour les curieux ce qui reste à voir est un peu livré au hasard. Où ira le cerf ? Il n'en a rien dit et personne ne le sait. Le plus souvent, après avoir parcouru pendant deux heures les allées de la foret, on arrive trop tard ù l'hallali. Ces courses rapides vers un but espéré que l'on manquait trop de fois, me plaisaient peu et donnaient de nombreuses impatiences et de très désagréables déceptions.
Cette fois le cerf fut pris à l'étang de Sainte-
Périne. La pauvre bête nageait en se défendant
contre cinq ou six chiens qui sautaient sur elle et la mordaient. Après quelques minutes un coup de carabine tiré par l'Empereur mit fin à son agonie.
On fit alors la curée chaude, ce qui veut dire qu'on donne à la meute quelques morceaux du cerf, les entrailles. Ce spectacle assez malpropre n'offre de curieux que l'extrême voracité des chiens.
La curée froide, dite curée aux flambeaux, eut lieu le soir avec un grand appareil. Un peu avant huit heures, on apporta dans la cour d'honneur du palais les débris du cerf qui furent déposés près des marches du grand vestibule. La meute venant de la vénerie, s'arrêta en face, du côté de la grille d'entrée. Des valets de pied, en grande livrée, les cheveux poudrés, portant des torches, faisaient la haie et maintenaient libre le milieu de la cour.
A huit heures, les fenêtres du premier étage s'ouvrirent. L'Empereur parut et aussitôt les fanfares retentirent, les torches s'allumèrent répandant une vive clarté à reflets verdâtres et les
chiens aboyant furieusement furent lancés sur les débris du cerf. Deux fois ramenés, ils s'élancèrent une troisième fois et dévorèrent en quelques instants ces chairs saignantes en faisant craquer les os à bruyants coups de crocs. Ce repas désordonné où les convives, dans un affreux pêle-mêle, s'arrachaient les morceaux avec furie me parut d'un aspect peu attrayant, mais il n'en est pas moins vrai que la mise en scène de cette curée aux flambeaux était belle et d'un grand effet.
PALAIS DE COMPIÈGNE
Spectacle du Vendredi 18 novembre 1859 THÉÂTRE DU GYMNASE DRAMATIQUE
LE EARON DE FOURCHEVIF
Corné Jic en un acte, de MM. Labiche et Alphonse Jolly.
Le Baron DE FOURCHEVIF. . . . MM. Geoffroy.
RONQUEROLLES Lesueur.
ETIENNE LAMBERT Lagrange.
TRONQUOY Francisque.
La Baronns DE FOURCHEVIF . . M^i" Mélanie.
ADÈLE Lambert.