‹ Le Thâeãatre de la cour áa Compiáegne pendant le ráegne de Napolâeon IIIChapitre 21 sur 80 · UN PETIT-FILS DE MASOARILLE · texte numérisé non relu

UN PETIT-FILS DE MASOARILLE

Comédie en cinq actes, de M. IIe.mii Meilhac.

CLAVAROT MM. Geoffroy.

RONCERAY DuPUis.

MAUROY Derval.

GEORGES Dieudonné.

FRASQUIN Blaisot.

JEAN Leménil.

VALENTINE Mll's Marquet.

GABRIELLE Blocii.

Madame BOQUET Georgina.

BATISTE, domestique M. Louis.

Le 28 octobre, je recevais la lettre suivante de Labiche.

« Mon cher ami,

» Je devais l'écrire de Sologne et je t'écris de Paris. L'homme propose et l'Empereur dispose. Voici la chose. J'ai été mandé en toute hâte pour suivre les répétitions d'une pièce en trois actes qui sera jouée àCompiègne le mois prochain devant l'Empereur par les artistes du Vaudeville. J'aurai donc le plaisir de te serrer la main dans une quinzaine de jours à moins de contre-ordre venu de haut lieu.

» Tu devrais bien faire jouer à Gompiôgno le Haron de Fourchemf par la troupe du Gymnase qui doit concourir aussi à l'éclat des fcles »

Je fis ce que désirait mon collaborateur et ma

demande fut appuyée de Ja façon ]a plus aimable auprès de l'Impératrice par M. Camille Doucetqui avait vu la pièce à Paris et en dit du bien. L'Impératrice consentit gracieusement et l'ordre fut donné à M. Montigny, directeur du Gymnase, de jouer au palais de Gompiègne le Baron de Fourchevif.

Tout se passa à merveille. Ge fut un vif succès. Geoffroy dans le rôle du baron et Mélanie dans celui de la baronne furent excellents et l'Empereur rit plusieurs fois de ce bon gros rire que toute la salle entendait. Enfin je puis dire pour rendre hommage à la vérité et ne pas pécher par excès de modestie, que peu de pièces furent aussi bien accueillies sur le théâtre de la cour à Gompiègne que le Baron de Foicrchcvif. J'avais dû prudemment prendre un pseudonyme — Alphonse Jolly —pour collaborer avec Labiche, mon nom n'allant pas avec le sien. Qui sait? Labiche et Leveaux! on aurait ri ; c'était à éviter. Je me souviens qu'un de mes amis, M. de Saulcy, un habitué du Palais, me dit une fois : « J'ai bien fait rire l'Empereur en lui parlant a de votre pseudonyme. » Passe en-

core pour l'Empereur et je pouvais, à la rigueur, me trouver fort honoré d'avoir ainsi attiré son attention. Mais si tout le monde s'en fût mêlé, c'eût été autre chose; aussi Labiche m'avait-il dit à la première pièce que nous avions faite ensemble : « Mon cher ami, il faut prendre un pseudo- » nyme; tu ne peux pas garder ton nom. »

Il y a plusieurs scènes remarquables et tout à fait dignes d'Henri Meilhac dans Un petit- fils de Mascarille. Mais les cinq actes parurent un peu longs et le spectacle ne finit qu'à plus de minuit. Delphine Marquet m'avait dit dans la journée qu'elle ferait pleurer l'Impératrice et elle y a parfaitement réussi. Ce n'était pas bien difficile.

On remarquait dans la loge impériale la princesse Glotilde, assise à la droite de l'Empereur, et le prince Napoléon, à la gauche de l'Impératrice, le prince de Metternich, ambassadeur d'Autriche, et la princesse de Metternich, lord et lady Gowley, le comte Walewski et la comtesse Walewska, le prince

de la Moskowa, le comte cl la comlesse de la Bédoyère, le prince de Reuss, M. et madame de Saulcy, MM. Emile Augier, Camille Doucet, Jules Sandeau, Corvisart, Viollet-Le-Duc, etc....

Un petit nombre de programmes étaient tirés sur satin pour l'Empereur, l'Impératrice et quelques hauts personnage 5. Après la représentation il n'était pas impossible d'en avoir et l'on n'avait pas besoin pour cela d'être prince souverain. On m'en a donné deux: seulement, pour le Baron de FoiD'c/ievif et pour le Duc Job. J'aurais voulu en avoir un aussi pour la Grammaire qui a été jouée bien après. Mais il est trop tard aujourd'hui pour m'en procurer. Tout ce passé est si loin de nous et nous avons vu tant de choses depuis qu'il me semble, en éciivant ces pages, raconter les faits d'un siècle écoulé.

PALAIS DE COMPIÈGNE

Spectacle du Jeudi 24 novembre 1859

THEATRE FRANÇAIS

LES COMEDIENS ORDINAIRES DE L'EMPEREUR JOUERONT

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