‹ Le Thâeãatre de la cour áa Compiáegne pendant le ráegne de Napolâeon IIIChapitre 22 sur 80 · ACHILLE WORMS · texte numérisé non relu

ACHILLE WORMS

PACAUD Eugène Provost.

GUÉRIN Mathien.

Madame DAVID M^ie Nathalie.

EMMA Mlle E. Dubois.

Le jeudi 24 novembre, il y eut représentation du Duc Job. Si le Théâtre-Français convenait plus que tous les autres aux spectacles de la Cour, j'ajouterai que le Duc Job était, parmi les pièces du répertoire, un des plus heureux choix qu'il fût possible de faire. C'est une comédie calme, honnête, qui n'a rien d'excessif, pas même son mérite que je suis loin de contester. Le dialogue en est bien fait; c'est le ton de la conversation familière, un peu banale peut-être, mais sans jamais trop descendre. La note du sentiment n'est pas absente, et, sans aller jusqu'au drame, soutient suffisamment l'intérêt. Enfin, chose importante, la pièce a un rôle excellent et, pour jouer ce rôle, elle a eu la bonne chance de rencontrer un talent de premier ordre : Got a fait du duc Jean de Rieux une création tout simplement admirable.

Il y a surtout au troisième acte une scène qui a dix pages, la scène du déjeuner, entre l'oncle et le neveu, le marquis et le duc de Rieux, où la perfection de l'art était réalisée par Got et Provost qui dans les dernières années de sa vie était devenu un grand comédien. Cette scène, avec des nuances infiniment variées de diction toujours simple et naturelle pourtant, avec des temps habilement pris, avec ces détails toujours amusants d'un déjeuner bien servi, durait au moins vingt minutes, et comme c'était vrai! Gomme cette causerie faisait oublier qu'on était au théâtre et qu'après tout il s'agissait là de personnages de convention ! Non, Jean de Rieux et son oncle existaient certainement. J'étais chez eux, je les entendais causer et c'est la dernière limite de l'art de mettre ainsi la vérité à la place de l'illusion et de nous faire croire que, invisibles témoins, nous assistons à des faits de la vie réelle.

Je n'ai pas besoin de dire que la représentation du Duc Job a reçu un excellent accueil. Après la chute du rideau les acteurs furent invités à se

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rendre dans le petit salon, près de la loge impériale, où l'Empereur et l'Impératrice se retiraient pendant les entr'actes. LL. Majestés leur adressèrent des compliments et, à ce sujet, Provost nous racontait un tout petit détail d'une façon amusante, comme il savait raconter. Pendant que l'Empereur lui parlait, il avait par distraction tiré sa tabatière de sa poche et pris tranquillement entre deux doigts une pincée de tabac. L'Empereur tendit la main et Provost s'empressa de lui en offrir. — Vous » n'en prenez pas, dit l'Empereur, en se tournant » vers M. de Morny? — Non, sire, je serais sûr » d'éternuer. — Oh bien, moi, j'aime assez cela, » reprit l'Empereur. » Un peu après on fît observer à Provost qu'il n'avait pas bien choisi le moment pour priser. Il fut, je crois, fort peu touché de l'observation qui prouvait, une fois de plus, qu'il y a toujours des gens plus royalistes que le roi.

Dans la loge impériale étaient la princesse Glotilde, la grande-duchesse Marie de Russie, la grande-duchesse Marie de Leuchtenberg, le grand-

duc Nicolas, le comte deKisseleff, ambassadeur de Russie, le comte de Pourtalès, le comte et la comtesse de Morny, le prince Pierre Troubetzkoï, attaché à la personne de la grande-duchesse Marie de Russie, M. Troplong, président du Sénat, etc..

PALAIS DE GOMPIÈGNE

Spectacle du Mardi 29 novembre 1859 THÉÂTRE DU VAUDEVILLE

JOBIN & NÂNETTE

ComéJie-vaudeville en un acte, de MM. Michel Carré et Léon Battc.

JOBIN MM. Saint- Germain.

GRIFFARD. RoGER.

NANETTi: M'i" PiERSON.

SUZON Caroline.

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