SOIT OUVERTE OU FERMÉE
Comédie en un acte, en prose, d'ALFRED de Musset.
LE COMTE M. Dressant.
LA MARQUISE M^e Madeleine Brohan.
En 1862, l'Empereur, l'Impératrice et le Prince Impérial arrivèrent à Gompiègne le samedi 1" novembre.
Le lendemain il y eut, comme dans les précédents voyages, réception, au palais, du clergé, des tribunaux, des autorités civiles et militaires. La réception avait lieu à une heure dans le salon dit de famille, à gauche de la galerie des cartes. L'Empereur, en uniforme de général de division, était debout au milieu du salon, ayant à sa gauche l'Impératrice, à sa droite le Prince Impérial, et le défilé se faisait silencieusement. Le préfet du palais de service annonçait ; on saluait en passant, et c'était tout. Quelquefois l'Empereur adressait deux ou trois mots, soit au maire, soit à un fonctionnaire chef de service. Mais les questions et les réponses prenaient fort peu de temps et
d'ordinaire la réception durait à peine une demiheure.
La première série des invités comprenait cette fois la princesse Anna, le prince et la princesse Lucien Murât, madame de Bruat, gouvernante du Prince Impérial, MM.Troplong, Rouland et Routier, le général de la Goncha, ambassadeur d'Espagne, le duc et la duchesse de Gambacérès, le marquis et la marquise de Trévise, le général marquis de Lawœstine, commandant de la garde nationale de Paris, le duc et la duchesse de Bivona, le comte Komar, le baron Glari, le baron de Heckeren, le général Vinoy et madame Yinoy, le général Allard et madame Allard, le général Mellinet, madame de Sancy, M. Emile Péreire, etc..
Le spectacle fut donné le vendredi 7 novembre. On avait parlé de r Ecole des vieillards. Mais il y eut empêchement et l'on joua Bataille de dames et // faut qu'une porte soit ouverte ou fermée. La représentation fut très bonne, comme toutes celles
lOi LE THÉÂTRE DE L\ COUR A COMPIÈGNE
dont la Comédie-Française faisait les frais. Bataille de dames est une pièce de genre bien intriguée, qui intéresse suffisamment et qui amuse. On y trouve des situations ingénieuses, beaucoup d'esprit, un rolo de femme bien tracé, du comique, même du drame, de tout enfin, excepté de la vraie comédie.
Je relisais, il y a peu de temps, avec un plaisir extrême. Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée. Je ne connais rien de plus fin que cette causerie à deux qui, sans le secours d'une action quelconque, d'un simple incident même, soudent merveilleusement l'attention pendant près d'une heure. Et remarquez que ce langage si élégant, si littéraire et parfois même poétique, ne cesse jamais d'être naturel et vrai. Ce petit chefd'œuvre est une des perles les plus précieuses de l'écrin d'Alfred de Musset qui renferme de magnifiques diamants.
PALAIS DE COMPIEGNE
Spectacle du Jeudi 13 novembre 1862
THEATRE DU GYMNASE-DRAMATIQUE