‹ Le Thâeãatre de la cour áa Compiáegne pendant le ráegne de Napolâeon IIIChapitre 30 sur 80 · LES GANACHES · texte numérisé non relu

LES GANACHES

Comédie en qualre actes, de M. Victorien Sardou.

Le Marquis DE LA ROCHEPÉANS. MM. Lafont.

MICHEL CAVALIER Lafontaine.

FROMENTEL Lesueur.

Le Duc DE LA ROCHEPÉANS . . . Ferville.

LÉONIDAS VAUCLIN Landrol.

ANTÉNOR DE VALCREUSE KiME.

BARILLON Derval.

URBAIN FROMENTEL DiEUDONNÉ.

BOURGOGNE Blaisot.

MARGUERITE M'i« Victoria.

Mademoiselle ROSALIE DE CORBAC. Mélanie.

La représentation des Ganaches a été froide. C'est une des moins bonnes pièces de Sardou.

Je remarque que quatre des acteurs et l'une des actrices qui jouaient ce soir-là dans les Ganaches^ sont morts, Ferville, Lafont, Lesueur, Kime et Mélanie,et je puis en dire quelques mots aujourd'hui que l'oubli n'a pas encore complètement effacé leurs noms.

Ferville n'a quitté la scène qu'à près de 80 ans. Il s'était fait une réputation méritée d'excellent comédien dans les rôles du répertoire de Scribe. Le vieux général, un peu goutteux, était surtout son affaire et, comme on dit au théâtre, il entrait là à merveille dans la peau du bonhomme.

Lafont, après avoir été longtemps un joli jeune premier, c'est-à-dire quelque chose d'assez fade, était devenu un comédien de premier ordre. Il

PENDANT LE RÈGNE DE NAPOLÉON III iOl

disait bien et avait un air de haute distinction qui n'avait rien d'affecté — comme dans le Rahagas de Sardou par exemple — et qui représente une qualité des plus rares au théâtre.

Lesueur, lui, avait bien commencé avec le rôle du brigadier Kirchet dans le Fils de famille, et plus tard il s'était placé au nombre des bons comédiens en créant le rôle du bonhomme Poirier dans le Gendre de M, Poirier, Si dans ce même rôle Got lui est supérieur, c'est parce que Got y est de tout point admirable. Lesueur se grimait parfaitement et avait une incontestable originalité. Il était lui et c'est beaucoup. Mais un beau jour il se mit à se griser. Ça devint une habitude et tout alla mal depuis. Il bredouillait, ne savait jamais ses rôles et j'ai vu plus d'une fois le public se fâcher.

Kime ne dépassait guère une bonne moyenne. Il avait pourtant rencontré un vrai succès dans le Testament de César Girodot. J'en ai parlé plus haut. Après avoir été à l'Odéon et au Gymnase, il est mort pensionnaire du Théâtre-Français.

Mélanie était une comédienne de beaucoup de

talent et, quoique très bien accueillie, elle n'a pas été appréciée comme elle le méritait. Elle n'en a pas moins laissé d'excellents souvenirs au Gymnase où elle a créé supérieurement un grand nombre de rôles.

Cette digression nécrologique m'éloigne pour un moment de Gompiègne et je reviens à la loge impériale où se trouvaient, le soir de cette représentation, le duc et la duchesse de Morny, le maréchal Regnauld de Saint-Jean d'Angély, le maréchal Magnan, le duc et la duchesse d'Athol, miss Mac-Grégor, le marquis d'Hertford, M. Delangle, ministre de la justice, M. Magne, ministre sans portefeuille, et madame Magne, le chevalier Nigra, ambassadeur d'Italie, le baron et la baronne Haussmann, le comte et la comtesse Aguado, M. Dupin, M. Boitelle, préfet de police, le marquis de Massa, le marquis et la marquise de Gadore, M. Raimbaux, écuyer de l'Empereur, et madame Raimbaux, la charmante fille de M. Mocquard,

MM. E. André, Davillers, Delessert, Mérimée, Jules Sandeau, de Saulcy, Francis Wey, le sculpteur Gavelier, Violiet-Le-Duc, etc..

PALAIS DE COMPJKGNK

Spectacle du Lundi 24 novembre 1862

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