LES SALTIMBANQUES
Folie-vaudeville en trois tableaux, de MM. Dumersan et Varin.
BILBOQUET MM. Lassagne.
GRINGALET Octave.
DUCANTAL MuTÉE.
SOSTHÈNES Kopp.
Le Maire Edouard.
Un Gendarme Pellerin.
ZÉPHIRINE Mnies Freneix.
ATALA Thibault.
Madame RONDON Joly.
MARGOT Clémence.
Le 22 octobre ce fut le théâtre des Variétés avec Riche d'amour et les Saltimbanques. Arnal fit beaucoup rire dans Riche (T amour ^ l'une des meilleures pièces du répertoire fantaisiste de Duvert et Lauzanne ; mais les Saltimbanques déplurent complètement. L'Impératrice témoigna à haute voix son mécontentement et dit qu'elle ne s'expliquait pas le grand succès de cette pièce. Il est vrai qu'elle fut jouée de la façon la plus commune par Lassagne qui n'avait rien de l'inimitable fantaisie d'Odry dans le rôle de Bilboquet. Odry s'y était incarné au point de le rendre pour longtemps impossible à tout autre après lui, et, pour moi, quand je me souviens d'Odry, je ne me le représente pas autrement qu'enveloppé du fameux carrick du père Bilboquet, ce profond observateur de l'imperfection humaine.
16 LE TnÉATRE DE LA COUR A COMPIÉGNE
L'Impératrice avait raison et c'était un spectacle mal choisi. J'ai été plus d'une fois à même de remarquer que le comte Bacciochi, chargé alors, en qualité de surintendant des théâtres de la Cour, du soin d'indiquer les pièces qui pouvaient être représentées, montrait peu de discernement et renseignait mal l'Impératrice qui s'était réservé la haute direction. Du reste les pièces gaies étaient peu de son goût, tandis qu'elle pleurait toutes ses larmes aux moindres scènes d'un bon gros drame, plus ou moins médiocre. L'Empereur, au contraire, ne faisait pas fi du répertoire du Palais-Royal. Quand il était en bonne disposition, il riait de bon cœur et d'un gros rire.
La grande duchesse de Bade, la princesse Mathilde, le prince Jérôme, M. et madame de Saint- Arnaud, le comte de Hatzfeld, ministre de Prusse, étaient au nombre des invités de la loge impériale.
Spectacle du Jeudi 23 octobre 1856
THÉÂTRE DU VAUDEVILLE