‹ Le Thâeãatre de la cour áa Compiáegne pendant le ráegne de Napolâeon IIIChapitre 43 sur 80 · VERRE D'EAU · texte numérisé non relu

VERRE D'EAU

Comédie en cinq actes, en prose, de Scribb.

MASHAM MM. Delaunay,

BOLINGBROKE Bressant.

Le Marquis DE TORCY. . . . Mi recour.

TOMPSON SÉVESTE,

CPrudhon, MEMBRES DU PARLEMENT. ^„ ^

fCoQUELiN Jeune.

LA REINE M™« Madeleine Brohan.

ABIGAIL Emilie Dubois.

LA DUCHESSE Ramelli.

ÎTordeus.

Barretta,

En 1866, l'arrivée de l'Empereur et de l'Impératrice à Compiègne eut lieu le mardi 13 novembre.Gomme d'habitude la voiture était escortée par des Gent-Gardes en grande tenue dont le brillant uniforme, habit bleu-ciel à parements et collet écarlate, aiguillettes or et soie, culotte en peau de daim, casque et cuirasse d'acier bruni, est resté dans mon souvenir comme un des mille motifs de la mi e en scène du temps.

Le dimanche 18, le Théâtre- Français joua le Verre (Veau et la représentation fut très satisfaisante, un peu froide pourtant. 11 y a longtemps que j'ai fait cette remarque sur le Verre (Teau qui fut représenté pour la première fois le 17 novembre 1840. c'est que les entrées et les sorties

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se font dans les appartements et même dans le boudoir de la reine avec une singulière facilité. La vraisemblance laisse trop à désirer sur ce point et, quoique la pièce repose sur un fait historique, rien ne ressemble moins à ce que la cour d'Angleterre était sous le règne de la reine Anne, au commencement du dix-huitième siècle, que le tableau que nous en présente l'auteur du Verre d'eau. Cette remarque venait à propos ce soir-là et n'a pas manqué d'être faite dans la loge impériale où l'on a dû se dire : « Mais on n'entre pas n ainsi, par les portes du fond et de côté, sans » même frapper, dans les appartements de l'Em- » pereur et de l'Impératrice ». Il n'est guère de pièces historiques par le sujet qui le soient moins par la peinture des mœurs et l'absence complète de couleur locale. Ce qui n'empêche pas le Verre d'eau d'être une très agréable comédie qui, dans une suite de revirements ingénieux et inattendus, met en lumière la prodigieuse habileté de Scribe. N'oublions pas d'ailleurs que pour lui, l'invraisemblance, c'est le succès. Elle compose l'élément essentiel de son répertoire dont les deux tiers au

moins n'existent que par elle. Scribe se jetait souvent, tête baissée, dans l'impossible et savait mieux que personne en sortir. C'était là un de ses nombreux mérites.

La première série des invités assistait à cette représentation et la loge impériale était occupée par le prince et la princesse Lucien Murât, M. Mon , ambassadeur d'Espagne, M. de Vuitry, président du Conseil d'Etat, les ministres Rouher, Fould, Vaillant, Chasseloup-Laubat, l'amiral Rigault de Genouilly, les députés de l'Oise, Barillon, de Corberon et de Plancy.

Les maréchaux Canrobert, Mac-Mahon, Barraguay d'Hilliers, Forey,Niel, Regnault-Saint-Jeand'Angely.

Les généraux Bourbaki, Frossard, Montauban, Trochu, Allard, Lebrun, Morin, de la Martinière.

Le colonel comte d'Andlau et la comtesse

d'Andlau, le marquis et la marquise Arthur de

l'Aigle, M. Heurtier, Ch. Abbatucci, Jamin, De-

launay, etc.

IT'f LE TllÉATIlli: DE LA COUU A COMI'IEGM-:

Quelques jours auparavant, la Sainte-Eugénie avait été fêtée au Palais et je retrouve cette note dans la Gazette des Etrangers : « La veille de la » fête de Sainte-Eugénie, il est arrivé de Paris cent » cinquante caisses contenant des bouquets pour >> l'Impératrice, bouquets offerts par les invités, » par les ministres, par la diplomatie, par la garde » impériale, etc.: quelques-uns de ces bouquets, » remarquables par leur dimension non moins » que par la rareté des fleurs, n'auraient pas » coûté moins de 400 fr. ».

On joua aussi dans les appartements un proverbe d'Octave Feuillet, /es Portraits de la Marquise. Le rôle principal était tenu par l'Impératrice et l'un des personnages de la pièce par le comte d'Andlau. Il était très bien en Cour et comptait parmi les plus favorisés. On lui eût fait injure en ce temps-là en doutant de son dévouement pour l'Empereur. Après nos désastres, en 1872, je crois, il publia un livre — Metz.., — qui fit beaucoup de bruit et le plaça à un très bon rang

parmi les ennemis de l'Empire. Puis en 1876, il se présenta comme candidat républicain aux élections sénatoriales avec les plus belles professions de foi du monde et fut élu. Sans doute il ne serait pas permis aujourd'hui de douter de son dévouement pour la République, mais en vérité, pour agir ainsi, il lui a fallu beaucoup oublier.

PALAIS DE COMPIÈGNE

Spectacle du Lundi 26 novembre 1866

THÉÂTRE IMPÉRIAL DE L'ODÉON

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