LES PLAIDEURS
Comédie en trois actes, en vers, de Racine.
L'INTIMÉ MM. Régnier.
PERRIN-DANDIN Provost.
PETIT-JEAN GoT.
LÉANDRE Delaunay.
LE SOUFFLEUR Coquelin.
CHICANNEAU Barré.
LABRIE Tronchet.
ISABELLE Mme» E. Dubois.
La Comtesse DE PIMBESCHE , . . Jouassain.
Le vendredi 1" décembre le Théâtre-Français vint en représentation avec un petit acte ^i^ Printemps et les Plaideurs. L'interprétation de cette charmante comédie fut réellement ce qu'on peut s'imaginer de plus parfait et j'ai conservé un vif souvenir du plaisir extrême qu'elle m'a causé. Il suffit de nommer les excellents comédiens qui composaient l'ensemble le plus rare, Provost, Delaunay, Got, Régnier, Goquelin, Barré ; Mesdames Jouassain et Emilie Dubois. Mais c'est Provost — Perrin Dandin — que j'ai le plus admiré. Je l'entends encore parler d'une façon tranquille, naturelle, sans jamais chercher l'effet et ne l'en obtenant que plus. Et quel beau portrait du temps, tête, costume, attitude, présentait à nos yeux ce vieux juge du xvn« siècle ! Rien aussi de plus doux, de plus caressant à l'oreille que les vers de
Racine dits par Delaunay, d'une suprême élégance dans le rôle de Léandre. Enfin comment oublier Got dans Petit-Jean, Régnier dans l'Intimé, Coquelin dans le souffleur, et l'aimable Emilie Dubois — Isabelle — qui a laissé au Théûtre-Français de si gracieux souvenirs ?
C'était la troisième série d'invités qui assistait à cette représentation et je citerai les noms suivants : Lord Gowlay, ambassadeur d'Angleterre et lady Gowlay, le comte de Goltz, ambassadeur de Prusse, le baron de Budberg, ambassadeur de Russie, le maréchal Mac-Mahon, MM. Fould, Ghaix-d'Est-Ange, Delapalme, M. et madame Emile Pereire, le duc de la Force, le comte de la Bédoyère, le marquis d'Havrincourt, le général Mollard, le marquis d'Abzac, le commandant Stoffel, MM. J. Tolstoy, de Mornay, Husson, Pasteur, Longet, Alphand, Théodore Rousseau, Paul Dubois, Paul Baudry, Jules Sandeau, etc.
Il n'y eut plus de spectacle jusqu'à la fin du
séjour qui eut lieu le 16 décembre. Le Gymnase devait donner, le 10, Renaudin de Caen, les Révoltées Qila Partie de Piquet. Mais en même temps que les acteurs arrivaient par le train de trois heures, on apprenait au Palais la mort du roi des Belges et il y eut contre-ordre. Une collation fut offerte aux acteurs qui reprirent le train de 7 h 1/2.
Spectacle du Dimanche 18 novembre 1866 THÉÂTRE FRANÇAIS
LES COMÉDIENS ORDINAIRES DE L'EMPEREIR JOUERONT
LE