LE DUC JOB
Comédie en quatre actes, en prose, de M. Léos Laya.
JEAN DE RIEUX MM. GoT.
LE MARQUIS TalboT.
GUÉRIN GOQUELIN.
PACCAUD Eugène Provost.
M. LEBRUN ChÉUY.
DAVID Barré.
VALETTE Garraud.
ACHILLE Masset.
Madame DAVID M^es Nathalie.
EMMA . EMILIE Dubois.
En 1868, l'Empereur, l'Impératrice et le Prince Impérial arrivèrent à Gompiègne le jeudi 5 novembre et y prolongèrent leur séjour jusqu'au jeudi 17 décembre. Il y eut quatre séries d'invités et quatre spectacles donnés par le Théâtre-Français, le théâtre de Cluny, le Gymnase et le Vaudeville.
J'aurai peu à dire de ces quatre représentations et je remplirai la place qu'elles auraient occupée en ajoutant quelques détails à ceux que j'ai fournis déjà sur ce qui se passait au Palais de Gompiègne, en dehors du théâtre pendant les séjours de la Gour. Ges détails sont d'ailleurs fort incomplets. Je n'ai pas la moindre prétention de remplir ici le rôle d'historiographe, et pourtant avec tout ce monde d'invités la partie monographique était une mine bonne à exploiter. Mais je ne voyais pas les choses d'assez près pour en tirer des observations
IfiS LE THÉÂTRE DE LA COUR A COMPIÉGNE
prêtant au développement et d'une portée plus ou moins étendue. Je comprends, à regret, qu'il y aurait eu mieux à faire pour intéresser les lecteurs qui n'ont pas de parti-pris et laissent avec infiniment de raison, selon moi, toute passion politique de côté, quand on fait avec l'accent de la vérité, sans flatterie comme sans dénigrement, un appel de bon aloi à leur curiosité.
Voici les noms de quelques-uns des invités de la première série : le prince Murât, l'amiral Bruat, madame et mademoiselle Bruat, le maréchal et la maréchale Canrobert, la duchesse de Malakoff, J'amiral Rigault de Genouilly, M. et madame Forcade de la Roquette, M. Rouland, M. et madame Vandal, M. Magne, les généraux du Barrail, Mollard et Malherbe, MM. Sainte-Claire-Deville, Jolibois, Emile Belessert, Gustave Doré, Henri Rivière, Paul Féval, Guilloutet, Jules Sandeau, etc..
Il est à remarquer que le nombre des invités avait beaucoup augmenté. Il y en avait cette fois plus de quatre-vingts. Ces invitations étaient na-
PENDAiNT LE RÈGNE DE NAPOLÉON III 189
turellement très recherchées. L'Empereur et l'Impératrice, avec la meilleure volonté du monde et toute la bonne grâce possible, devaient faire encore bien des mécontents.
Mardi» 10 novembre, le Duc Job. — C'était la seconde fois que le Duc /oô était représenté à Gompiègne et cette fois avec un désavantage marqué sur la première. Provost était remplacé dans le rôle du marquis de Rieux par Talbot, comédien zélé, mais médiocre, et la pièce souffrait beaucoup de ce changement. Quelle différence en effet et combien il m'était impossible de retrouver là les souvenirs que m'avait laissés la représentation du 24 novembre 1859!
Dans la saison avancée où avaient lieu les séjours de la Cour, les jours de pluie étaient fréquents et ces jours-là on venait beaucoup à la Bibliothèque du Palais. J'en veux dire un mot. Elle est très richement installée et compte environ 24,000 vo-
190 LE TnÉATRE DE LA COUR A COMPIÉGNE
lûmes. Elle avait alors pour bibliothécaire un érudit des plus aimables, M. Pellassy de l'Ousle. On empruntait des livres : c'étaient des romans, des pièces de théâtre, une ressource quand il faisait mauvais temps. De plus, le matin vers dix heures, un certain nombre d'invités y venaient lire les journaux et causer jusqu'à Theure du déjeuner. J'ai remplacé quelquefois pour plusieurs jours mon excellent ami, M. Pellassy de l'Ousle, que la goutte retenait dans son appartement. Je prêtais des livres et les inscrivais en demandant à l'emprunteur son nom que je laissais en blanc quand un prince russe ou un baron allemand m'en donnait un d'une orthographe impossible.
PALAIS DE GOMPIÉGNE
Spectacle du Dimanche 22 novembre 1868.