‹ Le théâtre à côté;Chapitre 21 sur 36 · n ÏIIÉÀTIIE Lvi{iui:t · texte numérisé non relu

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Et T/u'rmidor, la pièce de M. Sardou, dont l'interdiction causa environ à la Comédie Française une perte sèche de t/cHd- cent mille francs (et pourquoi?), veut-on savoir les dépenses qu'elle coûta?

Les voici :

Costumes, pour les confectionneurs,! ,0 1 1 fr., pour les ateliers, 7,830 fr. 70; coiffures et clieveux, 4,49 1 fr. DO; chaussures, 8,55^2 fr.^25; bonneterie, 1,506 fr. 50; armes, 910; bijoux, i^9; ceintures et gants, 783 fr. 50 ; dessins, 1,843 fr. 50. Total : 22,174 fr. 35.

Décors, peinture 15,020 fr. 30; bois, menuiserie, 3,304 fr. 05; toile 4,250. Total : 22,581 fr. 75.

Candélabres,lampes, 035 fr. 70; partition 8; serrurerie, 202; lleurs, 835 fr. 50; meubles, 1,482.

Total général : 47,978 fr. 55. Il faut y ajouter les frais de figuration aux répétitions et représentations, soit environ 4,000 francs.

Notons un détail touchant : c'estMmeClaretie, la mère de l'administrateur général,

D'après photographii- ^'n Bosch

TllhUMU'un

(4" acte. — j

DOU, A LA L: n.\lhlUK-FK AXTAiSK.

Conciergerie.)

ET UN THÉÂTRE FRAN(.:AIS l'OPULAlKES. "203

morte dernièrement, qui avait peint les bols et les assiettes en faïence, dans le style révolutionnaire, dont on se servait au déjeuner du deuxième acte.

Dans le Théâtre-Français populaire, nous n'aurons pas de spectres en or. Du carton et du paillon, simplement.

LE RÉPERTOI RE

De même que l'existence d'un théâtre de musique populaire ne peut être assurée que, par un répertoire sérieux, il faut que le Théâtre-Français populaire ait, lui aussi, son répertoire. Ici, on n'a que l'embarras du choix.

Il semble que le répertoire purement classique devra être laissé de côté : le Théâtre- Français et rOdéon le mettent en œuvre, et fort bien. Il n'y apas à aller sur leurs brisées. Mais, après le répertoire classique, il existe une quantité de pièces remarquables qu'on ne voitplus jouer à Paris, dont on reprend l'une ou l'autre, d'année en année, sur une scène

:204 UN THÉÂTRE LVIUgili

quelconque : ces œuvres pourraient constituer le répertoire voulu du Théâtre-Français populaire. Entre deux pièces de ce répertoire serait jouée une pièce nouvelle, l'œuvre d'un jeune, et c'est ainsi que les auteurs nouveaux trouveraient encore au Théâtre-Français populaire un débouché sérieux, important. Un théâtre populaire réservé aux jeunes seulement ne réussirait pas : les jeunes, pour arriver, doivent s'appuyer sur les anciens.

Voici donc, presque au hasard et sans re- ^ cherches spéciales, uncpremièrelisted'œuvres — drame et comédie — qui pourraient constituer le répertoire du Théâtre-Français populaire. Il en est parmi celles que nous allons citer un certain nombre que les théâtres de province un peu sérieux qui existent encore jouent quelquefois : les Parisiens ne les entendent jamais ou presque jamais.

Alfred de Vigny : la Maréchale iC Ancre. Casimir Delavigne : Don Juan d'Autriche, les Enfants d'Edouard, Louis XI.

Lebrun : Marie Stuart.

Victor Hugo : Angelo, Marie Tudor, Lucrèce Boryia.

George Sand : Claudie,Maiiprat, les Beaux Mesaieurs de Bols-Doré.

Alexandre Dumas père : Richard Dariington, la Tour de Nesk,Antony,îe Comte Hermann,le Chevalier d'Harmcnlal.

Frédéric Soulié : la Closerie des (jcnêts, Diane de Chivry, Clotilde.

Scribe : la Camaraderie, Bertrand et Raton, la Calomnie, le Verre d'eau.

Balzac : Vautrin, la Marâtre.

Paul Meurice : Benvenuto Cellini.

Lacroix : Macbeth, le Roi Lear.

Ponsard : Lucrèce, la Bourse, Charlotte Cordai/.

Louis Bouilhet : Hélène, Faustine.

A. Rolland : l'Usurier de village. Nos Ancêtres.

Octave Feuillet : Montjoie, Un Drame parisien', le Roman d'un jeune homme pauvre, Dalila.

Emile Augier : la Contagion, Lions et Renards, Madame Caverlet, Un Beau Mariage, Jean de Thommeray.

Alexandre Dumas fils : la Question d'argent, Diane de Lys, l'Affaire Clemenceau, les Idées de Madame Aubray, etc.

Victorien Sardou : les Vieux Garçons, Nos bons cillageois, Maison Neuve, l'Oncle Sam, Ferréol, les Diables noirs, les Ganaches, les Femmes fortes, la Fandlle Benoit on, etc.

Edouard Pailleron : les Faux Ménages.

De Concourt : Germinie Lacerteux, Hélène Maréchal.

Emile Zola : l'Assommoir^ Germinal, Pot-Bouille.

Jules Clarctie : les Muscadins^ Monsieur le Ministre, le Beau Solignac.

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Alphonse Daudet : Jdck, Fromont jeune el Rialer a'inc. Henri Bec(|ue : les Corbeaux, etc., etc.

On pourrait même faire une incursion vers le drame pur, avec les noms suivants :

Anicet Bourgeois : lu Duuie de Suint-Tropcz. D'Ennery et Cli. Edmond : FAieule.

D'Ennery et Cormon : les Deux Orphelines, Une Cause célèbre.

Ferdinand Dugué : Salralor Rosa.

A. Maquet : le Comte de Lnvernie.

M. Fournier : Paillasse, E. Plouvier : COutraye, iWmjede Minuit.

Tli, Barrière : le Crime de Faverne, le Sucrili'ge. Mallefille : les Mères repenties.

Brisebarre et Nus : Rose Bernard, Léonard, etc., etc.

Il est certain, il est sur qu'avec cette liste, déjà longue, qui pourrait être doublée, triplée, on pourrait arriver à constituer un répertoire considérable pour le Théâtre-Français populaire.

Nous avons, de parti pris, éloigné un certain nombre d'œuvres qui devraient y figurer, mais pour lesquelles les frais de mise en scène seraient trop élevés, car nous voulons

que le théâtre que nous demandons soit un théâtre bon marché.

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