LA MISE EN SCÈNE
Et surtout, pas de frais de mise en scène ! Des décors simples. Car dans les théâtres de comédie ou de drame, les frais de la mise en scène ont augmenté jusqu'à l'exagération, comme dans les théâtres de musique.
Voici quelques détails, à ce propos, assez curieux :
Dans la séance du 21 septembre 1832, le comité de la Comédie note ce qui suit :
(( La dépense occasionnée par la mise en scène de le lî/ii s'atinisc est autorisée jusqu'à concurrence d'une somme de 3,18.1 francs. »
•JOO UN TllÉÂTHE LYRIQUE
Lorsque M. Perrin reprend Ir Boi s'amifsc, la dépense s'élève à 69,144 fr. 20. Les costumes coûtent 35,800 francs; les décors, 27,767 francs; les lustres seuls, 2,818 francs.
Le 27 mars 1840, « une somme de 30 francs est ordonnancée par le comité pour l'achat d'un rouet en acajou nécessaire à la mise en scène de Cosima » (de George Sand).
Dans la même séance, le comité arrête à la somme de 267 fr. 60 l'état de la dépense nécessaire à la remise du Bot/yf/cois gciid/honniie.
Et ce même Boiirtjeois i/ei/fH/ionm/c coûte en 1889, 15,998 fr. 90 à remonter. Costumes : 14,762 francs; retouches aux décors, 781 francs et 232 francs d'accessoires.
Hcniaiii, qui avait été monté à peu de frais, coûte 31 ,936 fr. 35 quand on le reprend il la fin de l'Empire. Encore se sert-on de quelques décors de la création. L'entretien d'IIcniaiii coûte, un an après sa reprise, 7,000 francs, soitprèsdu double de la somme dépensée lors de la création.
ET UN THÉÂTRE KP.VNCAIS POPULAIRES. -iOl
Lorsqu'on }oua Ih'uri m et sa cour poiiu la première fois, les costumes d'une pièce maintenant ignorée, le Béarnais^ furent mis à contribution.
La pièce qui a coûté le plus d'argent à monter à la Comédie-Française, dans ces dernières années, c'est Hamlet. La scène n'était pas aménagée pour les changements à vue, il fallut exécuter dans les dessous des travaux spéciaux. M. Perrin avait commandé les décors, sauf deux. M. Glaretie fit exécuter les autres, ainsi que tous les costumes, dessinés par M. Bianchini, sauf ceux du roi et des pages, dessinés par M. Thomas.
La dépense d'Haiidet s'éleva à 84,463 fr. ^0. Les costumes coûtèrent, 48,494 francs. Le seul manteau du roi et la robe avec cabochons, pierreries, etc., valaient 7,000 francs. Les épées et armures ont coûté 5,159 fr. 75; les bijoux, 5,89(3 fr. 90.
Chaque costume de page valait 654 francs. « C'est un spectre en or, (jue nous montrons au public », disait M. Got.