CE NE TEST PAS
En attendant le Grand CYRVS, de Monfieur QVINAVLT Deflfences aux Soldats d'y entrer fur peine de la vie. C'eft à l'Holtel de Bourgogne, à deux heures précises. M
Le Feint Alcibiadc, tragi-comédies de Quinaull, l'ut représenté eu 16o6. et le Grand Ci/j'us, tragédie du même, qu'on voit annoncée ici, parut à la scène trois ans plus tard, en \Qo9. Cette dernière était tirée du roman de M"'' de Scudéry qui portail le môme litre, et l'on sait que Boileau, dans le « dialogue à la manière de Lucien « qu'il intitule /('.s- llérns dr roman, ne se gène pas pour accabler de ses sarcasmes et de ses railleries tout à la fois M"'' de Scudéry. ses deux romans de CU'Iic et du Grand Cyrus et la tragédie de Quinaull, lequel ne trouva jamais grâce devant lui. Les comédiens de l'Hôtel de Bourgogne, auxquels ce dernier confiait ses ouvrages, prenaient celte fois, ou l'a vu, la qualification de « troupe royale, » et en effet ils avaient reçu ce litre de Louis XIV, qui y avait joint une pension, —
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uons dirions aujourd'hui une subvention. Tout porte à croire que cette seconde affiche date de 16o9, puisque c'est, nous l'avons dit, l'année de l'apparition du Grand Ci/rus [It.
Celte affiche, et celle reproduite plus haut, nous donnent des renseignements précis sur certaines coutumes théâtrales de ces temps éloignés. La première nous apprend que le prix des places à l'Hôtel de Bourgogne était alors d'un demi-teston, et il semble que ce prix ait été uniforme, puisqu'aucun autre n'est mentionné. Et nous voyons, par la seconde, que le spectacle commençait à deux heures précises, et que l'entrée du théâtre était interdite aux soldats de la façon la plus absolue, puisqu'il y allait pour eux de la vie. Par de tels documents ces points sont fixés d'une façon certaine.
Si nous redescendons maintenant au rez-de-chaussée du palais, pour nous retrouver non point à l'exposition théâtrale proprement dite, mais dans la petite salb' voisine où nous avons pu prendre connaissance de quelques autographes, nous rencontrerons encore une affiche, celle-ci plus jeune que les précédentes, et provenant cette fois directement de la Comédie-Française. Les comédiens ici se dispensent de donner, à l'instar de leurs devanciers, leur opiuiou favorable sur les ouvrages représentés par eux; ils se bornent à les annoncer. La rédaction de l'atTiche est familière d'ailleurs, car on y peut remarquer certaines abréviations typographiques, qui ne seraient plus de mise aujourd'hui :
LES Comédiens
OHDIXAIHKS DU KOI donneront aujourd'hui dimanche 31 janvier 1779,
L \\ .\r»K, corntWJie en o actes de Molirrr, suivie de la
Mi:tam()|{imiosk amouheuse,
Comédie en un acte, avec un divertissem. (Ju prcnJra six liv. eti-. Demain, la dix-nenvu'nv représentation
dCKiiipe cm:/ Admiti:,
lra^»''(li(' nouvelle, suivie i»i. 1 A\1AM li(Jl lUUJ. Eu ail. LM Mi;«iEs rivalks, pièce nouv. en un acte, ou v^rs.
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Quin.iult. On voit pourUnl qu'il fut a; •OUI celui : It Grand Cynu.
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qu'il dut âtrt; joué d'ahoriJ
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Celte alFiche est de 1779. On n'a pu, ni'a-l-ou dit, malgré toutes les recherches, eu découvrir uue de la Comédie-Française qui portât la date de 1781). Dans cette môme salle s'en trouve encore une autre du théâtre des Beaujolais, annoD(;ant, au 23 mai 1785, la neuvième représentation d'une pièce hurlesque portant ce titre adViolant: Grippe-Ciboule et lirùlc-Bui/aux. Mais il eu est d'un autre genre, celles-ci essenticllemcnl modernes, (jue je m'en voudrais de passer sous silence. Je veux parler des afliches illustrées, et en couleur, qui bariolent et égaioul d'une l'aeon parfois si charmante les murs de notre bonne ville de Paris, et i[u\ sont souvent l'œuvre d'artistes de premier ordre, tels (juc l'excellent peintre Jules Chéret, ([ui s'est fait en ci> s^enre spécial une léi;;itime renommée et dont les produits sont si ardemment recherchés par certains amateurs avisés (1). L'exposition de r« histoire de l'afliche » en offrait au public quelques spécimens tout particulièrement intéressants, et qu'il serait injuste de ne pas rappeler. Celle de /'Assommoir, de M. Léon Sault, est un peu vulgaire, mais curieuse, surtout parce qu'elle présente les portraits des principaux acteurs de la pièce ; celle du Cid. de.M.Clairin. est un vrai bijou ; celle ùHainlcl, qui porte le nom du regretté Alphonse de Neuville, est superl)e ; celle de Don César de Bazan, la dernière qu'ait signée Célestin Nanteuil, est un pur chef-d'œuvre, que j'ai reproduit moi-même dans mon iJic/ionnaire du théâtre; à signaler encore celles de Tliéodora. de M. Auguste Gorguet, et du Droit du Seii/iieiir, de M. Chéret.
l'Ai dehors do celles des allichos de ce genic qui sont destinées à attiier l'attention du public sur telle ou tel!(> pièce en vogue, il y a celles ([ui ont pour but de lui signaler tel théâtre ou tel établissement de plaisir : cirque, café-concert, bal public, etc. Ici encore, nous trouvons (juchiucs heureux échantillons. Ce sont d'abord les alTiches du Cirijoe Fernando et de l'Alcazar d'Hiver, de M. Léon Choubrae; celle du Prado, qui porte le nom de Gauche; puis celles du Concert des Ambassadeurs et du Spectacle-promenade de l'Horloge,
(1 ) Plusieurs collectionneurs se sont i)arliculièrumenl allacliés aux atliches illnslrres, tlonl il se sont fait des ciillcclions superbes. Je signalerai tout particulièremont celles de M. Mainilnm, qui en a fait l'objet d'un livre curieux et inti^ressant : les Affichée illustrées, et à qui i'o histoire de l'afliche » du Cliarap de Mars doit une grande partie de son intérêt; de mon excellent roiifrère John (Îrand-Carteret, l'auteur de la Caricaluw en France et de la Caricature en Allemagne; de M. Dessoliers, 1 un des collaborateurs de la librairie Firmin-Didot ; de M. Lépine, l'architecte bien connu; de M Jules Adeline, de liouen, (jui a publit' dans le Journal des Arts une très curieuse série d'articles sur les afliches illustrées étrangères ; de M. Gustave Hourcard, de Nantes, qui, au mois de novembre dernier, a fait en celte ville une exposition très remarquée de sa collection ; etc.
qui sont anonymes ; enfin les suivantes, qui n'auraient pas besoin de la signature Chéret. tant elles portent la marque de cet artiste si étonnamment fantaisiste, si original et si distingué : Athénée-Comique. Folies-Bergère, Hippodrome, Tivoli-^Vauxhall, Valentino et Tertullia. Celte dernière se fait surtout remarquer par la manière ingénieuse dont le dessinateur y a introiluil le portrait de Paul Legrand, le célèbre Pierrot, dont la physionomie si spirituelle est d'une ressemblance frappante (Ii.
Mais j'ai hâte maintenant, à propos d'affiches, de retourner à la rotonde, où nous appellent celles du fameux théâtre Séraphin, disparu depuis vingt ans, après avoir pendant près d'un siècle diverti tant de générations d'enfants. Grâce à un amateur intelligent, qui a ou la bonne idée de recueillir les épaves de ce Ihéàtricule justement célèbre, nous allons pouvoir nouer ample connaissance avec lui et ra[ipeler son souvenir avec plus de précision qu'on ne l'a fait jusqu'ici.
(1) M. Chéret, qui a renouvelé, et Von pourrait presque dire inventé, tant il y a mis de talent, d'initiative et de personnalité, cet art si original et si charmant de i'alliche illustrée, a organisé au mois de décembre dernier, dans les paieries ilu gentil petit Théâtre d'application de la rue Saint-Lazare, dirigé par M. Huilinier, une exposition de ses œuvres en ce genre. Il y avait là près de deu.v cents affiches, les unes dans leur état naturel, \cs autres en réductions charmantes, avec les dessins originaux df quelques-unes des plus remanjualdes. L'essai était nouveau, et l'on peut dire qu'il a réussi au delà morne de toute attente. C'était un vrai r-gal pour l'esprit et pour les yeux que cotte réunion exquise de grandes imaf;es coloriées, et l'impression qui on ri^sultait était d'un caractère encore inconnu.