‹ Le théâtrè a la maison. Illustrations d'Amédée LynenChapitre 29 sur 65 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

(Elles rentrent chez elles.)

UN HOMME vient de la gauche, par le grand chemin qui est au fond de la place. Il est exténué et marche avec grande difficulté. Ses habits d'ouvrier sont poussiéreux. Il s'appuie sur un bâton ; il est nu-tête ; il porte son chapeau à la main.

l'homme.

Je n'en puis plus ; je voudrais m'asseoir et dormir

Un moment... Je Suis à bout de forces. (Il descend lentement.) Ah ! Voilà au moins de l'eau ! (Il monte les degrés de la fontaine et boit dans le creux de ses mains, longuement.) Ah ! quel bien

cela fait !... Si maintenant j'avais un chiquet de pain... Mais je n'ai plus un sou, plus un centime. Il faudra donc mendier... Sinon, je n'arriverai jamais, et mon pauvre père qui va mourir. Ah ! c'est trop bête d'avoir de la honte dans des moments pareils! Tendre la main quand on a faim, ce n'est pas un crime...

(Il est au milieu de la scène; il s'appuie sur son bâton, comme un vieillard.)

Je suis à bout de forces... Je n'ai pas le courage de demander... Si je pouvais dormir pendant une heure!... (il regarde autour de lui.) Ça me ferait tant de bien!... Marcher depuis hier matin, et toute la nuit, et toute cette matinée, c'est trop... Une heure de repos, sans cela je tomberai sur la route et ne me relèverai plus... Ah!

SUr Ces marches... (Il s'assied, lentement, puis se laisse aller en arrière et se couvre le visage avec son chapeau.) Là ! . . . Dans Une heure

je me remettrai en route.

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