‹ Le théâtrè a la maison. Illustrations d'Amédée LynenChapitre 41 sur 65 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

LES MÊMES, MARIE, un sac de toile à la main. MARIE.

Vlà les trois cents francs, m' chéries... Dites à vot' maman qu'elle me les rindra quand elle pourra.

ONCLE PIERRE

Reportez ça à votre chambre... Elles n'ont plus besoin de rien... Elles ont ce qu'il leur faut... parfaitement.

MARIE, stupéfaite.

Et vous disiez que vous n'aviez pas d'argent à la maison !

ONCLE PIERRE

Je dis ce qui me plaît et je fais ce que je veux, parfaitement, entendez- vous ? C'est moi le maître, et il ne me convient pas que vous prêtiez de l'argent à mon neveu. Reportez ce sac d'où il vient... parfaitement.

i24 LE THEATRE A LA MAISON

MARIE, défiante.

Avez- vous donné assez, au moins?

(Elle pose son sac sur la table et regarde les billets de banque.) ONCLE PIERRE.

Eh! puisque vous ne savez pas lire!... Oui, qu'il y

a assez!... (Il prend les billets, les déplie et compte.) Un, deux,

trois, quatre de cent francs ; deux de cinquante ; un de vingt: cinq cent vingt francs, parfaitement. (Se calmant subitement.) Tant que ça ! C'est trop!... Je vais leur donner cent francs...

MARIE, résolue.

Alors, elles prendront mon sac...

ONCLE PIERRE, se fâchant.

Rien du tout... Tenez, voilà les trois cents francs. Il faut bien que je garde quelque chose à la maison... (On frappe à la porte d'entrée.) Quelqu'un, Marie. . . Vite, cachez tout ça: il ne faut pas attirer les voleurs... (Marie met son

sac sur le bahut, derrière des p>teries; l'oncle empoche ses billets.) Là,

parfaitement! allez voir maintenant qui frappe.

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