SCENE II MADAME DUFRENAY, DUFRENAY
(Pendant que les enfants quittent le salon, Dufrenay entre par la porte de la salle à manger.)
DUFRENAY.
Je te cherche. La poste vient de m'apporter ce billet. Y comprends-tu quelque chose?
MADAME DUFRENAY, lisant.
« Mon cher Dufrenay, ne perds pas un moment :
cours chez le banquier Petterman. Il sera peut-être
encore temps!
» A toi, ton ami,
r> Jean Berleur. »
DUFRENAY.
Encore temps de quoi faire?
MADAME DUFRENAY.
Je n'y comprends pas plus que toi, Il faut y aller. Nous ne dînons qu'à cinq heures; il en est trois à peine. Va vite.
DUFRENAY.
Ce billet-là m'a donné froid dans le dos.
MADAME DUFRENAY.
Ne t'alarme pas d'avance. M. Petterman a soixante ans et il a été honnête depuis trente-cinq ans... Je ne sais que te dire; vas-y tout de suite.
DUFRENAY.
Tu as raison ; je ne fais qu'une course. (n sort.)