SCÈNE VI Les Mêmes, moins JEANNETTE
Moment de silence embarrassant.
CLÉMENCE
Vraiment, mademoiselle Joséphine, vous avez été un peu dure pour Jeannette. Elle n'a pas ça à se reprocher.
MADAME BALLUT.
• Comment, une impertinente, qui se mêle de vouloir corriger mon fils et de me donner des conseils.
MADAME MAUREL
Ah! écoutez donc...
JOSÉPHINE
Elle m'a manqué; elle devait me laisser faire.
CLÉMENCE
Mais c'est parce que vous ne faisiez rien...
MADAME BALLUT.
Et qu'est-ce que ma cousine devait faire, s'il vous plaît, mademoiselle?
CLÉMENCE
Mais... c'est bien facile... Mettre à sa place ce garnement-là, ce petit hypocrite, qui n'est content que quand il peut tourmenter bêtes ou gens... Regardez-le, avec son air en dessous, s'il ne vous ferait pas tourner le sang!...
MADAME BALLUT, furieuse.
Ma cousine, vous laissez dire... mademoiselle...
JOSÉPHINE
Écoutez, vous m'ennuyez, toutes; j'en ai jusque pardessus la tête. Que celles qui ne sont pas contentes le disent, voilà! Tous les jeudis, c'est à recommencer, une querelle pour l'une ou l'autre chose...
CLÉMENCE
A cause de ce petit morveux-là...
MADAME BALLUT.
Cest trop fort!... Je m'en" vais... J'aime mieux m'en aller, j'en dirais trop !... Il fera chaud quand on me reverra dans cette baraque... Venez, Théophile. (Eiieie
bouscule et le pousse devant elle.) Marchez, OU VOUS aurez
affaire à moi... Oui, une baraque... avec des saltimbanques dedans... Allons, plus vite que ça... vaurien!
CLÉMENCE
Vaurien!... Ce n'est pas moi qui l'ai dit...
MADAME BALLUT, en sortant.
Tenez, voilà le cas que je fais de vos paroles.
(Elle fait claquer ses doigts et sort.) JOSÉPHINE.
Mais enfin, ma cousine...
MADAME BALLUT, revenant.
Une vraie baraque...
(Elle fait une révérence ironique et disparaît.)