‹ Le théâtre à Montréal [microforme]Chapitre 13 sur 57 · TES · texte numérisé non relu

TES

Divorçons

Victorien Sardou

A l'autre Corinne.

Du Sardou ? Qui en désire? on en à imis partout.

Les magazines, les gazettes théâtrales, les Journaux a grand et petit tirage de France et d'Amérique, nous ont tour à tour offert un plat tourné à la « Viclorien ». Cest le plus grand thaumaturge industriel qui existe sous le seleil, celui qui a l'échine la plus souple, Drôle avec les farceurs, féroce et brutal, cruel et cynique, cruel et immoral en même temps, contempteur de la vérité, battant la monnaie juive, il se plie avec la plus grande condescendance aux fantaisies de sa clientèle, Trouvez là le secret de son immense vogue. EU puis, après, vous n’attendez pas que je lui nie le

talent ; il en à énormément, à jeter par les fenêtres. Du Sardou? Que diable, cela n’est pas tout à fait

y LE THEATRE A MONTREAL

oo

neuf ici, Il nous souvient d'avoir vu, à laltiche dun Théâtre National, pendant trois semaines conséeli- Lives, l'annonce de ses plus fameuses pièces, eL entre autres, de cette « Toseas immorale on ne peut plus. où se déploie une férocité païenne si intense que les autorités civiles seraient louables d'en interdire la représentation à Pavenir,

Divoreons, c'est drôle jusqu'à demain, et l’année prochaine, « C'est l'éclat de rire », mais en v regardant de près, cela frise la wrivoiserie el nous avons entendu l'énoncé de certaines théories modernes et anciennes — le goût du divorce est vieux comme la terre — qui, si elles étaient mises en honneur, causeraient Panarchie dans la famille.

Nos jeunes commis, fringants, bouche bée, riant jusqu'aux larmes, ont fort goûté le diner « très poivré »de M. des Prunelles, On dirai: vraiment qu'ils se paient ce luxe-là tous les jours, Nos dentistes, l'aur énamouré, les veux perdus dans le vague, se léchaient les doigts jusqu'à la paume, Mon Dieu quelle dépense de vains et stériles désirs !

Divorcons, est, en fin de compte, une satire contre le divorce, I avait bien, tout d'abord, failli en être la glorification, Sardou, suivant son principe favori, contente tout le monde... et son père, au début les partisans du divorce et à la fin le bloc des maris

solides. Cvprienne des Prunelles a sur le mariage un

a RRsssmracaanté sms vu oo crc pétité

ter inc tn PR Ati enaun aber

Hdi:

DIVORCONS a

DRE ne mr ua =

stock d'idées subversives cu'elle à puisées probablement dans George Sand et Paul Margueritte, Elle se lance, un jour, contre cette institution, dans une charge trop habilement concertée pour ne pas séduire les esprits qui ne jurent que par le théâtre où par le roman à la mode, Ah mais non, par exemple, il ne faut pas S'emballer de la sorte, Rien ne serait plus insensé que de vouloir éclairer, diriger et conduire sa destinée à la Tueur de la rampe. Ah ! non. riez tant que vous voudrez, vous l'ami qui me tombiez sur les nerfs l'autre soir, riez à n'en plus finir, mais gardezvous de lâcher femme... espère qu'elle pourra vous corriger de votre truculence, et si vous l'amenez quelquefois au théâtre, elle vous fera remarquer que vous n'êtes qu'un goujat ridicule, bon à lier, quand vous cassez la tête de vos concIlovens avec vos propos inepltes,

Cvprienne des Prunelles, est au fond, une bonne petite bête dont un mari averti el rusé aura faciledent raison, Elle participe, ilest vrai, aux erreurs du lemps else compose, d'aprés elles, une honnéteté lort douteuse, On sait assez quels mensonges contiennent les opinions actuelles sur le mariaue, Elles sevissent en France et aux Etats-Unis. Roosevell les à condamnées aves les grands sociologues francais.

Hélas ! Madame s'ennuie, de tout et de rien. Monsieur veut sortir ; Madame, pas. Elle S'ennuie de ro

o1 LE THEATRE A MONTREAL

RE

quer à belles dents sa Voisine ; ses chapeaux et costumes sont défraichis, en réalitéils sont trés beaux. Madame n’a rien « à se mettre », elle est un pet comme cette femme de Caran d'Ache qui n’a pas de robe, et on a peur de la voir apparaitre devant son époux en habit primitif. Elle est fatiguée de confectionner sur son poing des «fourreaux » qui lui donnent des airs de couleuvre ardente. Mon Dieu, que Madame s'ennuie ! Son mari n’est pas artiste, 1 poète, il ne lui vole pas, dans le jardin, de petit: baisers qui bouleversent tendrement. Décidément, Madame s'ennuie de s’ennuyer. Pauvre petite, elle parait ignorer que l'on souffre à côté d'elle, et qu'il existe des déshérités des joies humaines demandant un ravon, un espoir dans leur nuit sombre, Que ne se fait-elle la consolatrice des blessés de la vie, au lieu de courir à des fantômes de bonheur en livrant soi cœur au bêta de Gratignan? Ces préoccupations humanitaires sont loin de sa pensée, elle préfère cultiver te « firt », elle se trouve ainsi plus « dans le Crain ».

Monsieur, lui, est rangé, il adore sa femme, il ne veut pas du divorce eLil a bien trop d'esprit pour ne pas trouver le moyen qui sauvera la brebis folâtre et coulera à jamais le très sirupeux Adhémar. C'est en papa correct, prodigue de générosité, conscience ieux

qu'il va résoudre l’épineuse question, Le mari se mue

Page 1