‹ Le théâtre à Montréal [microforme]Chapitre 21 sur 57 · L'EVENTAIL S · texte numérisé non relu

L'EVENTAIL S

afin de la distraire. Le vieux Garin-Miclaux, rajeunt par cette beauté d'une nuit sans voiles, arréle saluer Madame de Vaudreuil. n'est plus lui-même el par ticipe à la griserie commune, Des mots savoureux lei “oulent des lèvres, [chante lhosanna des étoiles, des bleus ravons de la lune, des branches alternées où soupire le rossignol sublime. @ nv a pas un pare pillon, dit-il, si vieux qu'il soit, qui m'essuie d'ouvrir ses ailes, Une volupté impérieuse est dans Pair.

Le savant ne S'attarde pas plus que de raison au charme qui lenvironne. il Sen va travailler, fui qui a désappris à dormir et qui ne veul plus dornur parce qu'il ne réve plus. Jacques épanour, erovant à un ve ritable rendez-vous, se présente souriant, ne soupcon nant pas le piège qui lui est tendu, Gisèle parvient à lui dicter une lettre à Madame Orviédo où il fait sa voir à celle-ci que sa femme étant souffrante, ne peut la quitter, Puis madame, à la grande colère de Jacques, se sauve, le laissant honteux € comme un renard qu'une poule aurait pris». C'est le jeune baron des Armoises qui maintenant fait des siennes, Icon ent à envover une dépéche à F'Aecadémie des Sports pour avertir de ne pas compler sur sa présence, Lui aussi veut du chocolat, Madame ne lui en donnera pas el, comme les choses tournent au tra

sique, elle sonne le domestique et fait quérir Francois

Frévoux. Désolée d'avoir excité. à son insu, de Ha

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haine chez la baron des Armoises contre Jacques, elle raconte le double incident à son ancien amiendle sUppliant d'empécher Le duel. On peut compler sur le dévouement de Monsieur Trévoux.

Jacques, Mare et Francois se rencontrent et causent en fumant des cigarettes, Le jeune homme en vient à traiter Gisèle de coquette. Frévoux le Somme de peser ses paroles, Mare écume., I est abimé d'in- Jures, à ce point qu'il enverra deux Lémoins afin de venger son honneur outragé, Madame de Vaudreuil est heureuse d'apprendre que le mar de Germaine est hors de danger Elle ne sail pas encore à quel prix Mais Francois ne se possède plus. Avant de mourir. 1] laisse éclater en cris d'amour éperdu. en plaintes douloureuses. F0 décepl OI, es colères, ses Jalousie.

tout ce qu'il a subi dépuis dix ans. re]

mante d'autrefois <es< SOUFITES,

roche à l'a SES VEUX, sa beauté.

de n'avoir jamais su aimer les hommes QUI couraient

sur sa roule, atlirés par son charme Lrompeur, el

qu'elle laissait blessés de ses propos moguenrs el enfiellés,

L'heure de la revanche est venue el elle va paver Ja dette immense contractée envers lui. Gisèle sedébat. le frappe de son éventail et cherche à Senfuir, Alors,

il lui déclare qu'il se battra demain pour elle, «Je ne

VEUX pas que vous vous batliez, S'écrie-teelle Xe

tisquez pas votre vie Pour Si peu, 6 Qu'est-ce que

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cela me fait. ma vie? Personne ne m'aime? » Et dans un er, Gisèle 2 6 Je ne veux pas parce que je vous aime, » Tableau. Et si vous voulez savoir le reste. allez le demander au elair de lune. à l'étang jaseur qui coule entre les roseaux tremblants.

Les plus belles choses ont leur lendemain, Madame Orviédo à concu le projet de se venger de Jacques. Ses domestiques ont trouvé un éventail prés du pavillon de Francois. Elle court le porter au manoir des Cheneviettes. Germaine est soupconnée. Gisèle qui arrive, ravonnante, avoue finalement que c'est elle qui est serviede l'éventail de Germaine, Garin- Mielaux est 1, remuant d'esprit. artiste toujours, raccGinmodant es blessures, Francois Trévoux que es allures d'indépendance de madame de Vaudreuil, éloignent désormais, vient faire ses adieux, Gisele parbira avec lui, Elle le décrète séance Lenante, François ne demande pas mieux. Elle rend <on éventail qu'elle brise en morceaux à son futur mari. EU voilà. Tout est bien qui finit bien.

HN à dans celle pièce, deux Evpes parfaiterent dessinés. Francois Trévoux est un misanthrope à Ja ioderne. I grogne éternellement, il est au moins cuérissable, C'est un personnage fortamusant. Le bonhomme del {nstitut. au prolil hébraïque, qui est réfu

cie dans Féconomie politique avec ses amours blessés,

Nous parait suis d'aprés nature. 1 est tel que se

peuvent l’imaginer, ceux que la rage des livres a touchés, Il ressemble à ne pas S'Y tromper, à son vénérable etillustre confrère Sylvestre Bonnard qui penche vers la tombe, qui doit v être maintenant tout à fait. Moins casanier, il consent, à certaines heures, à promener dans le monde ses chagrins désuets. IT v fait bonne figure. Sans lui, le salon de Germaine, serait dépourvu de cette grâce d'un autre âge qui émane des cœurs longtemps endoloris, relève et solennise les diners et les causeries, répand sur tout la verve int: issable de son esprit, Qui connait mieux que lui. Pa de tirer d'un rapprochement une fusée d'étins

La philosophie ne Fa pas à ce point cuirassé

out soit sec el mort dans ce cœur. On entend

ter re à travers ses phrases élégantes un gémissesure ‘ouf de la pluie, jen ! ‘efface amour, toi qui nous charmes, ui nme,on te maudit, on l'adore, vieillard. » Quie ca jamais la psvechologie des vieux savants!

On a celle des saints et des grands hommes, Celle-ci

serait aussi intéressante et trés neuve.

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