‹ Le théâtre à Montréal [microforme]Chapitre 22 sur 57 · DRE · texte numérisé non relu

DRE

La Retraite

M. Franz-Adam Beyerlein

A Madame Emma

Ces sales » Allemands sont lourds jusque dans leurs pièces de Théâtre. Rien de facile, de léger, de vernal ne Senvole de cette pièce : La Lelraile: ce qui ne veut pas dire qu'elle ne soit intéressante, par ailleurs. C'est une illustration de la mentalité allemande, On dirait un train rempli de soldats, de munitions de guerre, qui défile, Cela marche lentement, c'est une piéce-Lortue, Le style en est trainant, dépouillé de poésie,

Décidément, les gens d'Outre-Rhin ne sont pas hommes de théâtre, Ce qu'ils ont encore fait de micux elde pire, ce fütde fausser des billets diplomatiques, de déchainer une guerre effrovable et, en fin de

compte, voler P'Asace à la Frances. mais leur bicre

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rude el graveleuse leur mel peu d'imagination en la cervelle, Ah !quelshomimesgraves, Is n'ont Jamais ri,

I faut <e garder de commettre pourtant une hérésie littéraire, Goethe et Schiller ont su créer et surtout Goethe, dans tous les genres. Mais, c'est précisément, parce qu'ils avaient l'esprit moins allemand que les autres, Goethe était universel. Sa patrie intellectuelle est aussi bien la France que l'Allemagne, De Son merveilleux Faust, une philosophie très haute se dégage, C'est le drame de l'huimanité en raccourei, drapé dans la pourpre éclatante de ce génie, Mais il ne faul pas cratler longtemps, pour trouver Pallemand'avee sa philosophie nuageuse, SON im\sticisme ralliné.

xs de philosophes qui ont accumulé théories sur Lhéories, systèmes sur systèmes. idéologies sur idéologies, où le fait, depuis IS7O, semble prendre, grâce à l'influence du génie pralique de Bisimark. une imporlanee qu'il n'avait jamais connue auparavant el S'érige en souverain, Ne cherchez pas en Allemaune un poële qui vous fasse vibrer comme un Musset, un Lamartine, un Rostand. vous n'en lrouverez pas Ces poéles Sont moins poëles que ceux de n'importe quel autre pars, poëles par échappées et comme à regret !

Au premier acte, nous sommes chez le maréchal

de logis chef, Volkhardt. Banneritz, capilaine com-

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LA RETRAITE ot

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mandant, cause des choses de l'armée avec le maréchal. I rend hommage aux états de service de ce brave et fait miroiter devant ses Veux Pavancement prochain, Leur eauserie amicale qui prend des tournures grognonnes et délurées à ce point que lon se demande si ces hommes ne vont pas se désentripailler, est interrompue par l'arrivée brusque de Claire Volkhardt, la fille du maréchal. Papa est mécontent, il gronde sa fille de lavoir dérangé, lui a fait défense tant de fois d'entrer ainsi lorsqu'il est avec quelqu'un. Mais Claire S'ennuyait d'être seule, Volkhardt annonce à sa fille le retour d'Helbig, maréchal de logis, fils adoptif de Volkhardt, qui à grandi aux côtés de Claire et a conservé d'elle, durant ces deux années d'absence, le plus délicieux souvenir.

Mais les sentiments de Claire, à son égard, sont bien changés. Elle n'est plus la même fillette d'autre: fois et deux longues années suflisent à avoir raison des plus fortes amitiés, EE avec une jeune fille de seize ans, on ne sait jamais, L'éternité des amours est chose qui s'en va de plus en plus. On ne sait plus être fidèle et quand on Pest, c'est à demi.

Claire est amoureuse du lieutenant des uhlans, de Lauffen, et cela explique son attitude présente, Elle ne veut pas embrasser son frére d'autrefois. I <en indigne, il ne comprend pas ces airs de froideur

hostile et celte poignée de main si correcte, st indiffe-

montantes

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