‹ Le théâtre à Montréal [microforme]Chapitre 40 sur 57 · EF · texte numérisé non relu

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hous récilions les beaux vers de Victor Hugo, avec des transports de passion maladive, Nous ne pouvions done pas rester insensible à une piéce où l'on s'occupait de lui, où un artiste délicat le faisait revivre grandi d'âge et de malheurs, voire sous les fausses barbes el perruques d'un comédien de banlieue, Les naives adorations de jadis nous ont traversé l'âme elce nous était une double jouissance d’applaudir celte fantaisie combien distinguée, infiniment jolie.

Mademoiselle de Saint-Albi est en mal de royalisine, La république et l'orléanisme lui tombent sur les nerfs. Elle ne dort plus, ne trouve aucune saveur aux mets de son excellente table. Elle dépérit sous le regard attristé et inquiet de ses deux bons amis : le docteur du château et M. l'Abbé, son confesseur. Ceux qui croient en la survivance du dauphin Louis XVIT n’ont pas de meilleur partisan. Le roi se cache quelque part. Mademoiselle de Saint-Albi en a la hantise, et ce qui plus est, la prescience divinatoire. C'est lui qui sauvera la France en renouant la chaine des traditions rompues, et non ce gros Louis-Philippe, si odieusement bourgeois. Il rétablira les dignités d’arcrefois, et qui sait, si Mademoiselle de Saint-Albi ne jouera pas un rôle glorieux dans cette restauration rovale? Il lui sera peut-être donné de faire des comtes, des princes, et dans l'arrière-saison de sa

vie mélancolique, promener à la Cour, avec ses sou-

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