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exemplaires d'humanité que nous sommes, Quelquefois dans la nuit, à la lueur d’un rayon, vous apercevez une figure hautaine, empreinte de majesté, de sereine intransigeance qui se détache sur l'horizon terne, puis la procession des héros el des saints, et dans une teinte assombrie, Ia foule des anonymes ; vous entendez un eri de génie que poussent avant de mourir ceux qui veulent se survivre, et le silence étend son linceul glacé sur les événements et les siècles, A peine, percevez-vous le rire ironique, sanglant qui trace ses zigzags élincelants. Tout se referme, L'écoulement des hommes et des choses précipite sa marche furibonde, éternelle, Remarquez bien que Tolstoï nese complait pas plus que de raison à ces portraits de femmes limnées ; sa Maslova est l’un des éléments, si je puis dire, du réquisitoire qu'il dresse contre la société russe, [n'en fait pas l'apologie, mais il rend responsable la société de la déchéance oùest tombée i amante de Nekludoff. C'est sur la tête du prince égoïste et jouisseur qu'il fait porter tout le poids de ses crimes. Et c’est ici que se place l’évolution d'âme du prince Nekludoff, ce lent et diflicile travail de réparation morale qu'il se sent tenu d'opérer, où il est tantôt repris par ses anciennes habitudes de vie élégante et facile. Ce prince, c’est le comte Tolstoï lui-même, c’est son âme
qui vit en son héros, l'anime, lui fait accomplir des
actions si extraordinaires. C'est un des plus beaux passages de l'œuvre. On ne sacrifie pas toute une série d'usages, tout un ensemble d’habitudes et d'idées sans se sentir, à certaines heures, furieusement poussé à revenir en arrière, à se bercer de la douceur des voluptés anciennes. Il n’y a pas que les princes qui s’acheminent vers le socialisme ou la réalisation d’une vie sociale meilleure qui éprouvent ces combats angoissants ; le inoindre individu qui tente de se créer une mentalité nouvelle, un état d'âme plus rapproché de la noblesse, de la justice et de la vérité, subit des prostrations et succombe sur lechemin de Damas.
M. le comte Tolstoï est un pessimiste qui fait penser. Est-ce que les grands pessimistes n'ont pas tous ce privilège-là? L'admirable solitaire de Pohana arrive plus près de la vérité que tant d'autres qui s'ingénient à voir le bien là où il n’y en a que l’ombre et dorment leur lourd sommeil de repus quand l'ennemi monte déjà à l'assaut des citadelles. Beaucoup de ses doctrines sont condamnables. Car, il est dificile d'admettre qu'il ne faut pas résister au mal et laisser coudées franches au criminel. Que serait une société où le crime demeurerait impuni?
Le comte Tolstoï est un néo-chrétien. Il a un christianisme très spécial, ce qui ne voudra jamais dire qu'il soit moins bon que celui de ces hommes qui se
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font du christianisme en cours, un paravent, afin de cacher leurs turpitudes et leurs vilenies, non plus qu'il soit supérieur à ce christianisme vigoureux et sain qui est la source des plus belles vertus de sociétés et dans lequel elles vont rajeunir leur faculté de penser et leur puissance d'agir.
Son roman mis en pièce est d’une tristesse âpre et desséchante, Vous sentez là l'inutilité de tant d'efforts vers le bien après le mal commis et cela vous glace. Il y souffle un vent de détresse morale qui vous laisse morfondu d’angoisse et de terreur.
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Sire
M. Henri Lavedan
A Madame W. Dugas
La haute critique francaise à prononcé un arrêt définitif sur la valeur et le mérite de cette comédie, Il semblerait prétentieux de vouloir, d'une main légère, soulever autour d'elle, des questions c'e tenue littéraire, de savoir-faire et d'art scénique. Nous avouons sans peine, que nous v perdrions notre latin. Dirons-nous combien cette pièce nous a plu, et qu'elle nous a fait éprouver de véritables émotions artistiques? Pourquoi non”?
Sire est une délicieuse évocation du passé monarchique, Il + est question d'un roi que nous avons beaucoup aimé, et sur la figure duquel nous avons versé, à quinze ans, des torrents de larmes.
: R x ss Devant la physionomie pâle et souffreteuse du martvr,