‹ Le théâtre à Montréal; propos d'un huron canadienChapitre 12 sur 37 · DIVORÇONS · texte numérisé non relu

DIVORÇONS

railleuse, cachée derrière un paravant. contient à peine son rire moqueur. Elle trouve le tourtereau profondément stupide. La ferveur àdmirative qu'elle portait, il y a un instant, à son mari se change en un véritable culte. Elle ne s'en séparera qu'à la mort. Le cousin dépité reste en panne et les époux rein tègrent le 'ogis.

Plus que Reine

M. Emile Bergerat

.4 Mail finir Elisabelh

K U mains, mains froides dans l;i lombe,

« O mains tristes encore de leur anneau (}ui touil>e,

« Mains où posa le front de celle qui jadis

« Sanglotait parce que je n'étais pas son fils,

« Mains dont je sens les doigts sur mon âme

orpheline,^ « Je vous baise en j)leuranl, ô mains de Joséphine. »

Poètes, dramaturges, liistoriens se sont tour à tour emparés de Napoléon et de tous les incidents mémorables de cette vie extraordinaire, ils ont créé une légende qui n'a rien à céder aux plus merveilleuses histoires de l'antiquité. De son vivant, il occupait la pensée de toute l'Europe, faisait trembler les nations sur leurs bases et des trônes entas-sés sous ses pas, il

s'établissait un piédestal où il dressait sur l'horizon européen, sa silhouette ardente de dompteur de peuples et d'individus. Mort, son prestige dure encore, il entretient dans la foule une curiosité insatiable et vous êtes sûr que les théâtres où l'on nous donne du (' Bonaparte », font de très bonnes recettes.

Les poètes l'ont-ils assez chanté? Les historiens surtout, comme il convenait d'ailleurs, ont tenté de démêler les traits divers et complexes de cette grande figure, et M. Frédéric Masson, par ses patients et minutieux travaux, est en train de conquérir Celui que pas un roi de la terre n'avait traîné derrière son char. Mais l'un des côtés les plus passionnants de sa trairi(|ue histoire, c'est son amour pour Joséphine, contrarié j>ai' ses désirs de succession. Quel drame intérieur se livre en cette âme afïolée de vanité et d'orgueil et ((ue soulève, en dépit des lois les plus saintes, l'ambition dévorante de laisser un héritier de son nom à la France !

Elle est vraiment attendrissante, cette Joséphine qui le |)oursuit j)artout et s'en va mendier un mot de l'homme adoré dans le jardin des Tuileries. On aime à s'y arrêter, on l'associe en imagination à ces amantes fidèles (|ui connurent l'éternité des amours. Son sacrifice douloureux, les injustices du sort, les illusions et les amertumes (jui remplirent sa vie, la mettent à part, à côté de ces reines souffrantes

Page 1