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En 1789, outre les pièces mentionnées dans la liste envoyée par le gouvernement de Bruxelles \ on joua un certain nombre de comédies, parmi lesquelles nous citerons Les amours de Bastien et de Bastienne, i)arodie du Devin du village par iM""' Favart et Harny, Baïocco et SerpiUa, une parodie du Joueur de Regnard, les Menechmes de ce dernier auteur, le Cercle de Poinsinef. On joua également, cette année, l'opéra comique de Grétry, intitulé : l'Epreuve villageoise, pièce en deux actes, pleine de jeunesse et de grâce.
Il est regrettable que nos archives ne soient pas plus explicites et ne nous aient pas conservé des indications plus nombreuses sur les pièces de théâtre qui furent jouées à Namur depuis 1747. D'après les quelques renseignements que nous avons trouvés, nous pouvons conclure que nos ancêtres, grands amateurs de spectacles dramatiques, virent exécuter les principales pièces publiées dans la seconde moitié du wur siècle. L'influence des scènes de Paris est alors prépondérante, et l'on sait que le théâtre fut à cette époque un des moyens employés par les philosophes pour répandre leurs idées. Les comédies qui mettaient en scène des grands seigneurs corrompus ou imbus des idées de J.-J. Rousseau, des abbés galants et parfois peu scrupuleux, des valets insolents et hardis, ces comédies sont devenues des œuvres de combat. D'autre part, les opéras comiques montrent, au milieu de décors rusti(|ues, des artisans paisibles et d'honnêtes paysans; « par là, i)ar le cot)traste
1 Cf. à ce sujet Fahkr, op. cit., l IV, passiin.
des mœurs représentées avec celles des spectateurs, par cette exaltation continuelle de la simplicité et des vertus champêtres, par certains traits entin plus satiriques, l'opéra comique contribua à sa façon, encore qu'innocemment, à la campagne philosophique et se faisait l'inconscient auxiliaire du drame, de la comédie et de la tragédie » ^
Malgré leur caractère essentiellement conservateur, les bourgeois de Namur ne furent pas sans subir l'influence des théories nouvelles que répandirent les représentations théâtrales, soumises cependant à une censure sévère, et cette influence se précisa lors des événements qui marquèrent la révolution brabançonne et l'occu pation de notre pays par les troupes françaises en 1792
DD. BUOL'WEKS.
1 Petit de Jilleville, Histoire de la littérnture française, t. VI, p. 634.