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Le théatre à Rome

D*après cette loi universelle qui , chez tous les peuples ^ unit et fait marcher de front les diverses parties dont se connpose leur civilisation , c'est-à-dire leur existence elle-même , le drame a dii subir les influences des événements par lesquels ont été modifiées les institutions rehgieuses , sociales , politiques et civiles du peuple-roi. On ne pourrait donc , sans méconnaître la solidarité qui existe entre les mœurs, les institutions , les sciences et les beaux-arts , étudier le théâtre des Romains, en le considérant à part et en le détachant des événements mêmes qui constituent l'histoire de l'Italie et de Rome. Sans doute , chaque art a ses lois et ses conditions spéciales , que l'on doit étudier dans leurs principes scientifiques, et indépendamment des vicissitudes qui agitent dans tous les sens et modifient profondément les sociétés humaines ; sans doute , une étude ayant pour objet l'essence de la poésie dramatique et les conditions internes qui amènent ses progrès ou sa décadence, suffirait bien pour exciter vivement l'intérêt et la curiosité ;

mais la critique peut se placer à un autre point de vue et devenir, en traitant ce sujet, plus instructive à la fois et plus philosophique.

Telle est l'importance du rôle que la poésie dramatique a toujours rempli; telle est, en général, l'étroite connexion qui unit l'art et la vie sociale, que séparer son histoire de celle des peuples eux-mêmes serait méconnaître sa dignité et son importance. Comment pourrait-on s'en faire une idée exacte, si l'on ne cherchait sa raison d'être et ses développements successifs dans le tableau parallèle des transformations sociales et politiques?

Rome se livrant tout entière , pendant les premiers siècles de son existence, à l'accomplissement de cette tâche sublime, qu'elle croyait avoir reçue de ses dieux, de vaincre et de subjuguer le monde, appliqua d'abord son génie guerrier et politique à la création de ces fortes et énergiques institutions qui devaient assurer sa supériorité sur les nations destinées à subir son joug. Montesquieu a fait voir par quels degrés sa politique habile et persévérante l'éleva à une telle grandeur qu'elle n'avait plus qu'à descendre; et l'on ne peut, mieux que ne l'a fait le grand écrivain , apprécier les causes qui l'ont précipitée du faîte de la grandeur dans le sanglant abîme que son ambition avait creusé sous ses pas. Quand, sur les ailes du génie de Bossuet, on s'est élevé dans la région supérieure d'où l'Aigle de Meaux contemple les révolutions qui agitent les sociétés humaines , on entre , pour ainsi dire , dans le secret des desseins de la Providence sur ce peuple fameux. On comprend que si les progrès de Rome et sa domination universelle , juste récompense de ses mâles et héroïques vertus, ont eu pour résultat la fondation de la grande unité chrétienne, sa décadence et sa chute épouvantable ont, en punissant d'une manière terrible ses cruautés et ses

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