‹ Le théâtre au PortugalChapitre 14 sur 19 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Tel est l'état très réel du théâtre au Portugal : une pénurie d'auteurs, parce que sans doute les débouchés sont Tares et le bénéfice nul. D'excellents et conscienceux comédiens avec un sens artistique très développé. Un manque manifeste de comédiennes. Trop de théâtres et pas assez de public. Une seule ancre de salut : le Brésil.

Lorsque je témoignai à nos amis les Portugais le désir démettre un peu d'ordre dans mes notes, prises au hasard, sur le théâtre au Portugal, comme je l'avais fait pour l'Espagne, je lus de suite, sur le visage de ceux à qui je faisais cette déclaration, des signes à peine dissimulés de contrariété et de mauvaise humeur.

J'avais constaté déjà, il y a quelques années, la même impression en Hollande, d'où il est facile de conclure que les Hollandais et les

iio» LE THEATRE AU PORTUGAL

Portugais sont les deux peuples d'Europe qui se défient le plus de l'opinion des étrangers.

— On nous connaît si mal, disent lés uns.

— On nous juge si faussement, disent les autres.

— La plupart de ceux qui veulent se mêler d'écrire sur notre pays l'ont à peine vu entre deux trains, et les plaisanteries ne prouvent rien, reprennent-ils tous en chœur.

Les Portugais qui me liront — s'ils me lisent — voudront bien du moins reconnaître que je n'ai guère plaisanté ici que ce qu'ils sont les premiers à plaisanter ; que je n'ai rien exagéré, échappant en cela à la contagion méridionale; que j'ai rendu justice àleurs célébrités littéraires et dramatiques; que j'ai cherché à mettre en lumière, comme ils y avaient droit, des auteurs tels que M. Marcellino Mesquita ou M. Joâo da Camara; des comédiens tels que ïaborda,Brazâo, les frères Rosa, Joaquim d'Almeida, etc. ; que j'ai toujours fait le plus grand éloge de leur savoir-vivre, de leur politesse, de leur douceur.

Ce qui me permet donc de quitter leur beau pays et leur incomparable ciel sans être taxé, selon la coutume, d'ingratitude; et cela sans un mot de récrimination de ma part, ne leur en

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