‹ Le théâtre au PortugalChapitre 3 sur 19 · LE THEATRE DONA MARIA II · texte numérisé non relu

LE THEATRE DONA MARIA II

Arrêtons-nous donc un moment devant la façade principale qui domine la place D. Pedro, ornée d'un élégant péristyle soutenu par six grandes colonnes de Tordre ionique. Au sommet du fronton, voici la statue de Gil Vicente, le fondateur du théâtre portugais, et, de chaque côté, un peu plus bas, celles de Melpomène et de Thalie. Quant au tympan, entièrement occupé par un groupe de figures en haut relief représentant Apollon et les sept autres Muses, il sert habituellement de gîte à tous les pigeons d'alentour qui, le soir venu, en cachent entièment les sculptures, car si Venise a les pigeons de Saint-Marc, Lisbonne, depuis un temps immémorial, possède les pigeons du Rocio.

Mais si nous regardons plus attentivement les cinq portes du péristyle qui doivent servir d'entrée à Leurs Majestés pour se rendre à leur loge particulière, nous nous apercevons bien vite que ces cinq portes sont presque toujours fermées, et que la véritable entrée du théâtre est à gauche, sous un péristyle formé par cinq arcades qui soutiennent une terrasse, tandis que l'entrée des artistes est à droite, du côté opposé par conséquent. D'où il résulte que la scène n'est pas en face de la place principale (comme à l'Opéra

de Paris, par exemple.) mais à droite (disposition semblable à celle des salles de la Renaissance ou de la Porte-Saint-Martin par rapport au boulevard).

Nous suivrons à présent la foule, et ferons notre entrée par le péristyle de la place Camoôs : devant nous trois portes, puisun vestibule d'une décoration à peu près semblable à celle du vestibule de la Comédie-Française; de chaque côté, un piédestal en marbre; à droite, le buste de Garrett, le restaurateur du théâtre portugais, à gauche celui de la célèbre et regrettée Emilia das Neves que M""^ Rattazzi qualifiait en 1879 de «une artiste hors ligne en tous pays ». Du côté gauche de ce vestibule se trouve le vestiaire, et adroite s'ouvre une porte qui communique avec un café.

Puis, en face de ce vestibule, nous pénétrons dans une galerie au fond de laquelle s'ouvrent des arceaux qui communiquent au corridor donnant entrée au premier rang des loges et au parterre ; de chaque côté de cette galerie partent les escaliers qui conduisent aux loges des autres rangs et à un foyer assez vaste et fort élégant.

Passons maintenant dans la. salle : celle-ci, de forme elliptique, est richement décorée; elle

Mn»c p^osa Damasceno, première actrice du « Théâtre Dona Maria II >', à Lisbonne.

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